Gary Johnson, s’est prononcé mardi, avec d’autres personnalités, en faveur de la légalisation sous conditions de la drogue
USA - Le gouverneur républicain du Nouveau Mexique (sud), Gary Johnson, s’est prononcé mardi, avec d’autres personnalités, en faveur de la légalisation sous conditions de la drogue, estimant que les efforts menés jusqu’ici contre ce fléau sont restés un échec total. "Contrôlons la drogue. Faisons des drogues une substance contrôlée au même titre que l’alcool", a résumé le gouverneur. "Un enfant vous dira aujourd’hui qu’il est plus difficile de se procurer une bière qu’un joint", a-t-il ajouté. (...) Pour le gouverneur, il existe une "véritable hypocrisie" américaine à effectuer une distinction entre la drogue d’un côté, l’alcool ou le tabac de l’autre, qui sont, selon lui, bien plus meurtriers. Gary Johnson s’exprimait lors d’un débat organisé par l’institut Cato, un centre d’analyses conservateur de Washington. Sous forme de boutade, le gouverneur a poursuivi : "laissons le gouvernement réguler (la drogue), la fabriquer, la distribuer, la commercialiser. Si cela ne conduit pas à la diminution de l’utilisation de la drogue, je ne sais pas ce qui le pourra !". Gary Johnson a proposé l’instauration de toute une série de lois qui auraient pour objectifs d’encadrer et contrôler le drogué, de façon à l’inciter à arrêter sa consommation. Le gouverneur et plusieurs autres intervenants ont estimé que "la guerre contre la drogue" menée par les Etats-Unis était un échec. Cette "guerre" engouffre des moyens financiers colossaux, toujours plus importants, et les autorités s’épuisent dans la chasse systématique mais légalement obligatoire de tout consommateur de drogues dans le pays, ont-ils fait valoir. Le budget fédéral de lutte contre la drogue est d’environ 18 milliards de dollars par an, contre 101 millions en 1972, selon Joseph McNamara, ancien responsable policier et chercheur à l’université Stanford (Californie). 700.000 personnes ont été interpellées pour consommation de marijuana en 1997, selon les dernières statistiques connues. David Klinger, professeur de criminologie et ancien officier de police à Los Angeles, préconise une légalisation ou une décriminalisation des drogues accompagnée d’une intense campagne d’explications sur les dangers de l’utilisation des narcotiques. Il compte sur la pression de l’entourage pour inciter le drogué à interrompre ses habitudes. Il propose aussi que le commerce de la drogue soit contrôlé par les autorités de l’Etat. "Toutes les drogues seraient produites par les Etats (ou sous leur licence) et vendues à des adultes dans des magasins d’Etat semblables à ceux qui vendent de l’alcool dans de nombreux Etats du pays".