Grosse saisie de cannabis broyard
PLANTATIONS - La police vaudoise a saisi et détruit plus de 8500 plants. Un producteur en prison.
Belle récolte pour la police de Sûreté vaudoise. Elle a saisi en juillet la production de deux cultivateurs de chanvre de la Broye : 120 plants de chanvre, 686 plantes-mères et 7700 boutures au total. Le tout a été détruit avec l’accord des personnes concernées, communique la police. Il y en avait pour plus de 100 000 francs.
Domicilié dans la région d’Avenches, le premier producteur n’est pas un débutant. Ce Suisse de 28 ans a déjà été dénoncé par deux fois, en 2001 et 2002, pour des délits liés au chanvre. Depuis sept jours, il dort en prison. C’est que ce récidiviste avait un joli stock : la police a trouvé chez lui quelque 8200 plants de cannabis, pour une valeur marchande de 96 000 francs.
"Il s’agit d’un trafic d’une certaine importance", commente Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale. Les cultures étaient disséminées sur de petites parcelles, dans des champs, dans un potager ou encore sous serre. Le producteur tient un magasin de chanvre dans le Gros-de-Vaud. Son commerce a été perquisitionné, tout comme un dépôt dans la région lausannoise, mais pas fermé.
à coté de la grand-route !
Le second producteur, qui vit dans un village de la région de Moudon, est de moindre envergure. Ce jeune Français de 19 ans cultivait son herbe qui fait rire dans son jardin, au bord de la route cantonale Lausanne- Berne ! De quoi éveiller les soupçons des pandores locaux. En plus des 250 plants prospérant dans le jardin, ils ont trouvé une vingtaine de plants, 5 sacs et 13 cartons contenant des feuilles séchées ainsi que d’autres dérivés du cannabis. Le jeune homme a déclaré cultiver ce chanvre pour sa consommation personnelle et faire commerce d’une partie de cette marijuana, communique la police. Un petit commerce qui lui rapportait quelque 1000 fr. par mois. Il a été relaxé, et sa production détruite. Ces saisies sont les premières interventions policières liées au chanvre dans la région cette année, commente M. Sauterel. Les forces de l’ordre gardent également un oeil sur les cultures agricoles, en collaboration avec la police fribourgeoise. Pour l’instant, aucun paysan n’a été inquiété.
l’Amende ou la prison
Que risquent nos délinquants à la main verte ? Tout dépend de l’ampleur du trafic, de sa durée et d’une éventuelle récidive, répond Nicolas Crichet, substitut du juge d’instruction cantonal vaudois. La fourchette des peines se situe enre une amende (maximum 40 000 fr.) et la prison ferme (maximum 3 ans). De plus, la justice peut confisquer les bénéfices générés par le trafic, ou condamner le fautif à rembourser l’équivalent à l’Etat. Des mesures très efficaces, souligne M. Cruchet : "Quand on vise le porte-monnaie, ça fait réfléchir". AMo