Le cannabis à Madagascar

Dossier : nous avons rarement des infos sur Madagascar, cette perle africaine parmi les plus belles. Pourtant c’est un important lieu de production/consommation de cannabis. La configuration de l’Ile est particulière avec une chaine montagneuse infranchissable qui coupe l’accès intérieur en trois parties fortes différentes. Trois principales ethnies se partagent l’ile, très grande, qui mérite son surnom de 8e Continent. Coté Afrique, la dominance ethnique provient largement de ce continent dans le métissage. Au nord, c’est déjà plus asiatique. Et à l’est et au sud, les gens arborent un type océanique prononcé (de types austronésiens). Mais s’il existe un quelconque processus culturel commun, c’est bien celui de la consommation et de la production du cannabis ! L’ile vivait relativement en paix avec cette plante depuis des temps immémoriaux puis "l’homme blanc" est arrivé ... foutant la merde à tous les niveaux ! Comme d’hab. !


Premier article :

Publié par Seshata le 13 aout 2013

http://sensiseeds.com/fr/blog/le-ca...

Le cannabis à Madagascar

La République de Madagascar est un pays insulaire situé au large des côtes du Mozambique, à moins de 300 miles du point le plus proche du territoire mozambicain. Madagascar a une longue histoire d’utilisation du cannabis, et c’est une étape importante pour l’héroïne et le haschich en provenance d’Asie à destination du Mozambique et de la Tanzanie.

Droit et politique internationale

Cannabis in Madagascar - 1. La province luxuriante et fertile d’Antsiranana accueille une part importante de la production de cannabis (Rita Willaert)

Le cannabis est illégal à Madagascar, bien que sa consommation soit endémique. La principale autorité compétente en matière de politique antidrogue et de répression est la Commission interministérielle de coordination de la lutte contre la drogue (CICLD), créée en 1998. Le gouvernement de Madagascar coopère également avec le gouvernement voisin de Maurice, dans le cadre d’un accord bilatéral signé en 1990 ; des projets pour augmenter la coopération avec les Comores, un autre État insulaire voisin, sont également en cours.

La police de Madagascar s’est engagée dans des efforts d’éradication et de saisie depuis de nombreuses années. En 1998, deux actions policières de très grande envergure ont permis la saisie de plus de 12 tonnes métriques ™ de cannabis, et l’éradication de plus de 15 millions de plants de cannabis. Des actions d’éradication sporadiques sont depuis menées presque chaque année.

Les saisies annuelles du cannabis récolté fluctuent d’une année à l’autre, souvent en fonction de l’intensité des efforts de police plus que des fluctuations du marché lui-même. En 2001, 693 tm ont été saisies. L’année suivante, ce fut 174 tm (selon les données publiées par le gouvernement malgache) – alors qu’en 2006 ce chiffre chutait à 29 tm. En 2008 seulement 7,8 tm ont été saisies, et juste 0,77 tm en 2010 (chiffres UNODC).

Les différences entre les méthodes de collecte des données peuvent expliquer la grande disparité entre les années 2001/2002 et les chiffres pour la période 2006-2010 ; les raisons pour lesquelles les saisies ont chuté aussi fortement entre 2006 et 2010 demeurent toutefois incertaines. En mai de cette année, une seule interception a donné lieu à la saisie de 2,6 tm de cannabis, indiquant que le commerce à Madagascar est toujours présent et se porte bien.

Arrestations et condamnations liées au cannabis

Cannabis in Madagascar - 2 La ville australe de Toliara a un climat aride où le cannabis peut prospérer, contrairement à de nombreuses autres plantes (Nekenasoa)

Les arrestations pour possession de cannabis sont rares à Madagascar. Toutefois, la possession est illégale et peut donner lieu à des peines d’emprisonnement – les touristes interpellés doivent demander à ce que leur ambassade ou leur consulat soit informé immédiatement. Les peines pour trafic peuvent être très longues et comporter des amendes élevées ; toutefois, les données détaillées concernant les arrestations et les peines de prison pour des faits liés au cannabis ne sont pas souvent consignées.

Le commerce de cannabis à Madagascar

La population indigène malgache cultive le cannabis depuis fort longtemps. À l’instar du cannabis cultivé, les plants sauvages poussent en abondance dans les zones rurales. Les principales régions de culture sont les provinces de Mahajanga et d’Antsiranana au nord du pays, où le climat tropical permet au cannabis de fleurir, et les provinces de Toliara et de Fianarantsoa au sud, relativement arides et où peu de cultures autres que le cannabis peuvent prospérer.

La population rurale malgache est généralement très démunie, et le revenu du cannabis est vital pour de nombreuses familles d’agriculteurs pauvres. La majeure partie du cannabis produit à Madagascar est destiné à la consommation domestique, même si quelques signes semblent indiquer que le cannabis produit localement peut trouver un débouché dans les îles voisines de Maurice et de la Réunion, et probablement aussi en Afrique continentale.

Une grande part du commerce de cannabis à Madagascar est réalisée par des personnes isolées ou des familles plutôt que par les organisations criminelles à grande échelle communes à la plupart des autres nations d’Afrique australe. La côte malgache est peu surveillée et le cannabis peut être transporté vers les îles voisines et vers le continent relativement facilement.

Utilisation culturelle du cannabis à Madagascar

Cannabis in Madagascar - 3 La côte de Madagascar mal surveillée facilite le trafic de cannabis en provenance et à destination de l’île (Frontier Official)

Le cannabis est utilisé à des fins récréatives et médicales depuis des siècles par les populations malgaches de Madagascar et de la Réunion, où il est connu sous le nom de rongony ou de zamal. Certains écrits contemporains indiquent que le cannabis était fumé par les Malgaches vers la moitié du 17e siècle ; les Français auraient banni son utilisation à Madagascar en 1896 quand ils ont colonisé l’île.

Les Malgaches utilisent le cannabis à des fins médicales, spirituelles et récréatives. Toutefois, de nombreuses utilisations religieuses et médicales semblent disparaître. À l’occasion de festivals, le cannabis est souvent fumé en communauté ; il est habituellement réservé à ces occasions et sa consommation à des fins récréatives hors de ce contexte n’est donc pas largement répandue.

Dans le cercle familial, le cannabis trouve diverses utilisations médicales, pour faire tomber la fièvre et arrêter les vomissements par exemple, et est également utilisé pour protéger le foyer contre les mauvais esprits. Le cannabis est également planté occasionnellement près d’autres cultures telles que la courge pour éloigner les parasites, et son utilisation en médecine vétérinaire est également documentée, notamment pour prévenir les maladies infectieuses.

Comportements modernes vis-à-vis du cannabis à Madagascar

De nos jours, l’utilisation de cannabis est largement répandue à Madagascar – on estime que la prévalence nationale de l’utilisation de cannabis est de 9,1 %, considérablement supérieure au taux de prévalence mondial. Cependant, l’utilisation traditionnelle semble en déclin, alors que l’utilisation récréative augmente, en particulier dans les régions rurales.

Il est primordial de documenter l’histoire et les évènements de la guerre contre les drogues dans tous les pays où elle est menée. Les organisations telles que le Hash Marijuana & Hemp Museum à Amsterdam sont de ce fait d’une importance cruciale. Grâce à elles, il est possible de réunir des données issues de diverses sources crédibles afin d’offrir une information la plus précise, actuelle et impartiale possible sur la situation mondiale actuelle.


Second article

Publié par Rina, le 30 juillet 2014

http://ledaily.mg/trafic-du-cannabi...

A noter : l’article bénéficie d’un procédé anti-copie original et performant qui m’a donné bien du fil à retordre. Pour autant, je suis quand même arrivé à le contourner grâce à Google-translate ! Mais ce fut long car leur système est quand même retord et bien pensé.

Le business lucratif du trafic de cannabis : des milliards sont en jeu !

Le trafic de cannabis gagne du terrain actuellement à Antananarivo, 78 personnes dont 12 femmes et 66 hommes ont été placés sous mandat de dépôt en espace de trois mois. La vente de cette drogue est prohibée par la loi, mais elle a des impacts positifs sur le plan économique surtout pour les activités « souterraines ».

Madagascar dispose de vastes terrains de cannabis à Analabe, à Ambaja dans le Nord et à Mihariaomby, district de Betroka dans le Sud.La grande île possède du cannabis de bonne qualité mais il est sans rappeler que sa consommation est formellement interdite par la loi.

300% à 400% de bénéfices

Toutefois, c’est un business très lucratif pour les trafiquants et leurs complices. Les activités clandestines sont très bénéfiques et les dealers, les transporteurs et les paysans en tirent largement profit.

Actuellement, les marchandises sont en abondance dans la capitale, lesquelles se vendent comme des petits pains au vu des marges bénéficiaires enregistrées auprès des grossistes et les simples vendeurs. Un sac de 50 kg est acheté à 50.000Ar (9 euros), dans la région d’Anosy auprès des paysans ou à 120.000 Ar (37,5 euros) auprès des collecteurs à Ihosy.

En ville, un paquet de 40 à 60 grammes se vend à 500 Ar et donc un sac de 50 kg est vendu à partir de 625.000 Ar (195 euros), soit un bénéfice estimé à 300 % voire 400%, selon le commissaire Ranaivoson Alexandre, chef de service communication, auprès du ministère de la sécurité intérieure. « C’est vrai que ce trafic entraîne des activités économiques clandestines très rentables mais c’est une drogue strictement interdite par la loi du fait qu’elle nuit à la société, nous sommes très sévères dans l’application de la loi ».

En ville, un paquet de 40 à 60 grammes se vend à 500 Ar et donc un sac de 50 kg est vendu à partir de 625.000 Ar (195 euros), soit un bénéfice estimé à 300 % voire 400%, selon le commissaire Ranaivoson Alexandre, chef de service communication, auprès du ministère de la sécurité intérieure. « C’est vrai que ce trafic entraîne des activités économiques clandestines très rentables mais c’est une drogue strictement interdite par la loi du fait qu’elle nuit à la société, nous sommes très sévères dans l’application de la loi. En ce moment, cela nous mène à faire une véritable chasse à l’homme pour atteindre nos objectifs » , a-t-il mentionné.

Quant au transport, il n’y a pas vraiment de spécialistes pour la livraison.La plupart des trafiquants locaux préfèrent le voyage en taxi-brousse. Ils se mélangent avec de simples voyageurs dont les bagages sont rarement contrôlés en cours de route. D’après un chauffeur de taxi-brousse reliant Fort-Dauphin Antananarivo, interviewé au stationnement du Fasan’ny Karana ce matin, le frais d’un sac quelque soit son contenu est 5000 Ar (soit un peu moins de 2 euros). « Nous ne demandons jamais à nos clients ce qu’ils ont dans leurs sacs.Nous nous contentons du paiement du frais de transport. D’ailleurs, nous affichons sur le mur de la voiture qu’il est interdit de transporter de la drogue. Si un passager viole ce règlement, il assumera tout seul la responsabilité  » , a insisté Rajaonah Denis, chauffeur.

Exportation du Made in Madagascar

D’après une autre source auprès de la gendarmerie nationale à Majunga, les trafiquants malagasy procèdent également à l’exportation. Les Comores, Mayotte et l’Afrique du sud sont nos principaux clients. Les prix sont largement intéressants par rapport au marché local. A Antananarivo, le kilo varie entre 20.000 à 30.000 Ar (entre 6,25 euros et 10 euros) suivant les dealers, alors qu’à l’extérieur il est estimé 25 à 40 euros soit entre 80.000 à 100.000 Ar. Des sommes monumentales circulent au sein d’un réseau et de nombreux facteurs favorisent la prolifération du trafic.

Le problème de la douane

Nos côtes sont des passoires pour les trafiquants à cause d’une défaillance au niveau de la surveillance. Nos marines nationales et les gardes côtes n’ont pas les moyens adéquats pour mener à terme leurs missions. Il en est de même avec les employés des ports. Il arrive souvent que les drogues passent par la douane. Les trafiquants les confondent avec des légumes dans des caisses ou les assimilent à des sacs pleins de riz ou d’autres produits locaux.

Les forces de l’ordre ne disposent pas de statistiques exactes sur la production annuelle de cannabis à Madagascar. Par contre, ils affirment que chaque année, des centaines de tonnes circulent sur l’ensemble du territoire et dans notre espace maritime à destination d’un pays quelconque. « Des milliards de chiffre d’affaires sont en jeu » , selon toujours le commissaire Alexandre Ranaivoson.

P.-S.

Le tout dernier paragraphe est fort en signification. On comprend que c’est à appel à la communauté internationale pour recevoir de l’aide ... essentiellement financière. On "dramatise" un peu la situation pour interpeller. L’enjeu est de pouvoir ainsi mieux contrôler le trafic de cannabis ... en apparence, car qui sait bien contrôler le trafic de cette plante, a les moyen de contrôler tout le reste et tout le monde. Il s’agit donc d’un processus régalien qui cherche à mettre en place un pouvoir fort dont le cannabis n’est qu’un prétexte pour en assurer la mise en place et le développement !