Le Cannabis, indice de mal-être chez les ados ?

2004/02/18 - Le Matin Online

LAUSANNE Une étude du CHUV montre que la consommation régulière de drogue chez les ados peut aller de pair avec de la dépression, de l’anxiété ou des difficultés scolaires et familiales.

Plus on fume, plus on va mal. Durant trois ans, le Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SUPEA) du CHUV a suivi 102 adolescents consommateurs de tabac, d’alcool et de cannabis. L’étude, dévoilée hier, montre que l’usage régulier de drogue est souvent associé à des problèmes psychiques, scolaires ou familiaux. Non pas que la fumette soit la cause des difficultés de ces jeunes, mais plutôt un indicateur de leur mal-être. Olivier Halfon, chef de service du SUPEA, insiste donc sur l’importance d’une prise en charge globale des troubles et d’un dépistage précoce.

Quels conseils donner aux parents dont les enfants fument du hasch ?
Il y a les ados qui fument de manière récréative et ceux dont la consommation s’accompagne de problèmes associés. Dans ce cas, les parents doivent s’intéresser au comportement global de leur enfant, à l’école, avec ses amis, sa famille. La complexité réside ensuite dans la nécessité de se préoccuper des problèmes sans banaliser la consommation ni exercer une surveillance exacerbée. Si aucune solution n’est trouvée, il faut s’adresser à des professionnels du réseau médical ou social.

Les messages de prévention semblent souvent rester sans effet. Pourquoi ?
La prévention primaire, c’est-à-dire générale, est compliquée. Le message est trop flou pour les adolescents qui ne se sentent pas concernés. Par contre, la prévention secondaire, qui vise à aiguiller les personnes à risque dans le système de soins, ou la tertiaire qui cherche à éviter un ancrage des comportements ou une rechute, fonctionnent bien.

En Valais, une motion qui permettrait d’exclure de l’école les jeunes en possession de hasch a été adoptée. Qu’en pensez-vous ?
J’y suis tout à fait opposé car cela stigmatise les adolescents. L’école doit favoriser le dépistage des conduites à risque et non jeter l’opprobre. Cela peut être ressenti comme un défi par le jeune qui risque d’aggraver sa consommation.

SÉBASTIEN JOST