Les fumeurs de joints se frottent les mains

2002/07/11 - Le Matin

Grande-Bretagne
Le gouvernement britannique a annoncé hier un assouplissement sans précédent de sa législation antidrogue, et notamment un déclassement controversé du cannabis qui sera assimilé à un simple antidépresseur.

Le ministre de l’Intérieur David Blunkett a dévoilé devant la Chambre des Communes ce que la presse présente comme le plus grand changement depuis trente ans en matière de lutte contre la drogue. La disposition la plus controversée consiste à rétrograder le cannabis de classe B, celle des drogues douces, à C, celle des tranquillisants et des stéroïdes. La détention de petites quantités de cannabis ne sera plus passible d’une arrestation par la police, mais d’un simple "avertissement". Objectif principal de cette expérience : permettre à la police de se concentrer sur la lutte contre les drogues dures.

Cet assouplissement ne changera pas grand-chose sur le terrain, les bobbies débordés fermant déjà souvent les yeux sur la détention de petites quantités de marijuana. Mais une telle décision « envoie le mauvais message », selon Keith Hellawell, un conseiller de premier ministre Tony Blair. "Les trafiquants vont être euphoriques maintenant", a prévenu cet ancien Monsieur Drogue du gouvernement.

Concert de protestations
De plus, le Royaume-Uni, qui se prévalait jusqu’à présent de l’une des législations sur les stupéfiants les plus dures d’Europe, "se rapproche de la dépénalisation plus que dans aucune autre pays dans le monde", a-t-il estimé. Pour parer à toute accusation de laisser-aller, M. Blunkett a annoncé un durcissement de la peine maximale pour trafic de stupéfiants de classe C, qui passera de 5 à 10 ans.