Le tabac tue, pas le cannabis
L’Etude française utilise des joints contenant plus de 90% de tabac ! En Amérique du Nord, le chanvre récréatif se fume pur et sans tabac, mais pas en Europe. Ici, nos jeunes connaissent un gros problème de santé. En effet, il commence à fumer des joints mais pas des cigarettes. Hélas, le tabac en mélange dans leurs joints les accroche rapidement. Ils deviennent tout à coup dépendants de la nicotine. Le THC delta-9, seule substance hallucinogène du cannabis, n’a pas de dose létale, le chanvre n’est pas un alcaloïde et ne peut donc pas être toxique. Cela explique aussi pourquoi il n’a pas d’effet cumulatif, contrairement à toutes les drogue dures alcaloïdes telles que le tabac, l’alcool, l’héroïne, la cocaïne.
Le même échantillon de chanvre analysé en France et en Suisse donne une quantité 10 fois plus élevé chez nous ! Cela parce que, depuis quelques années, la Suisse, en silence, a modifié la manière d’analyser en additionnant au delta-9 les autres delta. Manifestement, si en Suisse l’analyse du THC est différente de l’Europe ou du reste de la planète, c’est pour diaboliser la plante. Il serait temps que toute la planète utilise les mêmes critères d’analyse du THC.
Bon nombre de consommateurs évitent la combustion, source de substances cancérigènes, en utilisant des tisanes ou des mets cuisinés. Je me souviens des effets hallucinogènes du poulet au chanvre, qu’on consomme joyeusement le samedi soir au Laos. On dispose d’alcools forts à 40 degrés, de vins à 12 degrés et de bière à 6 degrés. Pour obtenir la même ivresse, l’amateur d’abricotine boira moins que celui de bière. Pour le joint, même processus : un joint fort amène l’ivresse cannabique, alors qu’il faudrait trois joints faibles pour le même résultat.
Bernard Rappaz
Prison de Sion
Courrier des lecteurs « Le Matin » lundi 17.04.06