Lutte contre la drogue : accord douanes/transporteurs de marchandises
2000/06/28 - AFP
Les transporteurs de marchandises, au centre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, ont signé mercredi à Paris un accord de coopération avec les Douanes, devant la part croissante des saisies réalisées au sein des frets commerciaux.
En 1999, 85% de la drogue saisie en France circulait dans des chargements commerciaux (25 tonnes de stupéfiants trouvés dans des cargaisons routières, 23 dans des cargaisons maritimes). Une tendance qui se renforce avec l’ouverture des frontières et l’accélération des échanges.
Mercredi, la direction générale des Douanes et la Fédération des entreprises de transport en logistique de France (TLF) ont passé un accord d’échanges d’informations dans le cadre du partenariat "Défi" ("Douane et entreprise face au trafic illicite de stupéfiants").
Ce partenariat avait déjà fait l’objet en 1995 d’une convention avec l’Association française des transporteurs routiers internationaux et avec des transporteurs spécialisés, notamment les déménageurs.
Avec TLF, c’est 4.500 entreprises, dont les 50 principales du secteur, exerçant une activité de transport de marchandises, mais aussi de location de véhicules industriels ou d’organisation de transport (routier, maritime, aérien), qui rejoignent le processus. Les entreprises de la Fédération représentent 90% des transactions douanières effectuées dans le cadre de l’import-export, selon elle.
La même cause
Par cet accord, les Douanes espèrent sensibiliser les salariés des entreprises, et en premier lieu les chauffeurs et les manutentionnaires, à certains signes suspects : l’origine géographique des produits (Colombie ou Pays-Bas), leur destination, le mode de dissimulation des paquets, etc...
Des sessions de formation doivent être organisées par les douaniers.
Les employés pourront faire part de leurs éventuels soupçons à des correspondants locaux désignés par TLF et qui seront chargés de faire le lien avec les Douanes et de favoriser l’échange d’informations. Des réunions seront régulièrement organisées.
"Nous travaillons pour la même cause", explique le directeur de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, Jean Puons. "Les entreprises n’ont pas envie de perdre du temps et de l’argent parce que leurs cargaisons sont bloquées lors d’une saisie". Le président de TLF chargé des affaires douanières, Jean Chabrerie, souligne pour sa part le "large consensus" recueilli à ce sujet dans sa fédération auprès d’entreprises dans une grande majorité non impliquées dans des trafics dont elles sont les premières victimes.
Lors de saisies, les cargaisons et moyens de transport sont, à l’exception des navires, confisqués par les douaniers, en attendant que l’enquête montre la bonne foi de l’entreprise, ce qui peut prendre plusieurs jours.