« La prohybition des drogues est-elles bénéfiques pour la France ? »
« Les drogues sont-elles bénéfiques pour la France ? »
Facture de 1,7 milliard d’euros pour l’État
Dans son article « Les drogues sont-elles bénéfiques pour la France ? » paru dans la Revue économique en septembre dernier, l’économiste a évalué à 1,7 milliard d’euros le coût des drogues illicites pour l’État. D’après ses calculs, leur effet sur les dépenses de santé s’élèverait à 709,97 millions d’euros, tandis que les impôts non encaissés du fait des décès prématurés de consommateurs représenteraient 179,70 millions. À l’inverse, les retraites non versées à cause de ces décès permettraient à l’État d’économiser 80 millions d’euros. Enfin, les dépenses de « répression, de prévention et de recherche » grèveraient encore la facture de 916,59 millions d’euros, dont 300 millions pour les seules interpellations des délinquants. Or, les arrestations pour usage de cannabis représentent toujours 90% des interpellations liées aux stupéfiants. En 2010, l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) en a recensé plus de 120.000, en léger recul de 2% par rapport à 2009.
S’il se refuse à commenter une éventuelle légalisation du cannabis, Pierre Kopp estime tout de même que « cette mesure rapporterait environ 1 milliard d’euros à l’État grâce aux taxes ». Il relativise également l’impact d’une dépénalisation sur la consommation. Selon lui, « il s’agit de trouver le juste niveau de taxation, qui permettrait de maintenir le prix actuel du cannabis ». Si ce prix devenait prohibitif, cela aurait pour effet contre-productif d’encourager le trafic, prévient-il. Un avis partagé par le docteur Alain Rigaud, addictologue. Dans un entretien à France 24, il cite l’exemple des Pays-Bas. « La consommation de cannabis y est tolérée et elle n’a jamais explosé », observe-t-il. « Idem pour le Portugal, qui a autorisé la détention de marijuana dans le cadre d’une consommation personnelle : aujourd’hui, le pays fait partie de ceux qui comptent le moins de consommateurs en Europe. »