"Légalisation du cannabis : pour les jeunes, « cela va remplir les caisses de l’État »" par Le Figaro - Étudiant
Citation : "Plus étonnant, la légalisation du cannabis compte un soutien plutôt inattendu : celui de certains non-fumeurs." Ben oui ! Et ce n’est pas vraiment une surprise. Pendant des décennies, on a officiellement raconté que le cannabis rendait fou et qu’on ne pouvait jamais savoir à l’avance si ses consommateurs allaient sombrer dans une douce pathologie hilare ou une démence sanguinaire. Les gens y ont crus et on ne peut pas leur en vouloir : ils furent abusés par une science pernicieuses et achetée ! Aujourd’hui, chaque famille au sens élargi, connait un ou deux consommateurs de cannabis ... les gens peuvent par eux-mêmes, constater quels effets produit cette substance sur leurs proches. Et il devient évident que ceux-ci ne développent pas les risques psychiatriques, la violence et les surexcitations que l’alcool génère. D’où une sympathie récente et de plus en plus grandissante au sein de l’opinion publique. Habitez - comme c’est mon cas - dans une grande rue qui dessert deux cafés-concerts et une boite de nuit. Les vendredis et samedis soirs, quand un groupe de "Weeder" passe (concert reggae), c’est assez calme, on entend quelques rires qui ont tout de sympathiques, la rue reste propre. Quand c’est le tour des groupes alcoolisés, on jugerait un troupeau d’animaux effrayants qui passe (cris .... je ne sais pas comment ils font), des poubelles sont renversées, le mobilier urbain souffre, le brouhaha est intense, les cas de violences sont communs, les gens du quartier sont terrorisés et rentrent s’enfermer chez-eux ... Aussi, ne vous étonnez pas que le Public se mette peu à peu à développer de la sympathie pour les consommateurs de cannabis. Certes, ils reconnaissent aussi que certains Weeder sont moins productifs, un peu plus lents ... et souvent trop bavards et enclins à la "déconnade" ! Mais entre-deux maux, le gens préfèrent le moindre !
Par Charles-Alexandre Louaas, publié le 13/04/2016 à 10:34
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Légalisation du cannabis : pour les jeunes, « cela va remplir les caisses de l’État »
« Ça ne changera ni le nombre de consommateurs, ni le nombre de maladies engendrées ».© audreysteenhaut-Pixabay-18DESIREE MARTIN/AFP-
Alors que Jean-Marie Le Guen a relancé le débat sur la légalisation du cannabis, les jeunes, population la plus touchée par la consommation, ont des avis assez tranchés mais partagés.
« La prohibition du cannabis en France mérite d’être discutée ». Cette phrase signée Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, a été lancée lundi lors du passage de l’homme politique sur BFMTV. Il n’en fallait pas plus pour que la sphère médiatique s’embrase. Réelle proposition ? Tour de passe-passe ? Que son propos soit sincère ou non, il relance malgré tout le débat. Les jeunes -population la plus touchée par la consommation de cannabis- réagissent tout particulièrement depuis ce matin et leurs avis, aussi tranchés qu’ils soient, sont plutôt partagés.
« Ça ne changera ni le nombre de consommateurs, ni le nombre de maladies engendrées »
« Ça ne changera ni le nombre de consommateurs, ni le nombre de maladies engendrées etc... » explique Enzo. Lors du lancement de notre sondage sur la légalisation du cannabis ce matin, le jeune homme, étudiant en tourisme à Angers, semble contre l’idée d’une légalisation. Néanmoins, il tempère son propos, en y ajoutant une certaine conception du pragmatisme. « La seule différence est que les bénéfices iront à l’État au lieu d’aller chez les dealers, ce qui n’est pas plus mal ».
Comme si l’on ne pouvait rien y faire, comme si la situation était inextricable, certains jeunes semblent assimiler que la consommation de cannabis est un fait, et que ce n’est pas une loi qui changera les choses. « Moi je pense que ça peut être une bonne idée, même si je reste encore sceptique en tant que non fumeuse ou non consommatrice. D’un, cela n’augmentera pas la consommation qui a déjà un taux conséquent, et de deux cela permettra de remplir les caisses de l’État » témoigne Barbara, étudiante en Master 1 droit privé et sciences criminelles.
L’aspect économique rentre inévitablement en compte... même lorsque l’on parle de drogue
Réduire la dette de l’État, diminuer les revenus des dealers, l’aspect économique rentre inévitablement en compte, même lorsque l’on parle de drogue. Certains comme Mélissa, n’hésitent pas à prendre en exemple le modèle économique de la côte ouest américaine concernant le cannabis. « Au Colorado, ils ont récolté tellement de taxes depuis que c’est légal qu’ils ont dû en reverser une partie aux habitants ».
D’autres, comme Max, sont beaucoup plus cartésiens et se demandent si le gouvernement ne prend pas le problème à l’envers. « Par définition, le cannabis est une drogue, donc un produit qui même à faible dose est mauvais pour l’organisme. Pour se faire de l’argent, le gouvernement faciliterait donc l’accès à ce produit, alors que la France compte déjà 13,5 millions de fumeurs réguliers dont la moitié claquera d’un cancer du poumon et 4 millions d’alcooliques suivis ? ».
« Légaliser le cannabis ne fera pas bouger la délinquance »
Alexis est contre également et met avant la fragilité psychologique des fumeurs comme arme des dealers. « Légaliser le cannabis ne fera pas bouger la délinquance, cela va même indirectement poser d’autres problèmes de santé publique ! En le légalisant, les plus naïfs d’entre nous se tourneront vers des produits encore plus dangereux pour échapper à leurs complexes ou problèmes existentiels. Les dealers n’attendent que ça pour sortir de nouveaux produits ».
Un soutien plutôt inattendu : celui de certains non-fumeurs
Plus étonnant, la légalisation du cannabis compte un soutien plutôt inattendu : celui de certains non-fumeurs. Ben, étudiant à l’université de Franche-Comté, est l’un d’entre eux. « Je suis non-fumeur, et pour la légalisation du cannabis ! Hausse de la qualité, baisse des dangers pour les consommateurs et meilleure prise en charge des addicts car ils seront moins stigmatisés ». Ivan, étudiant à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée est du même avis. « Non fumeur, mais je ne suis pas contre. Le cannabis est responsable de moins de morts que l’alcool et il rend moins agressif ». Si la question de la légalisation du cannabis paraît encore loin d’être une priorité pour les politiques français, elle aura au moins eu le mérite de faire réagir une population en première ligne.