France / cannabis : la Justice est aveugle ... et mal comprenante aussi !

Publié le 06/10/2014 par Hélène Dubarry

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Il conduisait après avoir fumé du shit

Justice - Campan (65) - Tribunal

Romain est un grand échalas de 26 ans, au regard triste.

Il est à la barre parce qu’il a refusé la composition pénale (CRPC : comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, autrement appelée plaider coupable), qui l’avait condamné à 500 € d’amende et 6 mois de suspension de son permis de conduire.

Le 31 janvier dernier, à Campan, le jeune Palois avait été interpellé par les gendarmes lors d’un contrôle, alors qu’il roulait sous l’emprise du cannabis, à raison de 1,1 µg de THC (le principe actif du cannabis). « Pourquoi avez-vous contesté cette décision, ce qui est votre droit ? » demande la présidente Gadoullet. « Je voulais pouvoir m’expliquer et puis je trouve que l’amende est trop chère et que la suspension est trop longue. »

Pour la durée de la suspension, c’est trop tard pour Romain : il l’a déjà exécutée, la préfecture lui ayant suspendu son permis d’office pour six mois.

« Je ne fume que très occasionnellement, explique le jeune homme. Il y avait eu une fête avec des copains et je me suis laissé entraîner. Mais c’était plusieurs jours avant. » « Peu importe, tance la présidente, vous savez bien que les résidus restent longtemps dans le sang. C’est particulièrement dangereux : on voit beaucoup trop d’accidents mortels dans cette salle, dus à l’alcool et aux stupéfiants, quand ce n’est pas les deux à la fois. La prise occasionnelle est aussi dangereuse que la prise régulière. »

Romain explique encore : « C’est que je sortais d’une très longue maladie … » « Quand on a des ennuis, on doit consommer du cannabis ? » rétorque la présidente. Romain sortait en effet d’une paralysie, due à une maladie orpheline, expliquera son avocate : « Comment savoir comment chacun de nous aurait réagi, face à une pareille descente aux enfers ? Bien sûr, je condamne ces faits, mais ils sont ponctuels et Romain n’a rien d’un délinquant d’habitude. C’est une fête où il a un peu dérapé. » Pour la procureure Marion d’Olce, si les faits peuvent s’expliquer, ils ne peuvent en aucun cas se justifier : elle demande la confirmation de la peine. Ce qui sera fait, avec un geste de souplesse tout de même : 6 mois de suspension du permis, 500 € d’amende dont 200 avec sursis.

P.-S.

La morale est sauve : le dangereux drogué est puni ! Et on ne voit pas ce qu’il y aurait à redire ... ! Et pourtant, je ne sais pas si c’est parce que mes neurones sont censés être ravagés, mais je trouve qu’ils il y a quand même quelques choses à rediscuter dans cet article :

1) Article 1 : la Justice a toujours raison. Même quand elle à tort, l’article 1 est en application. Entre le juge, le procureur et vous, s’il y a un con dans la salle du tribunal, ne cherchez pas, c’est vous ! Il ne peut et ne pourra jamais en être autrement !

2) A 1,1 µg de THC par litre de sang, le concerné n’est plus sous l’effet du produit depuis longtemps (ici depuis plusieurs jours). Cela fait des années que la plupart des condamnés le sont sur la base de cette "erreur" (soyons polis). Ils sont donc condamnés injustement et abusivement. En Angleterre, un seuil de 2 µg marque la limite pour conduire et il est de 5 µg au Colorado.

3) Perso, je doute des connaissances médicales de madame le juge : le cannabis s’avère être le seul médicament efficace de pas mal de maladies orphelines. Pour rappel : une maladie "orpheline" ne l’est que quand on ne lui connait pas de traitement. Cet argument était donc tout à fait valable (dans son cas) pour expliquer la raison qui l’a poussé à en consommer dans une soirée - chose sur laquelle ce tribunal n’a pas à se prononcer, le justiciable n’étant pas présent pour cela. Maintenant, il faut préciser que cette soirée s’est déroulée plusieurs jours avant le contrôle des gendarmes et qu’il n’était donc pas (plus) sous l’effet du THC.

4) " ... La prise occasionnelle est aussi dangereuse que la prise régulière ...". Madame le juge voulait certainement sous-entendre : "quand on est au volant d’une voiture et sous l’effet du produit". Ce qui n’était pas le cas de Romain !

Bref, nous nous retrouvons en France, avec plus de 12 millions de consommateurs qui ne croient plus en la politique, en leur justice, en leur pays ... et qui sont paupérisés à l’extrême par une terrible répression qui s’étend aussi au monde du travail dans les mêmes conditions que ce que nous venons de lire !

En conclusion :

Bien au contraire ... !

JLB