L’ONU inquiet d’une libéralisation du cannabis en Suisse
2001/02/20 - AFP
Dans son rapport annuel présenté mardi à Vienne, l’OICS se déclare "préoccupé par le fait que la culture et la vente de cannabis sont en fait devenues en Suisse un secteur d’activité non négligeable relevant de la ’zone grise’". "La libéralisation encore plus poussée qui est envisagée -par exemple la dépénalisation générale de la culture et du commerce du cannabis actuellement à l’étude- serait non seulement contraire aux dispositions de la Convention de 1961, mais également de nature à aggraver le problème au lieu de le résoudre", a mis en garde l’OICS.
La loi sur les drogues en Suisse est en cours de révision. Le gouvernement doit d’ici le printemps publier un projet de loi qui devra être soumis aux assemblées parlementaires, avant d’être éventuellement soumis à référendum. Selon une première consultation effectuée en 1999, les Suisses seraient favorables à une libéralisation complète de la consommation de cannabis à des fins personnelles.
Actuellement, la consommation du cannabis est interdite. Les fumeurs ne risquent cependant qu’une amende de 100 FS (61 USD). En revanche, la culture et la consommation de chanvre pour des fins personnelles sont permises, pour autant que le taux de THC, la substance active, ne soit pas supérieur à 0,3%. En Suisse, environ 600.000 personnes, sur une population de 7 millions, ont touché à la drogue. L’OICS a indiqué redouter "les conséquences que la politique suisse relative au cannabis pourrait avoir à long terme et le danger que pourraient représenter un important trafic de produits à base de cannabis en provenance de Suisse ainsi que le tourisme lié à la drogue".