L’Argus et un médecin de l’association Prévention routière, confirment notre jugement au sujet des tests d’autodépistages du cannabis : c’est bidon !

Dans notre article "La prohibition et les tests anti-drogues : le nouveau complot de la prohibition !", nous vous avions fait part (entre autres remarques) de notre scepticisme quand à l’argumentation qui en justifiait la vente : quelqu’un qui a fumé un joint sait qu’il sera positif au test pendant plusieurs jours, on ne voit pas pourquoi il irait dépenser de l’argent et du temps pour le vérifier ! Cela fait toujours plaisir d’être confirmés par des pros ! Mais on apprend aussi que la fiabilité de ces tests pratiqués hors cadre médical sont sujets à cautions et qu’ils pourraient être aussi illégaux (sous réserve de confirmation par les autorités compétentes assez muettes à ce jour sur la question) !


Par Arnaud Murati, le lundi 10 février 2014

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Une société montpelliéraine s’apprête à distribuer des tests cannabis à destination des fumeurs occasionnels. L’objectif serait de les dissuader de prendre le volant, en théorie.

Le délit de conduite sous l’emprise de stupéfiants entraine un retrait de 6 points sur le permis de conduire.

Test cannabis : efficacité à prouver pour le ’Cannabis verdict’.

Les personnes surprises en flagrant délit de conduite sous l’emprise de cannabis sont en augmentation. Une société a donc décidé de surfer sur cette vague, et compte proposer des kits d’auto-dépistage en vente libre.

Baptisé « Cannabis verdict », ce test permettrait au fumeur occasionnel de vérifier qu’il est apte à reprendre le volant. Il s’agit d’un test urinaire.

Pour Marc Elie, à l’origine de cette initiative, il est important de bien cibler le canal de vente. « La nouveauté, c’est que le test sera distribué auprès des buralistes. C’est là que vont les fumeurs, pas en pharmacie  » explique-t-il.

Le Montpelliérain indique avoir identifié environ 3 000 bureaux de tabac qui devraient être les premiers à distribuer le « Cannabis verdict ». Ceux-ci ont été choisis car ils demeurent ceux qui vendent le plus de feuilles à rouler...

Marc Elie semble convaincu des effets positifs de la vente de son test à 3,5 €. «  La peur de la sanction, c’est ce qui marche le mieux en matière de prévention  » pense-t-il, avant de rappeler que le délit de conduite sous l’emprise de stupéfiants entraine un retrait de 6 points sur le permis de conduire. Soit un retrait de permis pour les jeunes encore sous le régime du permis probatoire.

Médecin sceptique

A défaut d’avoir remué les pouvoirs publics, cette annonce a en revanche passablement agacé Charles Mercier-Guyon, médecin et secrétaire médical de l’association Prévention routière.

«  C’est totalement bidon  » s’exclame t-il « les tests cannabis, cela doit se dérouler avec un médecin. Je suis très défavorable auTest cannabis : efficacité à prouver pour le "Cannabis verdict" fait que cela puisse se faire hors de tout milieu médicalisé ».

Selon le docteur, expert sur les questions d’addiction, les consommateurs de cannabis savent pertinemment qu’ils sont positifs (en permanence, car le cannabis reste bien plus longtemps dans les urines que l’alcool) et ne prendront pas la peine de se tester...

Pouvoirs publics mutiques

Mais la question majeure demeure la légalité d’un tel procédé. Marc Elie se dit sûr de son fait, mais ni le ministère de l’Intérieur, ni la direction générale de la santé n’ont été capables de répondre aux questions de L’argus.

Dommage lorsque l’on sait que 29 500 conducteurs ont été sanctionnés pour conduite sous l’emprise de stupéfiants en 2012 (+16%).