"Les radicaux romands sont de retour"
Les délégués radicaux ont voulu un homme neuf. C’est la victoire du militantisme de base que vous représentez ?
J’ai fait toute la campagne dans la peau d’un outsider. J’étais pratiquement inconnu sur la scène fédérale. Après mon élection, j’ai même dû improviser un message de remerciements. C’est dire la surprise. Lors de ma campagne, j’ai dit que les radicaux souffraient d’une crise du militantisme. Qu’il fallait repartir à la conquête de l’opinion publique et activer les réseaux. Ce langage a peut-être fait la différence.
Vous n’êtes ni député de votre canton ni parlementaire fédéral, est-ce un handicap ?
Je suis juste président d’une section cantonale. Jusqu’à présent, j’étais plus dans le débat d’idées que dans l’action politique. Mais j’ai décidé de m’engager plus activement. Je ne pouvais accepter que l’on perde du terrain en restant les bras croisés, alors que le destin du parti radical est en jeu.
C’est maintenant un tremplin ?
Non, je me suis engagé pour rien d’autre que la fonction de vice-président du PRD. Je n’ai concouru que pour ce poste. Entre Charles Favre et moi, il n’y a, du reste, pas de grands clivages. Nous sommes tous les deux de centre droit, une position déterminée par mon parcours politique en Valais, dominée par la culture de minoritaire et l’habitude de la confrontation politique. Entre lui et moi, les différences ne tiennent qu’à notre parcours politique. C’est un centre-droit libéral, ouvert, démocratique, humaniste. Une seule chose nous sépare, la dépénalisation du cannabis. J’occupe une ligne majoritaire chez les radicaux suisses. Je suis tout à fait libéral dans ce domaine, une position qui tient à ma profession d’avocat. S’agissant du cannabis, le traitement pénal tel qu’il existe aujourd’hui est totalement dépassé.
A l’assemblée des délégués de l’UDC, Ueli Maurer demande aux radicaux de coopérer. Allez-vous l’écouter ?
Les radicaux romands sont de retour. Ils vont s’engager de manière active pour combattre le référendum de l’UDC sur l’assurance maternité. On a une bonne carte à jouer, de même que dans le domaine des naturalisations. Nous voulons combattre les positions de l’UDC, renforcer la cohésion nationale, c’est une forme de patriotisme radical. Je suis attaché à la concordance. Il faut la rétablir et non la briser. C’est ce que doit être le radicalisme.