L’Algérie submergée par une vague de résine marocaine !

A Chanvre Info, vous avez découvert un topo sur le PAM et la volonté de légaliser le cannabis au Maroc. Quand est-il de la réalité de la situation chez son pays voisin, l’Algérie.

Article du 21 décembre 2013, par Massissila Chafai.

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Plus d’un million de psychotropes et 186 tonnes de cannabis saisis en 2013 en Algérie

La consommation de drogue continue de faire des ravages en Algérie. Plus d’un million de comprimés psychotropes ont été saisis durant les onze premiers mois de 2013, en hausse de 16,95 % par rapport à la même période de 2012, selon les chiffres de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), dévoilés ce samedi 21 décembre.

« Au total, 1.061.557 comprimés de substances psychotropes de différentes marques ont été saisis durant les onze premiers mois de l’année 2013, contre 907.725 comprimés saisis durant la même période de l’année 2012, soit une augmentation de 16,95 % des quantités saisies », a indiqué le directeur général de l’ONLDT, Mohamed Zouggar, dans un entretien accordé à l’APS.

« Les substances psychotropes saisies dénotent que les trafiquants de drogues font transiter ces substances par les frontières sud du pays, particulièrement des pays du Sahel à destination des pays de l’Europe », a-t-il expliqué.

M. Zeggour a indiqué, en outre, que le transit de cette drogue par l’Algérie, a un "impact" sur la consommation locale. « Ce bilan a révélé la saisie de plus de 327.000 comprimés (substances psychotropes) à Adrar et plus de 163.000 comprimés à Tamanrasset, durant les onze premiers mois de l’année en cours », a-t-il souligné.

Photo produite par l’article

Plus de 186 tonnes de résine de cannabis ont été saisies les onze premiers mois de l’année 2013, contre plus de 130 tonnes durant la même période de l’année 2012, soit une augmentation de 42,43% des quantités saisies, selon la même source. Enfin, 17.816 individus ont été interpellés, à la même période, par les services de lutte, dont 87 étrangers.

P.-S.

La position actuelle de l’Algérie, en matière de cannabis, est de se calquer systématiquement sur celle de la France. Il n’est donc pas étonnant d’y retrouver certaines ressemblances dans la façon dont les médias structurent leurs textes, dans les sigles des organisations de luttes antidrogues, dans la violence de la répression et au niveau de l’idéologie rabâchée par les autorités officielles.

Le problème est double si l’on considère qu’il existe un passif conflictuel entre les deux pays, problème jamais résolu qui couve en se nourrissant d’orgueil national et de revendications incessantes sur vastes zones de territoires frontaliers.

L’Algérie accuse le Maroc, en parallèle, de financer l’extrémisme islamique et de provoquer ainsi une déstabilisation de l’ensemble des pays de la zone sud du Maghreb. Avec un tel argument, elle cherche à acquérir une légitimité internationale et aurait, pour conséquences, de déclencher le soutient, politique et financier, militaire s’il est possible, de la communauté internationale.

L’Algérie enfonce donc le clou au niveau de la production de drogue et reproche aussi au roi du Maroc, certaines cruautés et manquements à la démocratie. L’acharnement répressif actuel témoigne donc aussi que le problème du trafic est en nette hausse et qu’il faut donc réagir. Il se pourrait toutefois, qu’il n’y ait pas plus de trafic que l’année précédente, juste une répression plus active et systématique. Une manipulation des chiffres donc !

Ce que à quoi, le royaume chérifien rétorque par le mépris officiel : il dépeint l’Algérie comme une horrible dictature et explique qu’il n’a donc pas de leçons de démocratie à recevoir d’une telle nation.

La tension entre les deux ex-belligérants est donc à son comble. On prend note du renvoi de l’ambassadeur marocain par Alger, même s’il semble être revenu depuis. Le nombre des incidents frontaliers ne cesse d’augmenter et l’Algérie se retourne vers l’autre grand opposant au Maroc : le Polisario. Celui-ci, monte à son tour au créneau en traitant son adversaire de tous les noms d’oiseaux et en dénonçant sa production de "drogue" !

Des pays comme la France entretiennent ce feu en y versant régulièrement de l’huile, en sus de ses soutiens officiels et informels. La France veut empêcher le Maroc de légaliser son cannabis, mais ne peut le faire directement en raison des relations développées avec lui. Elle est donc tentée d’intervenir indirectement, comme elle le fait actuellement en Syrie. Les risques de dérapage de cette situation sont donc très réels.

Une guerre contre le Maroc serait donc la punition imposée à cette nation pour avoir osé braver les foudres de l’ONU. Peut-être que ce pays devrait attendre un peu, qu’il y ait plus de nations qui légalisent à leur tour, avant de se lancer dans l’aventure. Et de réclamer entretemps une annulation de la Convention Unique sur les stupéfiants de 1961 et la tenue d’une nouvelle. Car il apparait de plus en plus, que celle-ci, impose un dictat aux nations signataires, qui fait qu’elles ne sont plus libres de réagir à certains problèmes comme elles l’entendent, même si la lutte engagée va à l’encontre de leurs propres intérêts. Le volet de cette convention souligne le problème de la perte de souveraineté des nations, au profit d’une entité supranationale dont il apparait clairement, après étude des textes de la convention, qu’elle est plus privée que gouvernementale.

Et de constater que la guerre aux drogues, mène à des guerres bien réelles et militaires en sus de déclencher aussi des conflits civils. Faut-il rappeler les 10 000 morts annuels du Mexique ?

JLB

Doc :

CONVENTION UNIQUE SUR LES STUPÉFIANTS DE 1961 / telle que modifiée par le Protocole de 1972 portant amendement de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961 : http://secoursvert.free.fr/Conventi...

Une étude sur la prohibition, Parlement du Canada : http://www.parl.gc.ca/content/sen/c...