France / passage de cannabis en prison : un an de prison supplémentaire pour le destinataire !
Parmi des dizaines d’affaires quotidiennes des effets de la répression, celle-ci a attiré mon attention. La dureté de la peine prononcée équilibre certainement la relative clémence dont semble avoir bénéficié la jeune fille, mais aussi et surtout, parce que ceci témoigne d’un cas de récidive ... en prison même !
Par MYRIAM ZENINI, Publié le 13/09/2014
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Elle fait passer du cannabis à son petit ami à la prison de Valenciennes : un an ferme pour lui
Le jeune homme qui comparaissait avec sa petite amie devait sortir de prison ce vendredi. Manque de chance, jeudi, il a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal correctionnel de Valenciennes, dans le cadre des comparutions immédiates. Parce qu’au terme d’une fouille, faite après un parloir avec sa petite amie, des stupéfiants ont été trouvés sur lui. Ce qui a valu à ladite fiancée de comparaître à ses côtés.
Retour à la case prison pour le détenu, pris avec des stupéfiants sur lui. PHOTO D’ILLUSTRATION VDNPQR
À la barre, le président Jean-Paul Marichal a vertement questionné la jeune fille, à peine âgée de 21 ans. Alors, oui, elle a reconnu, avec difficulté, être fumeuse. Tout comme le jeune homme de 23 ans, qui a expliqué : « Je fume parce que j’ai des problèmes ». Et notamment une mère malade. D’ailleurs, sa peine de prison finissante concernait déjà une affaire de stupéfiants.
Surtout, a-t-il indiqué, le colis n’était pas pour lui, mais constituait une dette de prison, envers un autre détenu. Pour ce délit, le ministère public a requis quatre mois de prison avec sursis pour la jeune fille, et un an d’emprisonnement pour le jeune homme. Une peine discutée par l’avocat de ce dernier, Me Ludovic Baron. Qui, au terme d’une longue plaidoirie, a demandé au tribunal du sursis pour son client. Et souligné au passage, l’évidence : à savoir que « depuis la nuit des temps, les hommes ont eu recours à ce type de produits » pour se sentir mieux, que ce soit de l’alcool ou de la drogue. La différence étant que « l’un est licite et l’autre pas ».
Me Hervé Delplanque a, de son côté, désigné ce couple, et à juste titre, comme « des enfants ». Tout en reconnaissant que la comparution avait « fait du bien à la jeune fille », lui avait fait comprendre la situation. Sa compagne est repartie libre, mais le jeune homme a été ramené à la case prison.