"L’édito de Pierre Siankowski : dépénalisation, légalisation, état d’urgence ?" par les Inrocks

Pour reprendre la toute dernière phrase de cet article : hélas, on sait bien qu’il n’y a pas la moindre étincelle de lucidité chez notre président ... je dis "notre", parce que si Chanvre Info est suisse, je suis son rédacteur français ... ! Peut-être que si on pouvait lui faire fumer un joint de bonne Weed ... ? Allez, on va m’accuser d’incitation à l’usage sur président ... ! Puni de "500 ans à casser des cailloux sur la lune" ... De toute façon j’ai bien peur que ce soit un cas désespéré et je n’aime pas gaspiller de la bonne Weed ... ! Je le "chanvre", mais je n’aimerai pas être à sa place, ce ne doit pas être très facile et évident de gérer un pays comme la France ! On lui accordera "ça" en énorme circonstance atténuante ... ! Et puis, sous son mandat, on ne persécute plus les écrivains du chanvre ni n’interdit les manifs gentilles du canna, c’est aussi à décharge ... pour le reste, nous sommes bien plus critiques, quand même ... !


Publié le 02/02/2016 à 15h00

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L’édito de Pierre Siankowski : dépénalisation, légalisation, état d’urgence ?

© Photomontage d’après la photo officielle de François Hollande par Raymond Depardon + image de Mike Grandmaison/All Canada Photos/Corbis

Enjeu de société, économique et de santé publique, la légalisation du cannabis est une vraie chance à saisir pour François Hollande dont le mandat reste à ce jour pauvre en marqueurs sociaux.

Je serai le Président de tous les fumeurs. Cette phrase, prononcée par François Hollande, reste pour le moment le fruit (défendu) d’un rêve furieusement évaporé (le grand Raymond Depardon nous pardonnera d’ailleurs d’avoir détourné en une sa photo officielle du Président pour donner corps à ce fantasme). Et pourtant  ! La semaine dernière à Lille, le professeur Bertrand Dautzenberg a fait resurgir, d’une déclaration d’une seule, tout le débat sur la légalisation du cannabis.

Au vingtième congrès de pneumologie de langue française, cet éminent pneumologue qui exerce à la Pitié-Salpêtrière à Paris s’est prononcé pour une “dépénalisation encadrée” du cannabis. “Plus la loi est sévère, plus il y a de consommateurs. Ainsi, la France est le pays d’Europe où l’on consomme le plus de cannabis chez les jeunes – 45 % d’entre eux ont déjà essayé –, alors qu’en Hollande, où il est légalisé, le taux est de 29 %”, a déclaré Dautzenberg. François Hollande – dont le nom est à lui seul une bénédiction – saura-t-il rebondir  ?

Une tendance mondiale

De Daniel Vaillant à Vincent Peillon en passant même par l’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira, qui en décembre 2014 déclarait ne pas être “choquée” que ce débat puisse avoir lieu, nombreux sont ceux qui sur la gauche du Président ont déjà essayé de faire avancer les choses. Economiquement, et pour aller plus loin, l’argument d’une “légalisation encadrée” serait loin d’être une hérésie. Aux États-Unis, le Colorado, qui a légalisé au 1er anvier 2014, s’est plus que refait la cerise : 125 millions de dollars encaissés en 2015 (pour un État de 5 millions d’habitants) et des milliers d’emplois créés.

Au Canada, c’est le libéral Justin Trudeau, nouveau venu, qui a promis d’encadrer et de légaliser le commerce de la marijuana. Mais en France, rien pour le moment. Si certains continuent – comme Julien Dray – de pousser la soufflette à l’oreille du Président, rien de bien concret ne semble en découler pour le moment.

L’ambiance sécuritaire a pris le dessus. Isolé sur sa gauche par le départ d’une Christiane Taubira échaudée par le débat sur la déchéance de nationalité, François Hollande dispose, avec cette question de la dépénalisation encadrée, d’une vraie chance de se saisir, avant la fin de son mandat, d’un réel marqueur social (marqueurs qui, à l’exception du mariage pour tous, font cruellement défaut à ce mandat hollandais).

Un enjeu de société plus qu’une lubie

A Marseille, où plusieurs adolescents ont perdu la vie dans des faits divers liés au trafic, le PS compte s’emparer du débat au plus vite. Certains voient même, comme nous le montre le reportage que nous avons réalisé, dans la cité phocéenne toujours (lire ici), la possibilité de mettre fin aux affres d’un capitalisme ultrasauvage, voire, à la condition d’une légalisation soigneusement encadrée, de créer des emplois.

C’est en tout cas l’analyse de certaines associations et de certains chercheurs. Plus qu’une simple lubie, la dépénalisation du cannabis est désormais un enjeu de société, de santé publique, voire une opportunité économique. François Hollande aura-t-il la lucidité de s’en saisir  ? Faites tourner.