L’artérite au cannabis, nouveau reproche fantasmagorique ou réalité ?
Je vous le dis tout de suite : je n’y crois pas un instant … ! Pour explications, lire la suite dans le PS !
Publié le27 octobre 2014
http://drogaddiction.com/2014/10/27...
Nous devons la communication de ces trois nouveaux cas à nos collègues de l’Hôpital d’instruction des armées BEGIN qui viennent de créer un nouveau journal Research auquel nous sommes heureux d’ouvrir nos colonnes. Ces nouvelles observations s’ajoutent aux précédentes et confirment s’il en était besoin, la toxicité de l’usage répété du cannabis chez des sujets jeunes.
L’article décrit en outre l’histoire de ces maladies et montre à l’aide de clichés, l’importance des lésions .
« Roulette russe dont le coup ne part que longtemps après avoir appuyé sur la gâchette (la queue de détente pour les spécialistes) » (JP Goullé dixit), les dégâts, tardifs, n’en sont pas moins importants et irréversibles. JP Tillement
L’artérite au cannabis est un sujet d’actualité en raison de l’augmentation régulière du nombre de consommateurs. Nous rapportons trois nouvelles observations chez des adultes jeunes. Nous avons la singularité de rapporter un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Une intoxication chronique au cannabis doit être recherchée devant toute artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune.
Introduction
Décrit pour la première fois dans les années 1960, par Sterne et Ducastaing, à propos d’une série de 29 hommes d’origine marocaine, âgés de 25 à 35 ans, fumeurs de kif et qui présentaient des tableaux d’artériopathie distale sévère [1]. Le terme de cannabis arteritis a été utilisé pour décrire les conséquences vasculaires périphériques induites par les fortes doses de cannabis [2]. Disdier et al. [3] ont revisité ce vieux concept tout en rapportant une série de 10 patients qui ont développé une ischémie subaiguë et progressive des extrémités distales supérieures et inférieures conduisant à une nécrose des tissus et la gangrène. Les auteurs distinguaient ces artérites au cannabis de celles de la maladie de Buerger.
Figure 1. Nécrose pulpaire du pouce droit.
Observations
Nous rapportons une série de trois observations d’artérites au cannabis chez des adultes jeunes. Cette série est singulière. Elle rapporte des cas rarement décrits : un cas d’artérite au cannabis chez une femme, une localisation aux membres supérieurs dans deux cas et une association au phénomène de Raynaud dans un cas. Ces malades avaient en commun une forte consommation de cannabis et un tabagisme modéré.
Observation n°1 : Une femme, âgée de 44 ans, présentait une nécrose pulpaire hyperalgique du pouce droit (figure 1). Elle n’avait pas d’hypertension artérielle. Elle avait un syndrome de Raynaud des deux mains. Les pouls radial et cubital droits étaient abolis. Le reste de l’examen clinique était sans anomalie. L’hémogramme, les examens lipidique et glucidique étaient normaux. La recherche de thrombophilie était négative. L’écho-Doppler artériel des membres supérieurs montrait un ralentissement du flux au niveau des artères digitales. L’artériographie montre une atteinte occlusive et segmentaire des artères digitales : artères hélicines (figure 2). L’échographie cardiaque, l’écho-Doppler pulsé des troncs supra-aortiques et des membres inférieurs et le holter électrocardiographique étaient normaux. La chirurgie était impossible du fait de la localisation distale de l’atteinte artérielle. L’arrêt du cannabis et du tabac, un traitement anticoagulant et des soins locaux ont permis une cicatrisation en 6 semaines de la nécrose pulpaire.
Figure 2. Artériographie du membre supérieure droit montrant une atteinte occlusive et segmentaire des artères digitales : artères hélicines.
Observation n°2 : Un homme, âgé de 20 ans, admis aux urgences pour une nécrose pulpaire progressive sur une semaine des 2e et 3e doigts droits (figure 3). Il n’avait ni diabète ni hypertension artérielle ni hyperlipidémie. Les pouls radial et cubital droits étaient abolis. Le reste de l’examen clinique était sans anomalie. L’hémogramme était normal. La recherche de thrombophilie était négative. L’écho-Doppler artériel des membres supérieurs montrait un ralentissement du flux au niveau des artères digitales. L’artériographie montre une atteinte occlusive et segmentaire des artères digitales : artères hélicines. L’échographie cardiaque, l’écho-Doppler pulsé des troncs supra-aortiques et des membres inférieurs et le holter électrocardiographique étaient normaux. La chirurgie était impossible du fait du mauvais état artériel distal. L’évolution est favorable sous traitement anticoagulant, régularisation chirurgicale et arrêt de la consommation de cannabis et du tabac.
Figure 3. Nécrose pulpaire des 2e et 3e doigts droits
Observation n°3 : Un homme de 35 ans, admis aux urgences pour une ischémie critique des extrémités inférieures. Le malade décrivait une claudication intermittente des plantes des pieds puis des jambes depuis deux ans. Les pouls des pieds étaient abolis. Le reste de l’examen clinique était normal. Il n’avait ni diabète ni hypertension artérielle ni hyperlipidémie. La recherche d’un syndrome d’hypercoagulabilité était négative. L’écho-doppler artériel des membres inférieurs montrait une thrombose des trois axes jambiers au niveau de leurs parties terminales. L’artériographie des membres inférieurs montrait à droite une occlusion des artères tibiale postérieure au niveau de sa partie proximale et de l’artère fibulaire dans sa partie terminale avec une reprise par une circulation collatérale à partir de l’artère pédieuse et à gauche une occlusion des trois axes jambiers au niveau de leurs parties terminales avec aspect presque avasculaire du pied (figure 4). L’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque et l’écho-Doppler pulsé des troncs supra-aortiques et des membres supérieurs étaient normaux. La chirurgie était impossible du fait du mauvais état artériel distal. Malgré l’arrêt du cannabis et du tabac, une cure pendant quatre semaines de prostaglandine vasodilatatrice, des anticoagulants et les soins locaux, l’amputation de l’avant pied gauche était inévitable.
Figure 4. Artériographie des membres inférieurs montrant. A droite : occlusion des artères tibiale postérieure au niveau de sa partie proximale et de l’artère fibulaire dans sa partie terminale avec une reprise par une circulation collatérale à partir de l’artère pédieuse. A gauche : occlusion des trois axes jambiers au niveau de leurs parties terminales avec aspect presque avasculaire du pied.
Discussion
L’augmentation récente des cas rapportés d’artérites induites par le cannabis est probablement en rapport avec la fréquence croissante de l’usage régulier de cannabis dans la population adulte jeune, constatation soulignée par l’observatoire français des drogues et toxicomanie dans ses enquêtes annuelles. D’après cet observatoire, le nombre de consommateurs de cannabis en France métropolitaine en 2011, parmi les 11-75 ans, est estimé à 13,4 millions expérimentateurs dont 3,8 millions actuels et 1,2 millions réguliers. Le nombre de consommateurs de cannabis est en augmentation régulière.
Le principal agent actif du cannabis est le ∆.9 Tetrahydrocannabinol (∆.9-THC). Les études in vitro et in vivo des cannaboides et notamment du ∆.9-THC ont mis en évidence une toxicité nette sur las vaisseaux sanguins, due à la voie oxydative et à une action vasoconstrictrice directe [4] [5].
La présentation clinique de l’artérite liée au cannabis est proche de celle de la maladie de Léo-Buerger ou thromboangéite oblitérante [2]. Les sujets sont le plus souvent jeunes (de 18 à 40 ans), de sexe masculin. Nous avons la particularité de rapporter un cas chez une femme. Il s’agit de tableaux d’ischémie distale subaiguë, d’apparition progressive, très douloureuse, touchant essentiellement les membres inférieurs. Deux de nos patients ont une localisation aux membres supérieurs. L’atteinte proximale a également déjà été rapportée [6]. Les troubles trophiques, constants chez nos patients, sont fréquents, avec apparition de lésions de nécrose et de gangrène [2] [7]. D’autres signes vasculaires peuvent être associés : phénomène de Raynaud et thrombose veineuse [8]. Un de nos patients présentait un phénomène de Raynaud. En outre, l’aggravation de la maladie vasculaire a été étroitement associée aux périodes de grande consommation de cannabis.
La recherche de facteurs de risque d’athérosclérose, de facteurs thrombogènes ou emboligènes est restée négative. Elle a compris à chaque fois : recherche d’un diabète, d’une hypertension artérielle et d’une dyslipidémie, élimination de toute cause emboligène cardiaque ou vasculaire, ou un piège vasculaire, élimination d’une maladie du tissu élastique, dosages des protéines C et S, de l’antithrombine III, recherche de la mutation du facteur V Leiden, dosage de l’homocystéinémie, recherche d’un anticoagulant circulant et d’anticorps antiphospholipides, cryoglobulinémie. Ces signes négatifs sont importants à considérer pour retenir le diagnostique d’artérite au cannabis [2].
L’évaluation angiographique met en évidence des anomalies artérielles distales, le plus souvent bilatérales, se présentant sous la forme de sténoses segmentaires, lisses et effilées. Il semble que la collatéralité soit plus développée que dans l’artérite de Buerger [2].
Le pronostic de l’artériopathie semble être péjoratif lorsqu’un sevrage thérapeutique est absent ou en échec. Pour certains malades, le recours à l’amputation est nécessaire. L’évolution de l’artérite semble être rythmée par l’usage de cannabis [1] alors que toute intoxication tabagique est interrompue [2]. Deux cas rapportés évoquent d’ailleurs des rechutes sur le plan vasculaire chez des patients qui continuaient à consommer du cannabis [9].
Le traitement comprend essentiellement le sevrage du tabac et du cannabis. Les mesures sont par ailleurs symptomatiques et comprennent l’utilisation de prostaglandine vasodilatatrice, des anticoagulants à la phase aiguë, des anti-aggrégants plaquettaires. Peuvent être également réalisés : sympatholyse, pontage et thrombolyse in situ. Le recours à la revascularisation chirurgicale est le plus souvent rendu impossible par l’absence de lit d’aval [2]
Malheureusement, le recours à l’amputation est encore trop souvent nécessaire : deux cas dans notre série.
Conclusion
Une artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune doit faire rechercher une intoxication chronique au cannabis. Cette drogue réputée « douce », peut entraîner des manifestations vasculaires de pronostic fonctionnel péjoratif.
P.-S.
Je vous le dis tout de suite : je n’y crois pas un instant ! Ce qui suit est très probablement de l’intox pure et dure ! Cependant, je ne suis pas médecin et la pathologie décrite reste dans le domaine du possible théorique qui demande enquête et vérifications.
Ma logique est simple : le nombre de fumeurs réguliers à chroniques de cannabis, ici incriminés, est estimé à quelques millions (admettons 3.5 millions mais le chiffre est plus probablement proche de 5). C’est peu en rapport de la population entière.
Toutefois, si l’on ne considère que la seule population de fumeur de tabac, ceux qui fument aussi du cannabis (les deux donc) sont beaucoup plus présents. Au moins le tiers, je dirai !
Dans le tas, il y a fatalement des personnes pouvant développer ce problème qui fument aussi du cannabis. Donc fatalement, les quelques cas repérés d’Artérites pourraient tout aussi bien être dus au seul tabac (personnes plus sensibles que la moyenne) ou aussi bien, à des produits d’adultérations du cannabis qui ne sont pas ici pris en compte (voit aussi des engrais ou insecticides).
Le cannabis a bon dos, voyez et c’est un devoir national d’avoir à le salir. Comment des médecins peuvent-ils affirmer une théorie si grave, sur la seule base de quelques cas annuels qui, si (hypothèse) le cannabis s’avérait vraiment être causeur du problème, s’avèrerait ultra-marginal en rapports aux 13.5 millions de consommateurs de cannabis reconnus (de chroniques à très rarement) qui n’en sont pas atteints.
D’autre part, nous le verrons plus loin dans des liens fournis, il existe de nombreuse causes générant chacune leur forme particulière d’artérite, donc plusieurs catégories de pathologies liées à une forme d’artérite ou de vascularites : voir cette courte définition de Wikipédia
Parmi ces causes, des raisons alimentaires qu’on peut difficilement incomber aux jeunes patients victimes cités dans l’article. En revanche, il en existe d’autres qui ne sont pas à négliger comme piste d’explication : par exemple les vaccins impliqués dans des vascularites qui sont aux vaisseaux sanguins, ce que l’artérite est aux artères.
Ou la piste de substances toxiques rajoutées au cannabis très fortement adultérés pour en augmenter le poids, améliorer le goût ou donner un meilleur aspect.
Il y a aussi la possibilité d’interactions médicamenteuses ou chimiques, ou microbiennes ou virales ! Il nous faut le tester pour le vérifier !
Enfin, il reste toutefois le cas spécifique d’une forme d’allergie, ou le système immunitaire se retournerait contre les cellules du corps hôte avec comme cibles spécifiques, celles qui assurent la construction des veines et artères. Je me risque dans les théories pour vous faire comprendre que la cause de ces quelques cas d’artérites « mystérieuse » chez les jeunes et moins jeunes sont loin d’être définies.
Comprenez que nous faisons face ici, à une sorte de petit mystère. A défaut d’études et expérimentations pour le résoudre, on ne peut accuser rien ni personne d’en être la cause. Si seulement le médecin qui rapporte cet article avait parlé de suspicion forte par recoupement de faits. Mais non, ici il est question d’accusations fermes et d’une volonté dirigée d’accusation du cannabis pour lui nuire politiquement ! Relisez bien l’article : " ... Ces nouvelles observations s’ajoutent aux précédentes et confirment s’il en était besoin, la toxicité de l’usage répété du cannabis chez des sujets jeunes ... C’est en tout début de texte : Extralucide ce toubib !
Ce rapporteur estime que nombre d’études sur la toxicité du cannabis sont valables : je le déments ! La plupart des grandes théories prohibitionnistes du passé se sont avérés exagérées pour le moins, fausses pour le plus. C’est faire fi de cela que de déclarer systématiquement le cannabis coupable de tous nos maux !
Maintenant, en dépit que je trouve pas mal d’imperfections dans leur façon d’interpréter les choses, force est de constater que ces sont des médecins qui tirent la sonnette d’alarme, donc, qu’une étude s’avère maintenant nécessaire pour établir si leurs préoccupations sont fondées.
Pour rappel : pendant longtemps on pensait que le cannabis faisait effondrer le système immunitaire avec le même genre de raisonnement immodéré et non fondé. Et aujourd’hui, on sait que non seulement, ce n’est pas le cas, mais c’est même l’inverse (des cannabinoïdes dopent le système immunitaire). Idem au sujet du cancer ! On croyait aussi à la théorie d’escalade et que le cannabis était la cause de la Schizophrénie ! Alors désolé, mais les petits "délires" cannabinophobiques, (cela fait plus de 44 ans qu’on les subit) on n’y croit plus sans preuves apportés par des études et de la recherche … des études « bétons », pas des recoupements de quelques cas fatalement non probants !
Info complémentaires :
L’article fait usage d’un jargon médical difficile à comprendre pour le profane. Voici un article vulgarisé qui éclairera mieux vos lanternes au sujet de l’artérite.
Les vascularites peuvent être parfois la résultante d’un problème similaire aux artérites, soit qu’une artérite en soi la cause en amont, soit une localisation du même problème causal aux seuls vaisseaux sanguins. Bien que les deux pathologies adviennent dans une vascularite, les inflammations des veines (phlébites) ou celles des artères (artérites) restent - en tant que telles - des entités pathologiques distinctes pour la médecine.
En conclusion :
Pour faire plus court et simple en prenant une image : il y a 50 ans, peu de personnes fumaient du cannabis en France. Le diabète existait déjà. Mais aujourd’hui que beaucoup de personnes s’adonnent à la fumette, on trouve fatalement des diabétiques qui sont positifs au canna. Pourquoi alors ne pas accuser le cannabis d’être la cause du diabète ou de l’amplifier, le favoriser ? Eh bien, c’est un peu ce principe pas très honnête pour être poli, qui est utilisé dans cette accusation d’artérite cannabique !
Il existe beaucoup plus de cas d’artérites sans cannabis, avec des causes variées, mais dont le seul tabac est un grand pourvoyeur de ces pathologies et ceci est ici passé en partie sous silence. Je ne peux pas être formel car il reste l’hypothèse que ces médecins aient raison, et contrairement à eux, je précise que je ne peux pas prouver mes dires sans études et expérimentations pour le certifier ! Enfin : le nombre de cas est très largement insuffisant pour que l’on parle ici de recoupements de faits !
Par souci d’honnêteté, il est reconnu qu’une forte consommation accidentelle d’ergot de seigle (une sorte de LSD naturel) peut provoquer des formes graves d’artérites avec nécroses (gangrènes) des membres d’extrémités corporelles (doigts, nez, oreilles). Dans ce cas, pourquoi pas avec le cannabis qui est un psychotrope avec une ressemblance chimique ? Mais il va falloir le prouver, pas l’affirmer sans preuve !
En attendant, le développement de plus larges connaissances sur la question, les médecins rencontrant ces cas rares et impressionnants d’artérites mystérieuses (et non pas cannabiques), doivent se plier aux recommandations de leurs confrères responsables de cet article : « Une artériopathie inhabituelle chez le sujet jeune doit faire rechercher une intoxication chronique au cannabis ». Un sevrage et cannabique et, tabagique, semble alors indiqués et, de toute façon, cela ne peut pas faire de mal quand on développe de telles maladies ! Mais je ne suis pas médecin : juste quelqu’un d’opprimé qui commence en avoir ras-le-bol de toutes ces conneries, ces mensonges et cette hypocrisie !
En fait, la prohibition est si mise à mal dans ses théories, qu’on lui suppose aujourd’hui de vouloir à tout prix trouver de nouvelles accusations à reprocher au cannabis ! Quitte à mentir, ce qui n’est pas nouveau ! Il ne serait alors question que de s’attirer le soutien du public pour assurer la continuité de la dite prohibition qui, plus que jamais, ne s’appuie donc que sur la question d’élections et non pas sur des argumentations d’ordres de santé publique ! Ne nous en voulez donc pas d’être méfiants !
JLB