L’Appel du 18 joint a 30 ans : Signez la nouvelle version !
Le fameux appel du 18 joint n’a pas été entendu. Le cannabis est toujours illégal, la police chasse la boulette et la justice embastille les shiteux, les usagers sont poussés à la marginalité, le shitstème détourne des milliards vers l’économie parallèle et bouleverse l’équilibre socio-économique des quartiers. Trente ans pour rien ? Ce problème de société majeur mérite mieux qu’un pseudo-débat écrasé par la propagande hygiéniste, la démagogie populiste et des peurs irrationnelles. Cet anniversaire, que nous ne voulions jamais fêter, doit pourtant mobiliser tous les partisans d’une réforme de la politique des drogues pour une réglementation, une prévention et une réduction des risques enfin pragmatique et efficace. Le CIRC relance le débat et propose de signer un nouvel appel, Chanvre-Info soutient pleinement l’initiative, je l’espère populaire. A signer d’urgence et faire tourner au maximum.
Laurent Appel
Coucou,
Parce que c’est le trentième anniversaire de l’Appel du 18 joint, parce que nous ne voulons pas de la politique de tolérance zéro pour les drogues, parce que d’importantes échéances électorales approchent, le CIRC a décidé non seulement d’organiser, dans la semaine précédant le 18 juin " les Etats généraux du cannabis ", mais aussi de lancer un texte-pétition dont la première et dernière phrase est extraite de l’Appel originel.
Concernant l’Appel, nous essayons de récolter comme en 1976 des signatures de personnalités. Nous espérons obtenir la signatures de politiques, de responsables d’associations, mais aussi d’artistes et d’intellectuels. Halte à l’hypocrisie !
Ses signatures (c’est loin d’être acquis), nous les publierons (si nous en recueillons assez) le premier avril (la bonne blague) et lancerons dans l’élan une initiative populaire comme on dit en Suisse...
Si tu penses que cette initiative est la bonne pour qu’enfin s’ouvre le débat, ajoute d’ors et déjà ton nom à la liste des signataires. Si tu te sens motivé, tu envoies le PDF de l’Appel à tes amis en leur demandant de " faire tourner " et de prendre cette action au sérieux en nous renvoyant l’Appel. Si vraiment tu veux que ça change, tu " milites " pour que des personnalités signent cette pétition.
Tu trouveras ci-dessous le texte de l’Appel de 2006... et pour mémoire le texte originel et ses signatures.
Cannabiquement
Jean-Pierre Galland
Appel du 18 joint 2006
Il commençait par : « Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple joint de cannabis (sous ses différentes formes : marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre ».
De quel texte s’agissait-il ? De « l’Appel du 18 joint » dont nous fêterons cette année le trentième anniversaire.
Depuis trente ans, le seul discours, c’est celui de la stigmatisation, la seule politique, c’est celle de la matraque. Plus d’un million de personnes interpellées, des millions d’années de peines de prison prononcées, des centaines de millions d’amendes requises, des centaines de milliers de personnes jetées en prison, une multitude de vies brisées pour quelques grammes de shit ou quelques pieds de beuh, des incompréhensions, des brouilles, des meurtres et des suicides... Tel est le triste bilan de trente ans de « guerre à la drogue ».
Depuis 1976, malgré quelques éclaircies, c’est le règne de la désinformation et de l’obscurantisme. Trente ans plus tard, nous subissons toujours un discours caricatural et alarmiste sur le cannabis et ses usagers... Un discours qui fait ricaner les ados et inquiète leurs parents. Pourtant, depuis 1976, la plupart des rapports officiels soulignent la faible dangerosité du cannabis. Depuis 1976, des chercheurs, des médecins, et surtout des patients, ont découvert les vertus thérapeutiques de cette plante. La prohibition a dynamisé le trafic, multiplié le nombre de consommateurs, enrichi les mafias. Pompier pyromane, elle a atteint le contraire de l’objectif qu’elle s’était fixé. Par ailleurs, toutes les enquêtes le démontrent, la répression n’influe pas sur la consommation.
Les dernières propositions du gouvernement actuel de punir le simple usage d’une amende de cinquième catégorie (1 500 euros), assorti pour les récidivistes de peines complémentaires comme la saisie du portable ou du scooter, s’apparentent à un racket. Elles sont non seulement fantaisistes, mais inacceptables. Comme en 1976, nous sommes « des milliers et des milliers de personnes » à apprécier les effets du cannabis. Nous sommes aussi de plus en plus nombreux à en cultiver pour notre usage personnel et celui de nos amis.
En 2006 tout comme en 1976, le CIRC invite celles et ceux qui en ont assez d’être considéré comme des hors-la-loi, marre de subir des discours grotesques et démagos, ras-le-bol d’être les complices indirects de trafiquants sans scrupule, à « déclarer publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l’intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l’arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes ».
Comme en 1976, nous tenons évidemment à préciser que « ce texte n’est pas un appel à la consommation, il vise seulement à mettre fin à une situation absurde. »
L’ Appel du 18 joint
Texte publié dans Libération, le 18 juin 1976
« Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple "joint" de cannabis (sous ses différentes formes : marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.
Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n’engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites "dures", telles que l’héroïne, mais aussi au tabac ou à l’alcool, et n’a aucun effet nocif comparable ("Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs", a écrit aux Etats-Unis le directeur de l’Institut national contre l’abus des drogues). Le contenu de ces documents n’a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d’intoxication fondées sur des mensonges ineptes.
Dans de nombreux pays déjà : Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada... la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie. En France, on continue d’entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde : depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n’importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l’héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.
Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd’hui en France, dans les journaux, leslycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C’est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l’intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l’arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient prises les mesures suivantes :
Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.
Ouverture de centres d’information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique : alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.
Nous n’avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s’en emparent, c’est une question de société. Ce texte n’est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde. »
Signataires :
Abrahams Jean-Jacques, Annabel, Areski, Dr Atlan H., Alessandrini Paul, Alessandrini Marjorie, Arietta Adolfo, Anquetil Gilles, Backman René, Bourgeade Pierre, Béranger François, Berger Claude, Bizot Jean-François, Baratier Jacques, Bastide Jean-Pierre, Bouteille Romain, Bardet Vincent, Bodevent Jean-Louis, Barouh Pierre, Bost Jacques-Laurent, Bok Philippe (médecin), Colombel Jeannette, Coste Patricia, Chesneaux Jean, Copi, Clémenti Pierre, Castagnet Paul, Copferman Emile, Carpentier Jean (médecin), Cahiers du cinéma, Calvet Louis-Jean, Cullaz Maurice, Deleuze Gilles, Duits Charles, Dollé Jean-Paul, Dupré Jean-Louis, Dubois Bernard, Davezies René, Devy Michel, Dachy Marc, Dautin Yvon, Delessert Philippe, Dosse Roger, Druillet Philippe, Dietlin Eric, Dubenton Anne, Erlinguer Serge (médecin), Fromanger Gérard, Font Patrick, Ferré René, de Fréminville Bernard (médecin), Fluence, Fourastié Philippe, Glucksmann André, Grasset Jean-Baptiste, Geismar Alain, Guattari Félix, Gotlib, Gébé, Gir Múbius, Haines Jim, Held Jean-Francis, Houdart Blandine, Huppert Isabelle, Isserman Dominique, Ithurriaque Jean (médecin), Jaubert Alain, Jacquot Benoît, Kalfon Jean-Pierre, Kouchner Bernard (médecin), Karsenty Serge, Kan Alain, Levy-Leblond Jean-Marc, Levy-Leblond Elisabeth (médecin), Le Forestier Maxime, Landau Maria (médecin), Letté Jean-Paul, Lyotard Jean-François, Lauten Elodie, Lacroix Hugo, Levaillant Yvon, Lagrange Valérie, Laperrousaz Jérôme, Lafont Bernadette, Leclerc Henri (avocat), Mandryka, Mallerin Daniel, Marc’O, Matricon, Mercadet Léon, Matzis Costas, Meunier Jean-Louis, Magny Colette, Muchnik Nicole, Morello Dominique, Maulineux Maud, Mercanton Isabelle, Morin Edgar, Manceaux Michèle, Mémmi Michael, Merleau-Ponty (avocate), Negroni François, Najman C., Nicoulaud Gilles, Oswald P.-J., Oswald Hélène, Ogier Bulle, Orla, Pinhas Richard, Pleyney Marcellin, Pradalié Philippe, Pasquet Sylvaine, Rauch Alain, Revault d’Allonnes, Reed Will, Renault Philippe, Rouzaud Jean, Ribbes Jean-Paul, Rochefort Christiane, Roche Denis, Raguenès Jean, Righini Marielle, Rosso Serge-Bruno, Richard Jean-Vincent, Sollers Philippe, Saint-James Daniel, Sarduy Severo, Sery Patrick, Samuel Laurent, Savary Jérôme, Simmonet Dominique, Szejer Myriam (médecin), Tavernier B., Timsit (avocat), Topor, Tobias, Thérame Victoria, Verlhomme Hugo, Vannoni Patrice, Varela José, Van Eersel Patrice, Vasca Jean, Verdier Joan Pau, Val Philippe, Yelnik Jean-Benoît, Zouzou, France Léa, Sami Ayari, Châtelet François.
PDF de l’appel 06 à faire tourner
PDF de l’appel 76
P.-S.

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