La mémoire d’Expo.02 cultivée par les jeunes cinéastes
2002/06/10 - 24heures
Depuis décembre 2000, de jeunes cinéastes (étudiants et indépendants) travaillent, sous forme d’ateliers sur Expo 02 et son environnement. Dirigé par Jean-François Blanc, le projet porte le nom global d’Atelier ZéroDeux. Le troisième de la série (de février à mai 02) vient de se terminer et les 12 films qui en sont issus seront projetés à Bienne le 29 juin en grande première. Le quatrième et dernier atelier commence le 10 juin et réunit 17 personnes : cinq étudiants et douze indépendants, dont deux cinéastes sud-africains, présents grâce au soutien de Pro Helvetia. Quinze films seront réalisés au cours de cette opération qui durera jusqu’en septembre.
C’est à Bienne que le team professionnel, réuni par Jean-François Blanc, s’est établi pour animer ces travaux, d’entente avec la SSR Idée suisse et Expo 02. Un premier mois est consacré à la recherche du sujet et aboutit à une proposition de film supervisée par un conseil formé de gens de la TV et des écoles suisses d’art. Le deuxième mois est destiné au tournage, chaque participant disposant de cinq jours effectifs pour réaliser son film. Enfin, le dernier mois est occupé par le montage et le mixage, toujours sous supervision.
"Créer un courant"
Pour les responsables, le projet ZéroDeux devait "permettre de créer un courant en faisant travailler ensemble de jeunes créateurs des diverses parties du pays et de leur demander de jeter un regard personnel sur un personnage ou une situation propre à la région où se déroule l’expo". Les participants du dernier atelier auront l’avantage de voir l’expo et d’y inscrire leurs projets. Même si les intervenants du cycle précédent ont entamé le sujet en parlant de certains figurants bénévoles, des essais du nuage de l’arteplage d’Yverdon, d’une ingénieure ou des réalisateurs de la Tour des sons à Bienne.
Ces courts métrages documentaires n’ont rien de promotionnel. Il s’agit d’un travail complémentaire à celui qu’offre la SSR et de nature à aider à la mémoire de la manifestation. Certains sujets n’auraient peut-être jamais été abordés par la TV. Parallèlement à cette aventure, qui voit s’exprimer des regards curieux, insolites, tendres ou critiques, l’Atelier ZéroDeux a mis en place un projet de création de soixante spots en s’adressant à dix-sept créateurs. Objectif : réaliser des sujets à partir des grands thèmes de l’expo. Ces clips sont présentés comme ancrage vidéo sur les arteplages de Neuchâtel, Yverdon et Bienne. Une sélection de 20 d’entre eux sera proposée dans certaines salles de cinéma cet été (dont celles d’Europlex à Lausanne et Genève), et un DVD sera édité.
Utile
Projection des films et spots au Studio SF-DRS pendant les week-ends sur l’arteplage de Bienne (10 h-18 h). Première des films du 3e atelier : le 29 juin sous le grand chapiteau (18 h-23 h). Les films et spots passent aussi sur les programmes des télévisions suisses.
Le prince du chanvre
Film : un exemple François Yang, Lausannois du 3ème atelier
François Yang, 24 ans, né à Fribourg, a pris goût au théâtre, à la photographie et au cinéma lors d’un séjour aux Etats-Unis. Avant d’entrer à l’Ecole d’art de Lausanne (ECAL), il a travaillé pour Canal 9 en Valais sur des sujets de fiction. Il est l’auteur depuis 1999 de cinq petits films dont le dernier, Huit ans, dix minutes, a fait un tour de Suisse grâce à l’Agence suisse du court métrage et à Agora film et rencontré, avec Trois Zéros, plus de 11000 spectateurs.
Des réactions ? En vision de presse, "le public a d’abord ri puis ensuite applaudi, contrairement au public américain qui applaudit d’abord et rit après." Dans ce petit film, François Yang parle des relations d’un fils avec son père débordé par ses affaires.
Pour Atelier Zérodeux, le jeune cinéaste, qui a une filiation taïwanaise, s’est intéressé à un cultivateur de chanvre habitant près de Morat (Le prince du chanvre) dont il a découvert les démêlés avec la justice par la presse. Ce qui l’intéressait en premier lieu, c’était de connaître le combat que son interlocuteur menait, comment il entendait défendre ses idéaux sur ce terrain tout en se demandant si sous le "bienfaiteur" ne se cachait pas un commerçant...
Concernant l’Atelier Zérodeux lui-même, François Yang en garde un excellent souvenir. Il en a apprécié le contexte professionnel et la cohabitation Alémaniques-Romands qui, de son avis, ne pose pas de problème de langue. Très sensible au travail du cinéaste homonyme et taïwanais Edward Yang, François Yang conçoit le cinéma comme une réunion de compétences,un propos artistique ne tournant pas le dos à la notion de spectacle et privilégiant surtout l’émotion.