Les Verts Résolution pour la légalisation du cannabis

Assez d’hypocrisie ! Il faut accélérer la révision de la Loi sur les stupéfiants

28.10.2002

La politique des drogues, en matière de cannabis, devient de plus en plus chaotique, incohérente et hypocrite. Alors que la révision de la loi sur les stupéfiants, qui est en chantier depuis plus 6 ans, prévoit la légalisation de la consommation de cannabis ; alors que le Conseil des Etats a déjà adopté cette révision depuis plus d’une année, le Conseil national prend du retard et laisse la situation se dégrader gravement.

Les Verts demandent que la loi sur les stupéfiants soit révisée en urgence, ou tout au moins que les dispositions concernant le cannabis entrent en vigueur dans les meilleurs délais, afin qu’une dépénalisation de la consommation et qu’une réglementation de la production et de la vente puissent se mettre en place de manière cohérente et raisonnable.

Paradoxalement, au moment où les fumeurs de joints se croient déjà à l’abri des sanctions et où le renoncement à poursuivre pénalement les cultivateurs de chanvre destiné à un usage récréatif semble acquis, les autorités cantonales et leur police choisissent de renforcer la répression. Pratiquement dans tous les cantons, on assiste à des interventions disproportionnées : saisie et destruction des cultures, fermeture des commerces, dénonciations pénales en forte augmentation et condamnations à des peines de prison jusqu’à 18 mois, alors que depuis des années la tolérance était de mise.

Les conséquences négatives de cette situation anarchique sont nombreuses. Pour les consommateurs et consommatrices, le manque de repères et de dispositions claires enlève toute crédibilité à la loi et à l’autorité. La répression criminalise une jeunesse qui n’a pas du tout conscience de commettre un délit. Les enseignants, les parents, les intervenants en prévention et même les policiers ne savent plus à quel saint se vouer. Quant aux agriculteurs en butte à la répression, ils se sentent victimes d’une inégalité de traitement. En les empêchant de mettre sur le marché du chanvre naturel de qualité, parfois de culture biologique, à un taux de THC modéré (tetrahydrocannabinol, substance active psychotrope), on favorise le cannabis de la rue ou celui qui se cultive clandestinement dans des caves, à des taux de 30% et plus de THC.

Ce long temps d’attente maintient une zone grise dans laquelle les plus malins réalisent des chiffres d’affaire de plusieurs millions par année, en employant du personnel au noir, en trafiquant leurs produits et en vendant sans contrôle, même à des mineurs. Déjà actuellement, sur 250 à 300 hectares de chanvre cultivés en Suisse, seuls une cinquantaine sont consacrés au chanvre légal (et subventionné) ne contenant pas plus de 0,3% de THC. Se livrer à des gesticulations policières pour faire croire qu’on respecte la loi, alors que tout le monde sait que plus d’un demi million de personnes fument occasionnellement ou régulièrement du cannabis indigène, ce n’est que pure hypocrisie.