(France) Liasses de billets et joints : le mauvais buzz de la prison des Baumettes par Le Point

Juste pour rappeler l’urgence de la situation autant dans nos prisons qu’au sujet de la légalisation du cannabis. Certain conçoivent que nous voulons légaliser pour la seule raison égoïste de pouvoir fumer des joints - de leur propre interprétation. Il est évident que ce n’est pas le cas, que le besoin de légalisation ne se résume pas qu’à une question de liberté individuelle. La revendication est au contraire sagement mûrie et traite aussi des questions économiques, écologiques et sociétales. Une légalisation du cannabis ferait drastiquement baisser le nombre de détenus et la vente en prison de cannabis au même titre que celle du tabac, couperait l’herbe sous les pieds si j’ose dire, au premier grand trafic carcéral. Quant à l’effet du cannabis sur les gens qui en consomment : au Colorado, en une seule année, le nombre de meurtres a chuté de 40 % et tous les autres indices de criminalités ont baissé aussi de 15 % en moyenne ! A zut, c’est vrai, je n’ai pas le droit de présenter une substance stupéfiante sous un jour favorable ... bon faites comme si je n’avais rien dit ! Je n’ai rien dit ... ! (Merde, entre 75 000 et 100 000 euros d’amende + la prison en bonus ...) ! Je vous rappelle que l’actualité au sujet de Charlie hebdo, nous fait croire qu’un front républicain se mobilise en faveur de la Liberté d’Expression. Nous avons ici la preuve - par un article de loi - qu’elle n’existe pas en France, sauf pour des dire conneries, mais pas pour des choses sérieuses qui pourraient mettre le Pouvoir en difficulté !


Le Point - Publié le 05/01/2015 à 16:26 - Modifié le 05/01/2015 à 17:50

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Liasses de billets et joints : le mauvais buzz de la prison des Baumettes

Une page Facebook montrait des détenus exhibant argent, portables et cannabis dans la prison. Les surveillants mettent en cause le manque de moyens.

La prison des Baumettes à Marseille : 1 surveillant pour 130 détenus. La prison des Baumettes à Marseille : 1 surveillant pour 130 détenus. © Anne-Christine Poujoulat/AFP

"La prison des Baumettes devenue un centre de vacances. Christiane Taubira, allez-vous enfin donner des moyens à la justice ?" Le tweet furibond est d’Éric Ciotti et fait écho à un article publié par La Provence ce lundi. Lequel révèle que des détenus de la prison marseillaise ont créé une page Facebook intitulée "MDR o Baumettes" (Mort de rire aux Baumettes), véritable camouflet à l’institution pénitentiaire.

La prison des #Baumettes devenue "un centre de vacances". @ChTaubira allez-vous enfin donner des moyens à la justice ? pic.twitter.com/j92IdNvsGZ — Eric Ciotti ن (@ECiotti) 5 Janvier 2015

On y voit en effet des clichés - pris avec des téléphones portables, lesquels sont évidemment interdits - montrant des détenus en cellule ou dans les coursives, agitant des liasses de billets ou posant fièrement devant des barrettes de cannabis !

Une situation "ingérable"

"On a tout de suite pris des dispositions après la découverte de cette page Facebook en ouvrant une enquête administrative et en saisissant le procureur de Marseille", a indiqué Philippe Perron, le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire (AP) de Marseille. Selon lui, la page a été publiée depuis "l’extérieur" de la prison, avec des clichés "remontés de l’établissement", mais l’auteur n’a pas encore "été identifié". La page a depuis été supprimée par la direction de l’établissement pénitentiaire.

Mais les gardiens, ulcérés, témoignent dans le quotidien régional et s’insurgent du manque de moyens qui a permis une telle publicité. "Cette page n’a rien de valorisant pour nous, pour le travail fait chaque jour par les surveillants. Mais c’est un fait, les détenus sont livrés à eux-mêmes, explique le représentant de la CGT, David Cucchietti. La situation est devenue ingérable avec en moyenne un surveillant pour 130 détenus." Même son de cloche de la part de Thierry Serra de l’Ufap-Unsa justice, qui souligne un déficit d’une soixantaine d’agents sur cet établissement. "La prison n’impressionne plus, les détenus ont plus peur des règlements de comptes", a-t-il déclaré à l’AFP.

Dans un communiqué, le Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) réclame "une fouille générale du Centre pénitentiaire de Marseille ; l’apport d’effectifs de surveillants ; l’abrogation de l’article 57 de la loi pénitentiaire de 2009 (qui interdit la fouille systématique après les parloirs, NDLR) et le désencombrement des cellules en détention". Selon Jérémy Joly, représentant de ce syndicat aux Baumettes, "de plus en plus de téléphones portables, d’armes blanches et de stupéfiants sont trouvés" lors des fouilles.

Bombes humaines

En mai, les surveillants avaient déjà alerté sur leurs conditions de travail de plus en plus difficiles en bloquant le rond-point du Prado à Marseille : "Nous souhaitions informer directement la population sur ces problèmes d’effectif, qui affectent directement le quotidien des surveillants. Il manque environ 35 agents, alors que le taux d’occupation de 160 %, avec 1 900 détenus, conduit à des rythmes de travail infernaux", avait alors déclaré au Parisien Jérémy Joly.

La provocation de ces quelques détenus sur Facebook aura peut-être le mérite de débloquer la situation. Elle ne doit pas occulter la réalité quotidienne des détenus de cette prison dans un état d’insalubrité tel que les autorités ont été sommées par la justice de la remettre en état. En juin 2013, Le Point.fr avait effectué un reportage derrière les murs de l’établissement et rencontré un ancien détenu, le rappeur Mystik. "Les Baumettes, c’est pas une prison, c’est un bidonville, expliquait-il. (...) Là-bas, on se prend une double peine : la prison et les conditions de vie. J’estime qu’on a quand même le droit à un espace salubre, à un peu d’intimité, quoi. Pour pouvoir accéder à une activité, t’imagines même pas l’attente. Là-bas, tout se passe par écrit. T’as mal aux dents ? T’écris et t’attends. Avant d’aller à l’infirmerie, tu peux attendre des semaines. Le verbe attendre, c’est celui qu’on conjugue le plus, et sous toutes ses formes. Faut apprendre à être patient avec la patience. Ça peut créer des bombes humaines tout ça. Ça fait un cocktail dont la société pourrait se passer."

P.-S.

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