(France) "Le tribunal de Rouen condamne le « croyant » du cannabis" par Paris Normandie.fr
Réprimer des rastas pour du cannabis ? Autant vouloir les empécher de respirer !
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Morceau spécialement dédicacé au juge qui a condamné Julienne F.
Publié le 13/03/2015 á 23H25
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Le tribunal de Rouen condamne le « croyant » du cannabis
Justice. Julienne F., qui en dépit de son prénom est un homme, a fait du cannabis son mode de vie. Il a été une nouvelle fois condamné.
Vêtu d’un gros sweat jaune canari, un énorme chapelet au cou et les cheveux crépus ébourrifés en forme d’auréole, Julienne F. répond avec une nonchalance teintée d’agressivité aux questions du tribunal correctionnel de Rouen. Prévenu d’usage de cannabis, l’homme a une défense étonnante, mais déjà éprouvée (sans succès d’ailleurs) : il se dit « rastafarien » et met l’usage de cette drogue au rang d’un des sacrements de sa religion. Le tribunal, sans surprise, l’a condamné à trois mois de prison, notamment au vu de ses antécédents judiciaires.
L’affaire commence le 10 novembre dernier quand la police vient chercher Julienne F., 43 ans, à son domicile du centre-ville de Rouen. Il est soupçonné de violences conjugales (il a d’ailleurs été placé en détention provisoire dans ce cadre) et, lors de la fouille, les forces de l’ordre retrouvent 18 grammes de cannabis dans l’appartement.
« Ben oui, je consomme, comme 99 % des Français », lance alors aux policiers le prévenu. Mais 99 % des Français n’ont pas le casier judiciaire de Julienne F., qui d’Amiens à Rouen en passant par Douai a été condamné à 13 reprises depuis 1994, dont une peine de 12 ans pour viol, sans oublier cinq condamnations pour des violences à l’encontre de policiers. Il ne les aime décidément pas.
« Rastafarien »
« Vous rappelez mon casier judiciaire, mais ça ne suffit pas à faire de moi un coupable », réagit Julienne F. « Je suis un consommateur de cannabis, je suis un rastafarien. C’est ma religion. C’est celle que j’ai choisie, que je pratique », raconte-t-il en admettant avoir pris des joints dès l’âge de 9 ans. « Je ne fais pas de trafic, je fume de l’herbe parce que je suis un croyant. Il y a des choses bien plus graves à juger. La première chose que la prison m’a proposé, c’est le subutex, les drogues de substitution. C’est aussi un trafic, en bande organisée hein ! », tente de convaincre le prévenu.
« Bon, bon », coupe court la présidente du tribunal. « Le tribunal a bien entendu que vous étiez un fumeur militant et que vous n’entendiez pas changer ».
« Ah, ça non ! ».
Soucieux de ne froisser aucune croyance, le procureur est précautionneux : « Même s’il s’agit d’une religion, c’est la loi républicaine qui s’applique et l’usage de cannabis est condamnable ». Il réclame un mois de prison.
« Aujourd’hui, je suis en prison alors que je suis innocent des violences dont on m’accuse », conclut Julienne F.. « C’est bien bizarre ».
Ce qui n’était pas bizarre du tout, c’est la nouvelle condamnation (3 mois de prison) ordonnée par le tribunal pour ces 18 gr. de cannabis.
B. M.-C.
P.-S.
Heu ... Paris Normandie, à bien vous relire, on pourrait vous accuser de ne pas tout à fait être neutre ... ! Remarquez, nous non plus ! Mais nous, nous défendons Julienne F. !
JLB