Les grands axes de la Nouvelle Lutte antidrogue qui se veut plus coercitive et dissuasive

Le Figaro.fr nous présente les grands traits de ce que sera le nouveau plan français de lutte contre les drogues et contre le cannabis qui s’élargit aux toxiques légaux et devient tout simplement : "plan de lutte contre les substances addictives". L’alcool et le tabac sont donc apparement aussi dans le collimateur et la tentation de les interdire à leur tour, transpire par tous les pores de ce nouveau plan de lutte. Nous assitons donc à un coup de force de la mouvance prohibitioniste. Une sorte de "coup d’Etat" puisque la force, la répression et les contraintes en sont les pricinpaux pilliers. Principale cible : la jeunesse !


Par Lucile Quillet, publié le 22/01/2014

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Plan de lutte contre les drogues : les premières mesures dévoilées

Le plan de lutte contre les drogues du gouvernement prévoit la formation à la prévention des professeurs, un soutien inter-jeunes et la création d’une ligne téléphonique pour les parents. La totalité des mesures sera dévoilée lundi.

Ce sont les premières mesures du plan que va dévoiler le gouvernement lundi contre les drogues et conduites addictives. Il avait déjà annoncé la couleur en septembre 2013 avec la publication du plan stratégique de lutte pour la durée du mandat de François Hollande. La position du gouvernement sur ce sujet est la suivante : il s’agit de préférer «  le souci constant d’empêcher, de retarder ou de limiter les consommations, sans proposer de réponses hygiénistes ou moralisatrices, dont on sait qu’elles sont inefficaces  » à des mesures plus répressives auprès des jeunes. Et ce alors que le député Eric Ciotti vient de proposer un dépistage obligatoire annuel au lycée .

Pour le gouvernement, le dialogue et la formation à la prévention des pairs s’annoncaient comme les grandes lignes du plan stratégique, alors que les ados français sont les plus drogués d’Europe .

Europe 1 a dévoilé ce matin trois premières actions concrètes des 130 qui seront énoncées le 27 janvier lors de la présentation officielle. Il s’agit de :

- la formation à la prévention de l’ensemble des professionnels en contact avec les jeunes. «  Cela comprend les professeurs, professionnels de la santé, de l’animation, de la protection infantile... C’est une des actions les plus significatives du plan, la France est en retard sur ce point  », affirme-t-on à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, qui a coordonné la conception du plan stratégique. Les différents acteurs professionnels qui accompagnent les jeunes seront formés à repérer les jeunes vulnérables, les sensibiliser et prévenir des risques liés à la consommation de drogues. En septembre 2013, le plan avait en effet mis en avant l’intérêt d’une démarche d’intervention précoce pour « raccourcir le délai entre l’apparition des premiers signes d’un usage à risque et la mise en oeuvre de prises en charge adaptées » et «  largement mise en pratique par les professionnels en contact avec les jeunes  ».

- la création d’une ligne téléphonique spécialement adressée aux parents d’enfants et adolescents consommateurs, déjà annoncée dans le plan de septembre pour «  développer le soutien à la parentalité par la mise en place d’un service grand public (ligne téléphonique dédiée) et le développement de dispositifs ciblés sur les familles en difficulté  ».

- la mise en place d’un processus d’aide, soutien et conseil des jeunes étudiants envers les adolescents, la parole des plus vieux n’ayant que peu de valeur dans le processus de prévention. «  C’est une recommandation internationale bien connue  », précise la MILDT.

Bientôt des campus sans tabac ?

La totalité des actions du premier volet du plan stratégique à mettre en place jusqu’en 2015 seront présentées lundi, ainsi que le budget alloué et les échéances. Un deuxième volet sera ensuite présenté l’année prochaine pour couvrir la période 2016-1017.

Le plan ne concerne pas seulement la consommation de cannabis chez les jeunes mais toutes les conduites addictives. «  Nous n’abordons plus ces questions par substance, explique la MILDT. Les jeunes sont marqués par la polyconsommation. On trouve rarement un jeune qui ne fume que du cannabis : il va aussi consommer tabac et alcool  ». Parmi les préconisations du plan stratégique dévoilé en septembre était aussi mentionné «  l’expérimentation de “campus sans tabac” en lien étroit avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les présidents d’université et la conférence des présidents d’université et celle des grandes écoles  ».

P.-S.

Personne, nulle part, ne met en évidence certaines incohérences de la prohibition :

1) En France, l’interdit du cannabis remonte à 44 ans. La Guerre aux drogues a couté des milliards d’euros, avec près de trois millions d’interpellations. De partout, des voix s’élèvent pour affirmer que la répression a échouée. Pour autant, ceux qui sont ainsi montré du doigt restent en place et affirment résoudre cette fois-ci le problème en "serrant la vis" encore plus.

Nous assistons à un glissement sécuritaire et totalitaire dont on ne sait comment cela peut se terminer, d’autant que les intervenants de la « guerre aux drogues » sont très ancrés dans les sphères judiciaires et policières et soutenues (nourries) par une certaine classe politique dans une entente de services mutuels. Même si un « Coluche » venait à gagner des élections, cette force politique garderait le contrôle de leviers institutionnels importants et influents au point de favoriser ou de faire échouer les politiques étatiques mises en place.

La prohibition veut réussir. Elle n’a même pas envisagé pouvoir perdre cette guerre, elle la gagnera, quels qu’en soient les moyens à mettre en application. S’il faut une dictature pour ce faire, et bien, ils la mettront eux-mêmes en place ! Nous découvrons ici une facette inattendue de la prohibition : son origine supranationale et sa volonté d’en imposer aux états et aux individus. Et de forcer la mise en place de politiques et d’obligations de résultats, même si cela nuit directement aux intérêts des nations.

2) Les récentes découvertes de la recherche médicale (consulter l’IACM bulletin : http://www.cannabis-med.org/index.p...) obligent la prohibition à "changer son fusil d’épaule".

La plupart des grandes théories prohibitionnistes concernant le cannabis tombent les unes après les autres : la lutte contre la drogue se recadre maintenant sur le seul volet répressif, accusant discrètement la prévention d’être la cause de leur échec.

Et au niveau prévention (tentation répressive quand même), à la protection de la jeunesse. La prohibition et ses acteurs focalisent sur le "syndrome amotivationnel" et l’échec scolaire. De leur propre aveu, presque un jeune lycéen sur deux a déjà fumé du cannabis.

Pour autant, nous n’assistons pas à un écroulement de la moitié des classes aux résultats du BAC. Ces dernières années, alors que l’Éducation était accusée d’une paupérisation de la qualité de ses cours, la France était plutôt fière du taux de réussite du baccalauréat. Il y a peut-être alors une surestimation des effets délétères du cannabis.

3) La lutte contre la drogue traduit d’une ingérence supranationale dans la conduite de nos affaires intérieures. Les décisions sont prises au niveau International, fait confirmé ici par la MILDT. Nous ne pouvons donc pas traiter nationalement du problème comme nous l’entendrons. En fait si, il suffirait de dire à la Convention Internationale "d’aller se faire voir ailleurs", mais ce n’est pas possible tant que des gouvernements internationalistes se succèdent à la tête de nos états.

Dans les faits, ce sont des "étrangers" qui gouvernent nos pays (volontés étrangères) et nos dirigeants élus ne le sont que pour mettre en application leurs exigences. Vu sous cet angle, cela fâche un peu, d’autant que ce n’est pas le seul domaine, loin de là, qui est concerné par cette remarque ! En ce point, la question de la légalisation (ou dépénalisation) du cannabis, rejoint celles de la "Souveraineté nationale" et d’ingérences.

4) La "came à l’école", tout le monde s’accorde pour dire que ce n’est pas une bonne chose, l’idée du testing n’est pas stupide en soit, loin de là ! Mais dans le contexte des plus jeunes et hors volet répressif, judiciaire et policier ou il est évident que les parents – et seuls les parents – ont encore leur mot à dire.

A partir de 16-17 ans, en revanche, la question est plus délicate, pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il s’agit de jeunes adultes (pré-adultes) qui sont déjà en âge d’avoir leur propre raisonnement, leur propre vison du monde. On leur explique et enseigne qu’on vit dans une démocratie … mais on leur démontre tout l’inverse.

De ma propre expérience, à cet âge là, on arrive toujours à contourner les interdits ... et ils agissent comme des aimants. Il est difficile de les distinguer des jeunes majeurs qu’ils côtoient et le coté très répressif pour quelque chose qui, à leurs yeux, n’en vaut pas la peine, leur parait carrément contre-productif. Probablement que ce "tour de vis" va susciter de la Révolte.

N’oubliez pas que parmi les résistants de la seconde guerre mondiale, il y a eu quelques lycéens et qui ont finis martyrs pour la plupart. Cela revient vouloir leur nier cette part de lucidité mature, en les considérants comme incapables de résister à sombrer dans les addictions.

La volonté d’interdire et de punir vous est présentée comme partant d’une très bonne intention, mais finit toujours et inexorablement à des situations qui dérapent, et ce, pour les deux parties antagonistes. Que voulez-vous, l’enfer est pavé de bonnes intentions.

De plus, d’un point de vue des conséquences, on n’a peut-être pas besoin de mettre autant de pression en ces années de préparation du bac : le jeune qui fume vivrait alors dans l’angoisse permanente du testing. Si vous voulez vraiment qu’il rate ses examens, c’est la meilleure façon de faire. Après, la main sur le cœur, vous pourrez affirmer : « il a échoué, c’est à cause du cannabis » !

Pardonnez-moi, mais je ne suis ni dupe, ni d’accord avec cette dernière formule ! La moitié de jeunes qui fument semble réussir aussi bien leur examen que les autres. Mais si vous placez la répression là-dedans, je doute fort que cela reste en état !

Si vous voulez analyser et comprendre les effets pervers de la répression dans les collèges et lycée, consultez alors ce lien : http://latelelibre.fr/2008/12/02/ir.... Le cas a déjà eu lieu par deux fois, en France, en 2008 et la lecture de l’article nous replonge dans un contexte passéiste dont tous s’accordaient à croire qu’il ne pourrait plus jamais avoir lieu ! La peur du gendarme" n’est pas toujours une mauvaise chose, mais ici elle l’est de façon manifeste. C’est parce que ces gens sont capables du fait que moi et d’autres personnes s’opposent à cette pratique répressive dans les écoles, qui ne manquera de devenir judiciaire à terme !

5) La question de la lutte contre le cannabis (et les drogues) sert aussi à diviser le peuple. Mais dans le cas précis du cannabis, c’est carrément d’un schisme qu’il est question ici. Pendant que le peuple se « bouffe le nez », on ne parle pas des autres problèmes.

D’une part, se trouvent des personnes qui dénoncent l’impact liberticide du système prohibitionniste, se basant sur l’ensemble des mensonges, des exagérations et des aberrations de ce dernier pour faire un lien avec une sorte de sorte d’entité politique fasciste et manipulatrice. Il n’y a pas encore de force politique qui mobilise l’action de l’antiprohibition et les avis restent personnels et sujets à variations. C’est par ailleurs précisément pourquoi la prohibition est forte : elle n’a pas d’opposition organisée.

D’autre part, vous avez ceux qui gobent tout ou partie du discours prohibitionniste, mais qui sont mobilisés au travers d’une structure déjà mise en place et bien développée. Le discours, la propagande devrait-on plutôt dire, s’axe sur l’exploitation des peurs, l’émotif et le passionnel, s’écartant volontairement de la raison et du débat qui en dénoncerait les mensonges et la manipulation.

Il suffit, pour ceux qui ont des bases de connaissances en matière cannabique, d’aller sur certains sites politiques (extrême droite) pour aller se rendre compte de toute l’étendue de la nullité et de l’ignorance des propos qui y sont tenus, concernant le cannabis, et sur la base de quoi leurs locuteurs réclament la mise en place de réponses les plus coercitives et répressives possibles. Contournant ainsi les principes démocratiques de bases mis en place pour justement éviter de telles dérives !