France : le député Ciotti fait une proposition qui replace la prohibition sur le devant de la scène.
Cet article fait partie d’une série d’articles de Chanvre Info sur la répression du cannabis dans les écoles françaises.
Vidéo : découvrons, à travers un extrait de l’émission de radio de RTL Midi, l’argumentaire d’Eric Ciotti. Son point de vue s’axe sur la dissuasion et l’action coercitive, comme complémentaire à celle répressive. Il assure que les résultats de tels tests resteraient dans la sphère médicale. Ce que personne ne dit ici, c’est qu’une fois cette disposition mise en place, en cas de durcissement de la répression, un simple décret suffirait pour que ces données puissent être consultée par voies judiciaires. Une proposition qui replace la prohibition sur le devant de la scène.
RTL Midi, le 20 janvier 2014
http://www.rtl.fr/video/emission/rt...
Consommation de cannabis : Éric Ciotti (UMP) veut mettre en place des tests au lycée
Éric Ciotti était l’Invité de RTL Midi, lundi 20 janvier. Le député UMP souhaite mettre en place des tests de consommation de cannabis dès le lycée. Une mesure qui se veut "dissuasive".
Un brèche dans le mur du consensus prohibtioniste ?
En réaction et interrogé sur le sujet, Vincent Peillon se dit opposé à un dépistage obligatoire : (un article du Sud Ouest) :
Publié le 21/01/2014 par SudOuest.fr avec l’AFP
http://www.sudouest.fr/2014/01/21/c...
Vincent Peillon en visite ce lundi un campus des métiers et des qualifications à Latresne © Photo Cottereau Fabien
Cannabis au lycée : Vincent Peillon opposé à un dépistage obligatoire
Vincent Peillon a estimé lundi qu’un contrôle annuel du cannabis chez les lycéens, proposé par un député UMP, ne suffirait pas face à ce qui est pour lui "un problème de santé publique" appelant une réponse "globale", même s’il s’est dit "pas radicalement opposé" au dépistage.
Le ministre de l’Education, en visite en Gironde, était interrogé par des journalistes sur une proposition de loi d’Eric Ciotti, également président du Conseil général des Alpes-maritimes, visant à combattre la consommation de ce produit par les adolescents.
Proposition de loi : rendre obligatoire le dépistage au lycée pour mieux lutter contre la drogue http://t.co/lJlSF8KBFZ #RMC #Bourdin — Eric Ciotti (@ECiotti) 20 Janvier 2014
Relevant que, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, la France est après la République tchèque le pays où la consommation de cannabis est la plus élevée chez les 15-16 ans, Eric Ciotti propose que les lycéens soient "obligatoirement soumis, périodiquement, et au moins une fois par an, à un examen médical de dépistage de produits stupéfiants".
"Si une fois par an suffisait à régler un problème d’addiction qui est très lourd en France, ce serait facile", a commenté Vincent Peillon à Lastresne, près de Bordeaux, où il visitait un "campus des métiers et des qualifications". "La question, vraiment, est la prévention de cette addiction-là, et des autres aussi. Pourquoi uniquement nous parler de cette consomation-là ? il y a beaucoup trop de consommation de cigarettes, d’alcool, il y a des diffucltés d’alimentation, il y a aussi des difficultés de prévention des grossesses précoces", a ajouté le ministre.
(A ce stade, l’article propose un lien sur la même vidéo de RTL Matin que précédement)
"On a une initiative pour la santé des jeunes à prendre, elle est globale", a estimé le ministre, qui a rappelé qu’il préparait pour 2014 avec la ministre de la Santé Marisol Touraine une initiative pour la santé des jeunes. "Dans cette initiative je suis ouvert à tout, je verrai avec la ministre de la Santé, les spécialistes de ces questions, comment nous pourrons progresser." "Je ne crois pas que c’est simplement un dépistage sur un sujet qui peut permettre de résoudre le problème, même si je n’ai pas non plus de point de vue radicalement opposé", a précisé Vincent Peillon. "Ce n’est pas la bonne façon d’entrer dans le sujet, il faut le prendre de façon beaucoup plus massive et complète".
"On a un travail considérable de prévention et d’accompagnement sur les questions d’addiction.", avait auparavant déclaré M. Peillon sur i>TELE-télé. "Ces chiffres", a-t-il dit élargissant le problème à l’alcool, au tabac, aux grossesses précoces et à l’obésité pour les jeunes, "sont très mauvais".
En octobre 2012, le ministre avait souhaité un débat sur la dépénalisation du cannabis, suscitant un tollé et une mise au point de Matignon assurant qu’une telle solution ne serait pas mise en oeuvre.
P.-S.
Décryptage :
1) Monsieur Ciotti est déjà connu pour des propositions similaires dans d’autres domaines. Il est à l’origine d’un projet de loi (qui a vu le jour) au sujet de l’absentéisme scolaire en punissant les parents des élèves concernés par une suppression de leur CAF. Résultat : cher à gérer, quelques centaines de cas seulement, aucun résultats probants. Surtout, c’est le coté injuste d’une telle pratique qui s’est révélé à l’épreuve des résultats. C’est la première chose que le nouveau gouvernement à fait supprimer.
L’homme politique semble donc être un obcédé de l’action punitive. Il a mérité son surnom de "the punisher" !
http://www.education.gouv.fr/cid668...
http://www.franceinfo.fr/education-...
2) Au sujet de monsieur Payon :
En langue de bois, ce que monsieur le ministre veut dire, c’est qu’il est opposé à la mise en place du texte mais botte en touche en insistant sur les manques de moyens, les restrictions de budgets et d’autres problèmes de santé publique qui viennent se greffer sur les jeunes scolarisés.
En matière de cannabis, il existe un consensus fort sur lequel il est difficile de revenir sans risquer un tollé général. Vincent Payon en a déjà récemment fait les frais. Prudent, le ministre avance comme s’il "marchait sur des œufs disposés sur de la braise ardente". Sa position de ministre de l’éducation ne facile pas la tâche d’avoir à exprimer un point de vue dépénalisant. On lui demande l’autocensure.
Être ministre vous oblige à vous plier à la ligne directrice du gouvernement. Celle-ci ne va visiblement pas dans le sens d’un assouplissement de la législation des drogues. Aussi, pour avoir à éviter des "remontées de bretelles", monsieur Payon est obligé de se plier au consensus hypocrite. Mais on sent bien que la chose l’agace un peu !
