"La plus grande menace du cannabis réside dans son Illégalité" par HuffPost Politique Canada
Texte original en anglais traduit et (adapté) par nos soins.
Publié : 06/04/2015 11:18 HAE Mise à jour : 07/04/2015 13:59 HAE, par Jenna Valleriani - candidat au doctorat en sociologie et le Programme pluridisciplinaire en études sur la toxicomanie à l’Université de Toronto
http://www.huffingtonpost.ca/jenna-...
La plus grande menace du cannabis réside dans son Illégalité
* Co-écrit avec Craig Jones , Ph.D., Directeur exécutif de l’Organisation nationale pour la réforme des lois sur la marijuana au Canada (NORML Canada)
La déclaration d’ouverture de la Commission mondiale sur les 2011 de la politique des drogues a (débuté ainsi) - « la guerre globale contre les drogues a échoué, avec des conséquences dévastatrices pour les individus et les sociétés [...] des réformes fondamentales dans les politiques nationales et mondiales de contrôle des drogues sont nécessaires d’urgence" - pourrait difficilement être plus expéditive.
En questionnement : la continuation de la prohibition, avec 57 429 Canadiens interpelés pour simple possession en 2012 . Sur l’après-midi du 20 Avril, autrement connu comme le "4/20", des utilisateurs de cannabis récréatif monde entier se réuniront dans les espaces publics dans un élan de désobéissance civile pacifique contre une loi nuisible. Cette date est devenue symbole planétaire pour les guerriers anti-drogue et les lâches décideurs politiques qui se cachent derrière le frauduleux « nous ne avons pas assez de preuves ».
Il est assez ironique d’entendre les décideurs répéter ce "canard" (bobard colporté) parce que le cannabis a été ajouté en 1923 à la liste des substances interdites du Canada, sur la base d’aucune preuve. Depuis lors, une véritable montagne de diffusions scientifiques a convergé sur la conclusion que de tous les substances à contrôler ou interdire, le cannabis est de loin la moins dangereuse et s’avère beaucoup plus sûr que l’alcool ou le tabac. Sa plus grande menace pour les utilisateurs et la société - ce que lerapport du Sénat sur les drogues illicites 2002 a proprement conclu - réside dans sa criminalité continue, pas de son utilisation.
Cette conclusion n’est guère une valeur absurde : c’est la somme succincte de presque tous les rapports importants réalisés par les sociétés libérales depuis - c’est assez incroyable - le Rapport de la Commission chanvre indien à la Chambre des communes britannique en 1893-1894. Cette analyse particulière, âgée pourtant de plus de 100 ans, avait sagement conclu que si les médicaments de chanvre s’avéraient être un problème (politique /économique), pour lequel on ne pourrait trouver aucune preuve (de nocivité ou de non efficacité), leur interdiction ou imposition excessive créeraient plus de problèmes (que la légalisation) - y compris la création d’un marché noir.
Les propos clairvoyants de ces commissaires resurgissent à la lumière d’événements ultérieurs.
Il serait agréable de penser que les décideurs qui ont ajouté le cannabis dans le classement des substances interdites au Canada en 1923, auraient au moins inscrit leurs motivations dans les sept volumes du rapport de la Hemp Drugs Commission, mais la vérité est que personne ne sait vraiment pourquoi le cannabis a été interdit (pas d’argumentation primordiale).
Des lecteurs avertis font remarquer l’aspect salace de certains articles d’Emily Murphy, publiés dans le magazine de Maclean de 1920 et résumés dans The Black Candle. Bien que maintenant grandement discrédité, une telle pensée représentait celle admise à l’époque, au sujet que les immigrants non-anglophones d’Afrique, d’Europe de l’Est, en Asie et au Mexique constituaient une menace grave à la pureté raciale des colons britanniques sur la moitié nord de notre continent. Pour autant, elle (Emily Murphy) est toujours présentée comme une héroïne (adaptation du texte original « compté comme un grand succès ») de la guerre centenaire contre les drogues que les homme politique – même à notre époque saturée de preuves – préfère continuer à travestir la vérité plutôt que d’admettre, "c’était une erreur , nous devons la corriger ".
Ici, au Canada, il persiste une interdiction de la rationalité - au moins sur les bancs du gouvernement. Le premier ministre et ses marionnettes parlementaires fustigent alors les réformateurs en les accusant de "vouloir vendre du cannabis dans les dépanneurs" (rendre facilementa accessible cette drogue) pour soulager ses députés d’avoir à défendre une politique discréditée et (permettre) l’égrenage de la machine alarmiste tant adulée par les sociaux-conservateurs ici et aux États-Unis. Lorsque vous êtes impliqué dans une fraude, la perpétuation de celle-ci est le chemin de moindre résistance (de moindre problème).
Martin Luther King l’avait sagement observé : "L’arc de l’histoire est long, mais il se penche (toujours) vers la justice." (pour traduire cette expression, bonjour !) La prohibition du cannabis est basée sur une fraude, et toutes les fraudes sont éventuellement exposées (un jour où l’autre). Les célébrants du 20 Avril ne connaissent pas nécessairement l’histoire de la façon dont le cannabis est devenu illégal, mais ils savent ce que la preuve dit : le cannabis est moins nocif pour les utilisateurs que toutes les autres drogues illicites et considérablement moins nocif que l’alcool et le tabac. Ils savent que la plus grande menace du cannabis réside dans son illégalité perpétuée par des décideurs qui souhaitent tout simplement « effacer les preuves » (ignorer la vérité au sujet du cannabis) et continuer ainsi (la répression).