Héroïne et cannabis reviennent en force

« En vingt-neuf ans de carrière, jamais mes services n’avaient réalisé autant de saisies de drogue ! » La phrase est signée Alain Martinez, directeur départemental de la sécurité publique. Elle résume à elle seule l’explosion des infractions sur les stupéfiants (+ 30,26 %) constatées en 2008 dans le département.

David Livois 20.01.2009

Avec 2 088 faits constatés, la tendance est valable aussi bien en zone urbaine qu’en secteur rural. Mais la statistique, bien qu’inquiétante, révèle également le très gros effort fourni par les forces de l’ordre afin d’enrayer les trafics.

Dans les trois agglomérations, Beauvais, Creil, Compiègne, les affaires de stupéfiants recensées grimpent de 32,52 % entre 2007 et 2008. Tendance inquiétante, les drogues dites « dures », et notamment l’héroïne, semblent gagner du terrain. « L’héroïne revient en force, confirme Alain Martinez. C’est le constat que l’on fait sur ces derniers mois. Rien que sur l’année écoulée, 13 kg ont été saisis en zone de police. » Dont 9 kg découverts en une seule prise le 23 septembre dernier, dans un logement désaffecté du quartier Saint-Jean, à Beauvais.

« Sans être une plaque tournante, Beauvais est très concerné »

En matière de « stups », la ville-préfecture fait office de mauvais élève. « Sans être une plaque tournante, Beauvais est effectivement très concerné, poursuit Alain Martinez. Creil l’est aussi, mais à un degré moindre, alors que Compiègne semble relativement épargné… »

En zone gendarmerie où le cannabis reste la substance reine, le nombre d’affaires de stupéfiants connaît également une hausse spectaculaire (+ 26 %). « Si l’héroïne arrive par kilos, la résine de cannabis, elle, débarque par centaines de kilos, relève le colonel Michel Pidoux, patron des gendarmes de l’Oise. On sait que la marchandise provient du Maroc et qu’elle est acheminée jusqu’ici par go-fast (NDLR : la drogue est remontée à tombeau ouvert par de puissantes voitures depuis le sud de l’Espagne) . Nous démantelons des réseaux, mais cette délinquance est glissante. Quand on prive ces gens-là de certaines sources d’argent, ils cherchent d’autres moyens de revenus plus directs. »

Groupement d’intervention régional (GIR), gendarmes mobiles, brigades cynophiles… Jamais l’Oise n’aura consacré autant de moyens à la lutte contre les stupéfiants. Le 18 novembre, le célèbre GIGN est même intervenu à Beauvais pour interpeller un « trafiquant réputé dangereux. » Symbole de cette lutte accrue contre les trafiquants : la découverte de 580 kg de résine de cannabis, le 29 avril à Ravenel, et l’arrestation en septembre de Mohamed Benabdelak, « cerveau présumé » du trafic, évadé puis repris au Maroc.