L’addictologie bénéficie désormais d’un diplôme ... enfin, presque !

Comment faire pour devenir addictologue ? On sait que pour faire médecin, il faut une solide et longue formation universitaire et pour une spécialisation, une bonne dizaine d’années au minima. En revanche, pour être addictologue, entre 10 et 20 heures suffisent. Vous payez le stage, recevez un CD et abracadabra : "vous êtes addictologue" ! Pour autant, nous ne doutons pas du sérieux de cette formation : fichtre, l’Institut Pasteur est une institution universellement reconnue tant pour son sérieux que pour son haut niveau scientifique et médical. Là n’est pas le problème : la France lui demande des stages, l’entreprise fournit ces stages et ils sont certainement de très bonne qualité. Mais franchement, le problème des addictions est si complexe et varié que nous doutons de la capacité individuelle à pouvoir traiter efficacement des cas d’addictions avec si peu de formation ! En fait, comprenez que nous vous présentons ici une instrumentalisation politique qui va dans le sens de la guerre aux drogues : celle-ci va désormais s’étendre au monde du travail et des écoles et on va demander aux patrons, DRH d’entreprises, surveillant général des collèges et lycée, ... de jouer un rôle à la fois de flics, de médecins et de juges ! Et la clef pour rendre ceci possible et légal la manœuvre est ce genre de formation !


Date de parution inconnue

Par Jean-Louis BOUVAREL, Cassecouillologue émérite

Voici trois fiches provenant de l’institut Pasteur que j’ai découvert sur le Web :


Le cannabis chez les jeunes : quelles approches ?

Dates : 16-17 novembre 2015

Durée : 2 jours (12 h)

Lieu : Lille (59)

Adaptable en INTRA

Prix : 440 € HT

Code : CAJ

Public : toute personne amenée à accompagner des fumeurs vers l’arrêt du cannabis : psychologue, travailleur social, kinésithérapeute, éducateur, enseignant, assistante sociale, médecin, infirmier, diététicien, personnel des centres d’examens de santé, sage-femme, les équipes « santé-travail »


En entretien individuel : Comment aider le fumeur à comprendre et arrêter sa consommation

Dates : 23-24-25 mars 2015 ou 08-09-10 juin 2015

Durée : 3 jours (18 h)

Lieu : Lille (59)

Adaptable en INTRA

Prix : 650 € HT

Code : EICAF

Public : toute personne amenée à accompagner des fumeurs vers l’arrêt des produits tabac et/ou cannabis : psychologue, travailleur social, kinésithérapeute, éducateur, enseignant, assistante sociale, médecin, infirmier, diététicien, personnel des centres d’examens de santé, sage-femme, les équipes « santé-travail ».


Tabac et cannabis : Approches collectives et individuelles pour mieux agir en entreprise

Dates : à définir ensemble

Durée : 3 jours (18 h)

Lieu : Lille (59)

Adaptable en INTRA

Prix : nous consulter

Code : TCACI

Public : toute personne amenée à accompagner des fumeurs vers l’arrêt des produits tabac et/ou cannabis ou à mettre en place un projet en entreprise : les équipes santé-travail, médecins, infirmier(es) , tout personnel motivé encadrant les équipes au travail, les directions ...


Bref, la France investit dans moyens d’extension de la guerre à la drogue au sein mêmes des entreprises et des lieux scolaires. Ce qu’elle avait annoncé, par ailleurs dans son Plan de Lutte contre les addictions, valable jusqu’à la fin du mandat présidentiel en cours (Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2013-2017).

Bref, le présent article est public, tous peuvent le consulter librement ! Mais il intéressera particulièrement les activistes cannabiques mais aussi ceux de la "Troisième voie".

Attention : pour les spécialistes actuels en addictions, c’est une variante du coup du "plombier polonais" qu’on vous fait ici : un chauffeur routier peut devenir addictologue en titre si son employeur lui paye la formation et l’hôtel ! Qu’il soit compétent ou non, "on s’en fout", il en aura le titre et la fonction au sein de l’entreprise qui l’emploie ! Une fonction entre "balance" et "Kapo" en cas de dérive. Perso, je suis contre qu’on piétine mes libertés et ma vie privée au travail, mais si cela doit se faire, je préférerai avoir à faire à de vrais spécialistes médicaux. Et Vous ?

JLB