"Les 5 principaux bienfaits du cannabis pour le diabète" par Seshata (Sensi Seeds)
Publié par Seshata le 26 mars 2015
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Les 5 principaux bienfaits du cannabis pour le diabète
Le diabète est un terme qui désigne un groupe de troubles métaboliques caractérisés par un niveau élevé de glucose dans le sang de manière prolongée. Le diabète affecte près de 400 millions de personnes dans le monde, entraînant près de cinq millions de morts par an… et sa prévalence est en augmentation. Des éléments substantiels indiquent que le cannabis peut aider à prévenir et traiter cette maladie.
Prévention
Le diabète est associé à niveau élevé d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline, ainsi qu’à un niveau faible de cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL-C). En 2013, l’American Journal of Medicine a publié les résultats d’une étude de cinq ans sur les effets du cannabis sur le niveau d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline. Sur les 4 657 personnes ayant répondu à cette enquête, 2 554 avaient déjà consommé du cannabis (579 étaient des consommateurs actuels et 1 975 des anciens consommateurs) et 2 103 n’en avait jamais consommé.
Les consommateurs de cannabis ont un niveau de résistance à l’insuline inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs (© Sprogz).
Les chercheurs ont constaté que les consommateurs actuels avait un niveau d’insuline à jeun inférieur de 16 % à celui de ceux qui n’avaient jamais consommé de cannabis, ainsi qu’une différence de 17 % concernant la résistance à l’insuline et le niveau d’HDL-C. Les personnes qui avaient déjà consommé du cannabis mais qui n’en consommaient plus montraient des résultats similaires mais moins prononcés, indiquant que les effets protecteurs du cannabis s’estompent avec le temps.
Les chercheurs ont également analysé les données qui excluaient les personnes diagnostiquées comme diabétiques. Même en excluant les diabétiques, les consommateurs de cannabis actuels présentaient des niveaux plus bas d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline, indiquant que le cannabis peut prévenir l’apparition du diabète, mais aussi aider à en contrôler les symptômes lorsque la maladie est déclarée.
Réduction du taux de résistance à l’insuline
La résistance à l’insuline (ou insulino-résistance) est un trouble forçant les cellules à rejeter le mécanisme normal de l’insuline, une hormone qui est produite par le pancréas et qui est essentielle à la régulation du taux de glucose dans l’organisme. L’insulino-résistance est associée au diabète de type 2. Dans le diabète de type 1, le corps est incapable de produire de l’insuline, alors que dans le diabète de type 2 la production d’insuline n’est pas affectée, mais les cellules sont incapables de la transformer. Quand les cellules deviennent résistantes à l’insuline, elles sont incapables d’absorber le glucose nécessaire pour leur fournir de l’énergie, et le glucose non assimilé s’accumule dans le sang, entraînant une hyperglycémie.
La consommation de cannabis est associée à une taille plus fine (© Helga Weber).
Les auteurs de l’étude de 2013 ont découvert que les consommateurs de cannabis avaient un taux d’insulino-résistance moyen de 1,8, comparé à 2,2 pour les anciens consommateurs et 2,5 pour ceux qui n’ont jamais consommé de cannabis. Les consommateurs de cannabis avaient également un taux de glucose dans le sang inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs. Les consommateurs avaient un taux de glucose moyen de 99,7 ml/dl, comparé à 100,6 mg/dl pour les anciens consommateurs et 103,5 mg/dl pour les non-consommateurs. Cependant, le mécanisme précis par lequel les cannabinoïdes exercent leur effet sur l’insulino-résistance n’est pas connu.
Aide à la prévention de l’obésité
L’obésité, un indice de masse corporel (IMC) élevé ou un large tour de taille sont tous des facteurs de risque de diabète. Plusieurs études ont été menées sur la relation entre la consommation de cannabis et l’indice de masse corporelle, avec des résultats contradictoires. Une étude menée auprès de jeunes adultes en 2005 a montré que la consommation de cannabis n’entraînait pas de changement de l’indice de masse corporelle, mais deux autres études menées au niveau national ont constaté un IMC plus bas et un niveau d’obésité plus bas chez les consommateurs de cannabis, en dépit d’un apport calorique quotidien plus élevé. L’étude de 2013 a montré que les consommateurs de cannabis avaient en moyenne un tour de taille inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs.
Bien que les mécanismes exacts de la relation complexe entre le système endocannabinoïde, l’obésité et le diabète ne soient pas encore entièrement connus, une étude menée en 2012 a démontré que des rats obèses perdaient beaucoup de poids et voyaient le poids de leur pancréas augmenter après avoir reçu un extrait de cannabis bio. L’augmentation du poids du pancréas indique que ses cellules bêta (qui produisent l’insuline) sont protégées par la présence des cannabinoïdes. Dans le diabète de type 1, les cellules bêta étant détruites par une réponse auto-immunitaire, les protéger pourrait aider à contrôler la maladie.
Traitement possible de la neuropathie diabétique
Les personnes qui souffrent de diabète souffrent souvent de troubles nerveux liés à leur maladie. Les lésions nerveuses affectent souvent les extrémités comme les mains ou les pieds, mais elles peuvent apparaître sur n’importe quel organe ou n’importe quelle partie du corps. Ces lésions peuvent ne pas causer de symptômes mais, dans de nombreux cas, ce trouble est accompagné de douleurs, de picotements ou d’un engourdissement. Comme pour les autres formes de douleurs nerveuses, la neuropathie diabétique peut être difficile à traiter avec des analgésiques conventionnels. Il existe cependant des preuves indiquant que le cannabis a également un rôle à jouer dans ces situations.
Les consommateurs de cannabis ont un taux de glucose dans le sang inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs (© Bodytel).
Une étude publiée en 2009 a exploré les effets antinociceptifs (antidouleur) de l’extrait de cannabidiol chez des rats atteints de neuropathie diabétique. Ses auteurs ont constaté que l’administration répétée d’extrait de CBD « soulageait significativement » l’allodynie mécanique (la réponse douloureuse à un stimulus normalement indolore) et rétablissait une perception normale de la douleur sans entraîner d’hyperglycémie. Ils ont également observé que ce traitement protégeait le foie du stress oxydant (dont on pense qu’il est un facteur majeur de développement de la neuropathie) et faisait augmenter le facteur de croissance nerveuse jusqu’à un niveau normal.
Cependant, les études concernant les humains ont donné des résultats beaucoup moins positifs. En 2009 également, un essai clinique randomisé contrôlé a été mené pour étudier la capacité du spray Sativex, du laboratoire GW Pharmaceuticals, à soulager les symptômes de la neuropathie périphérique diabétique. Il fut alors administré à trente sujets soit du Sativex, soit un placebo. Le score de douleur s’est significativement amélioré pour les deux groupes, mais on n’a pas observé d’effet significatif du Sativex par rapport au placebo.
Traitement possible de la rétinopathie diabétique
Près de 80 % des patients diabétiques depuis plus de dix ans souffrent d’une complication appelée rétinopathie diabétique (DRP), où les cellules de la rétine sont progressivement endommagées. Chaque année, aux USA, cette maladie est responsable d’environ 12 % des nouveaux cas de cécité.
La DRP est associée à la dégradation en réponse au glucose de la barrière hémato-rétinienne, un réseau de cellules très compact qui empêche certaines substances présentes dans le sang de pénétrer dans le tissu rétinien. Cette dégradation fait que le tissu neural est exposé à des neurotoxines et augmente le risque de saignement dans la rétine.
On pense que les processus de la réponse immunitaire pro-inflammatoire et du stress oxydatif jouent un rôle clé dans la dégradation des cellules rétiniennes. Il été par ailleurs démontré que le cannabidiol peut être utile pour le traitement de ces troubles, en raison de ses qualités anti-stress oxydatif et anti-inflammatoires. Dans une étude publiée en 2006 dans l’American Journal of Pathology, du CBD fut administré à des rats diabétiques, puis ces rats furent testés pour déterminer le taux de mortalité des cellules rétiniennes. Il fut alors démontré que le traitement au CBD réduisait considérablement le stress oxydatif et la neurotoxicité – notamment le niveau de nécrose tumorale alpha, une substance connue pour jouer un rôle dans la réponse inflammatoire –, et apportait une certaine protection contre la mort des cellules rétiniennes et la dégradation de la barrière hémato-rétinienne.