Le cannabis "Made in France" en hausse

France Info - Hier, 12:25

A croire que la cannabiculture est devenue une production agricole presque comme une autre en France ! Selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales qui vient de rendre son dernier rapport, l’herbe fumée en France est de plus en plus cultivée sur place, sous des hangars ou "en chambre".
Ce rapport souligne aussi que le sentiment d’insécurité des Français dans leur quartier va grandissant ces deux dernières années.

80% des producteurs cultivent leur herbe de cannabis pour leur consommation personnelle, selon l’ONDRP © FOTOLIA/Alexey Klementiev

Selon David Weinberger, de l’Institut national des Hautes études de la sécurité et de la justice, la production française de cannabis a décuplé en trente ans.
De la cannabiculture indoor en zone périurbaine, c’est-à-dire à l’abri des regards, dans une chambre à coucher chez les producteurs-consommateurs artisanaux (ils seraient 80% à produire pour leur propre consommation), dans des hangars ou fermes, chez les producteurs "industriels".

Selon David Weinberger, qui écrit dans le rapport de l’ONDRP, cette production française a commencé à monter en puissance dans les années 2000. Production d’une simplicité enfantine. Il suffit, explique-t-il, de se rendre sur internet, pour acheter le matériel nécessaire à la culture en intérieur.

La France produit de plus en plus de cannabis selon David Weinberger, chargé de recherche du départemment sécurité de l’INHESJ, interrogé par Jean Leymarie (3’42")
 

De plus en plus de Français produisent "leur" herbe : explications de Jean-Pierre Galland co-fondateur du CIRC, l’association qui milite pour la légalisation du cannabis (2’17")
 

Herbe ou résine de cannabis : quelles différences ? L’enquête de Jules Lavie  (2’04")
 

Enquête de victimation

Mais, le rapport de l’ONDRP contient une foule d’autres informations sur la délinquance en général. C’est ce qu’on appelle une enquête de victimation, c’est-à-dire une étude réalisée auprès des victimes présumées de délinquance, et non seulement basée sur les chiffres de dépôts de plainte. Cela donne des résultats bien supérieurs aux statistiques officielles. Pour autant, le nombre de vols ou d’agressions déclarés dans cette enquête est stable depuis trois ans, voire en baisse.



C’est le cas notamment des vols et tentatives de vols. L’Observatoire de la délinquance déduit de son enquête que 4,6 millions de personnes ont été victimes de vols ou tentatives de vols en 2009. Ce qui est certes trois fois plus que le nombre de plaintes déposées. Mais il ne faut pas y voir pour autant une explosion des larcins, car le chiffre de l’ONDRP est stable depuis quatre ans. Il tendrait même à se tasser entre 2008 et 2009.
Même tendance en ce qui concerne les violences physiques ou sexuelles. Le nombre de déclarations est très loin du nombre de dépôts réels de plaintes, mais les deux chiffres suivent une progression parallèle.

L’insécurité chez soi en hausse

Néanmoins, le sentiment d’insécurité lui est en augmentation depuis deux ans, constate l’ONDRP. En 2008, 18,1% des personnes déclaraient ressentir de l’insécurité dans leur quartier. Au premier trimestre 2010, ce chiffre atteignait 20,5%. Le sentiment d’insécurité au domicile grimpe aussi depuis deux ans.

Reconstruction locale à partir des archives historiques de Chanvre-Info. Les éléments commerciaux identifiés sont exclus de cette version.
Les principaux enseignements de ce rapport, avec Christophe Soullez, le directeur de l’ONDRP (interrogé par Ersin Leibowitch) (1’52")