Le chanvre du Vallon : Plus nocif que l’héroïne ?
Le coup de filet extraordinaire réalisé par la police ces derniers jours a défrayé la chronique : Photos, commentaires et interprétations de toute sorte n’ont pas manqué. Les vallonniers pleurent car il a été écrit de toute part qu’ils habitent dans une région en voie de désertification ; ils gémissent aussi lorsque leurs trafiquants de bleue (vive les traditions) sont assimilés aux producteurs de chanvre. Alors déçus et malheureux, leurs langues se délient et s’emballent même, puisqu’il paraît qu’ils encombrent le standard téléphonique de la police, tant ils ont de choses à dire. On nage dans la candeur et la pureté !
Mais les policiers peuvent rire de bon cœur puisqu’ils ont connu la réussite dans leur travail ; leur joie ne les dispense pas cependant de garder les pieds sur terre et de réfléchir avant de s’exprimer publiquement : L’héroïne tue tous les jours... et ça serait responsable de ne pas l’oublier. Le chanvre ne tue pas et n’a jamais tué, même produit en cultures hors sol poussées à l’extrême (à l’instar des tomates et du concombre produits sur laine de roche et gavés d’engrais distribués également au goutte à goutte).
Certes, le "notable et les Dalton" ont laissé tomber le trafic illicite de frites congelées, de barbaque et autres flacons d’alcool prohibé pour produire du chanvre, mais de là à leur donner la compétence de faire du chanvre un produit toxique... C’est aller un peu vite en besogne pour ne pas dire tout simplement stupide. Si ces vieux baroudeurs s’approchent du chanvre, c’est précisément parce que la loi actuelle de notre pays en matière de chanvre rend l’affaire intéressante. Pensez-vous donc que ces gaillards auraient pris tous ces risques et engagés tous ces investissements si le joint était en vente libre ? (commercialisé de façon contrôlée par l’état, à un prix normal et avec de simples contrôles requis pour que le système fonctionne sans abus, c’est à dire débits officiels et autorisés, carte d’acheteur majeur personnalisée avec puce magnétique pour gérer les quantités acquises dans le temps et s’assurer qu’il s’agit d’une consommation personnelle et pas d’un trafic).
Ne serait-ce pas une bonne méthode pour alléger le cahier des charges des policiers (qui eux-mêmes semblent le demander, à en lire la presse), dissuader les criminels avides d’argent puisque l’herbe deviendrait subitement financièrement inintéressante et surtout, détourner bon nombre de jeunes de la consommation, puisque la majeure partie d’entre eux considère la ganja comme une bannière anti-sociale. En consommant ce produit aujourd’hui interdit, ils se sentent solidaires et en action contre les injustices du système qui ont, de tout temps, révolté les adolescents épris de vérité et de sincérité. Légaliser la consommation d’herbe, c’est démystifier le produit à ce niveau-là et, très certainement, détourner de sa consommation >30% de ses consommateurs actuels