"La marijuana à des fins récréatives pourrait bientôt être légale au Maine" par Ici Radio Canada.ca
Vous allez découvrir ici que l’opposition à la légalisation campe sur une argumentation passéiste basée sur des peurs prouvées aujourd’hui inexactes. Par un tour de passe-passe, on associe le cannabis à la mort et on rabâche indirectement la bonne vieille théorie de l’escalade ... C’est pour cela que la Prohibition perd : les gens, aujourd’hui, sont suffisamment instruits sur la plante pour savoir que ce ne sont là des sornettes ... dans le Maine, cette instruction n’a peut-être pas assez été dispensée. Le vote prochain nous instruira sur ce qu’il en sera !
Un texte de Elisa Serret, publié le vendredi 21 octobre 2016 à 21 h 05
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La marijuana à des fins récréatives pourrait bientôt être légale au Maine
(Note : on trouve ici une vidéo (reportage d’Élisa Serret) qui n’est pas accessible en Europe pour des histoires de droits de diffusion ... grrrrr ... ! J’ai trouvé un MP3 de cette émission qui vous permettra d’en prendre connaissance : cliquez-ici (Ouvrir dans un nouvel onglet) !)
Un référendum se tiendra le 8 novembre au Maine, aux États-Unis, sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives, en même temps que l’élection présidentielle. Les sondages laissent croire que le camp en faveur de la légalisation l’emportera. Mais les opposants restent nombreux dans cet État.
Si le vote passe, les résidents du Maine de plus de 21 ans pourront posséder plus de 2,5 onces (71 grammes) de cannabis sans craindre de représailles.
La possession de 2,5 onces de marijuana et moins est déjà décriminalisée dans cet État et la marijuana médicinale est légale dans le Maine depuis 1999.
Si l’État légalise la marijuana, cela permettra aussi au gouvernement du Maine de récolter des taxes de 10 % sur la vente des produits de marijuana.
Les arguments en faveur de la légalisation
Le camp qui souhaite légaliser la marijuana mise principalement sur la protection de la jeunesse pour convaincre l’électorat.
David Boyer, directeur de la campagne « Yes on one » (Votez oui à la question numéro un), considère que la population serait plus en sécurité si l’État contrôlait qui vend et achète de la marijuana.
"Actuellement, nous n’avons aucun contrôle sur les acheteurs et les vendeurs ni sur l’âge des consommateurs" - David Boyer, directeur de la campagne Yes on one
David Boyer est le directeur de la campagne Yes on one qui souhaite que la marijuana soit légale comme l’alcool dans le Maine.
David Boyer est le directeur de la campagne Yes on one qui souhaite que la marijuana soit légale comme l’alcool dans le Maine. Photo : ICI Radio-Canada/Elisa Serret
David Boyer croit que, de toute façon, quiconque veut se procurer du cannabis dans le Maine peut facilement y arriver.
M. Boyer mise aussi sur l’argument financier. Certains économistes estiment que les taxes récoltées sur les ventes des produits du cannabis représenteraient entre 10 millions et 15 millions de dollars de revenus annuels supplémentaires dans les coffres de l’État.
Plus d’accessibilité pour aider les patients
Pour avoir accès à de la marijuana médicinale au Maine, il faut d’abord être admissible. Seulement une vingtaine de maladies ou de problèmes médicaux sont considérés comme admissibles pour des traitements à base de marijuana médicinale. Les militants en faveur de la légalisation considèrent que la marijuana médicinale devrait être accessible à tous ceux qui peuvent profiter des bienfaits médicinaux.
Les opposants
Pour le dirigeant de la campagne du non, « Vote no on one big marijuana big mistake », Scott M. Gagnon, légaliser la marijuana est une menace pour les jeunes. Travailleur de rue, Scott M. Gagnon considère qu’il y a déjà assez de problèmes de drogue dans le Maine.
Scott M. Gagnon est le directeur de la campagne Vote no on one qui est contre la légalisation de la marijuana à des fins récréatives. Photo : ICI Radio-Canada
Le bureau du procureur général de l’État affirme que le taux de mortalité lié à de la surconsommation de drogue a augmenté du tiers seulement en 2015. Pour Scott M. Gagnon, ce chiffre devrait être suffisant pour faire comprendre aux gens que légaliser la marijuana est une mauvaise décision.
"Selon les statistiques de l’État, quelqu’un qui a une dépendance à la marijuana est trois fois plus susceptible de développer une dépendance à l’héroïne ou aux opioïdes" - Scott M. Gagnon, directeur de la campagne Vote no on one big marijuana big mistake
Il ajoute que ce sont principalement des jeunes qui ont des problèmes de dépendance. Selon lui, il est faux de penser que tout le monde peut se procurer de la marijuana dans le Maine. Les jeunes enfants qui ne sont pas exposés n’ont pas accès à des vendeurs de drogue.
Trafic de drogue et d’armes
Edward Tolan, chef de police de la ville de Falmouth, juste au nord de Portland, juge lui aussi que la légalisation est une menace pour les jeunes du Maine.
Ce chef police ne veut pas voir plus de drogue en circulation dans le Maine. Edward Tolan craint que la légalisation crée un trafic de drogue avec les États voisins qui n’auront pas légalisé. Photo : ICI Radio-Canada/Elisa Serret
"On est pris avec de sérieux problèmes de dépendance, nos jeunes perdent la vie à cause de la drogue, on ne peut pas légaliser la marijuana dans ces conditions" - Edward Tolan, chef de la police de Falmouth
Mais il craint surtout que la légalisation ne crée un trafic de drogue avec les États voisins qui n’auront pas légalisé le cannabis.
En plus, il affirme que les forces policières doivent déjà gérer un important trafic d’armes à feu et de drogue entre les États. C’est que le processus pour se procurer une arme à feu au Maine est très simple et il n’y a pas de vérification d’antécédents. Par conséquent, le nombre d’armes à feu en circulation est élevé. Les trafiquants de drogue viennent donc dans le Maine échanger leurs stupéfiants contre des armes à feu. La légalisation ne fera qu’empirer la situation, selon lui.
Illégale au fédéral
Tous les États qui légalisent la marijuana sont devant la même impasse juridique. Au fédéral, la marijuana est toujours illégale et le gouvernement ne prévoit pas changer ce statut. C’est une situation qui peut causer son lot de problèmes. À titre d’exemple, une personne pourrait se voir refuser un emploi dans la fonction publique fédérale si elle a déjà commis une infraction, même mineure, en lien avec la consommation de marijuana.
Ailleurs aux États-Unis
Le 8 novembre, jour de la présidentielle, les citoyens de cinq États devront voter pour ou contre la légalisation de la marijuana à des fins récréatives : ce sera le cas en Californie, en Arizona, au Massachusetts, au Nevada et au Maine.
Le Colorado, Washington D.C., l’Oregon et l’Alaska ont déjà légalisé la marijuana à des fins récréatives.
Dans les États de la Floride, de l’Arkansas, du Montana et du Dakota du Nord, les citoyens voteront à savoir s’ils souhaitent ou non rendre légale la marijuana à des fins médicales.
Afin de rendre possible un référendum, les citoyens doivent déposer une pétition avec un nombre de signataires déterminé en fonction de la population de l’État. Au Maine, les pro-légalisation ont dû déposer une pétition de plus de 61 000 signatures.
P.-S.
Autre article sur le même thème :
Référendum sur la légalisation de la marijuana à des fins récréatives au Maine, par Ici Radio-Canada.ca, publié le 21 octobre 2016