France : l’académie de médecine se dévoile hostile au cannabis médical
Par Sylvie Dellus, publié le 15.01.2014
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L’Académie de médecine très réservée sur le cannabis thérapeutique

Risque de dépendance physique et psychique, interactions médicamenteuses, diminution des capacités intellectuelles et même risque de cancer testiculaire agressif… L’Académie de médecine a émis hier, 14 janvier, un avis assez sévère sur le Sativex. Ce médicament à base de cannabis est le premier à être autorisé en France, alors qu’il est déjà utilisé dans 22 pays dont 17 européens.
L’autorisation de mise sur le marché français, qui vient d’être accordée, est pourtant très limitée, puisque le Sativex ne pourra être prescrit qu’aux patients atteints de sclérose en plaques souffrant de contractures musculaires résistant à tous les traitements.
Mais l’Académie de médecine voit au-delà : « On peut craindre la multiplication des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché à divers usages comme sevrer les toxicomanes, atténuer les nausées des malades traités par chimiothérapie, rendre l’appétit aux malades atteints de sida, toutes indications largement plébiscitées dans l’opinion, mais dont il convient de rappeler qu’elles ne sont pas étayées par des études cliniques indiscutables ».
Rappelons que le Sativex ne sera réellement commercialisé en France qu’en 2015.
P.-S.
La question de la légalisation du cannabis ne cesse de faire des remous, la légalisation dans certains pays poussant actuellement à une montée des pro-légalisations.
Bousculée, la vieille garde prohibitionniste bouleverse ses habitudes et revoit complétement son plan de lutte contre les drogues en général et le cannabis en particulier. Placés en difficulté, leur argumentation scientifique remise en question, les blouses blanches de tous horizons montent au créneau, via les médias, pour tenter de limiter la casse et imposer leur point de vue répressif.
Vous noterez l’apparition d’un nouvel argument : le cancer du testicule !
Pour autant, ce qui semble fédérer ces "braves gens" c’est que d’une façon ou d’une autre, ils font partis d’une coalition politico-pharmaceutique et en tirent des avantages en termes d’emplois. La légalisation du cannabis leur fait peur : un « addictologue du cannabis » n’aurait plus de raison d’être, toutes les associations de luttes seraient rendues inopérantes, adieux les budgets, les postes à responsabilités et un certain contrôle dans les institutions de la médecine, de la police et de la justice. De plus, une fois légalisé, on pourrait enquêter plus facilement sur leurs mensonges et leurs compromissions. D’où leur acharnement à batailler pour qu’on en reste à l’état actuel de la lutte contre les drogues.
Il n’est pourtant pas évident que toutes ces individus soient réduits au chômage : toutes les personnes sérieuses qui défendent l’idée de la légalisation, expliquent qu’il faut parallèlement mettre en place une structure de soins et de prévention. Ils devraient comprendre que la légalisation permettrait un bien meilleur contrôle de la problématique des consommations excessives et leur assurerait une pérennité d’emploi ! Et surtout, cela permettrait de développer enfin la recherche médicale, la vraie, celle qui enquête à charge et à décharge, celle qui découvre des médicaments.
JLB