(France) "Drogue : une molécule contre les effets du cannabis en test dès le mois de septembre" par 20 Minutes
Nous avons déjà traité de cette molécule au stade de son expérimentation en laboratoire et lors de la levée de fonds pour assurer les recherches (taper prégnénolone dans notre moteur de recherche interne). Mesdames et messieurs, ceci est un médicament judiciaire et ne saurait avoir un autre usage. Son boulot n’est pas de soigner ou traiter le cannabis mais juste d’en annuler les effets euphorisants. Il y a un marché avec les parents soucieux de protéger leurs enfants des effets "néfastes et toxiques" du cannabis sur leur cerveau ... grande peur que les marchands de médocs leur ont mis en tête. Il y a un autre marché avec les juges. En revanche, un aspect utile semble évident si la substance s’avère efficace à éviter des psychoses chez les personnes prédisposées à en avoir sous effet cannabique. Idem au sujet des bad-trips dont les malaises pourraient être atténués, mais cela s’avère être un argument de moindre importance. Ce "médicament" n’est donc pas théoriquement dénué de tout intérêt positif, mais nous craignons qu’il en soit fait un mauvais usage judiciaire ! Nous considérons, au su de l’origine de la recherche (Inserm) et de ses débouchés avec des fonds privés (Appel en Bourse), que c’est bien là un médicament de la Prohibition !
Par Romain Scotto, publié le 24.02.2016 à 17:35. Mis à jour le 24.02.2016 à 19:02
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Drogue : Une molécule contre les effets du cannabis en test dès le mois de septembre
MEDICAMENT Un laboratoire bordelais lancera dans quelques mois un essai de phase 1 pour une molécule révolutionnaire dans le domaine de l’addiction au cannabis…
Un individu prépare un joint de cannabis. - Photofusion/REX/REX/SIPA
Historiquement, elle aurait dû s’appeler « 007 ». Mais pour des raisons de protocoles scientifiques, c’est finalement un autre nom de code, un peu moins vendeur, qui a été choisi : « AEF117 ». Une molécule pour l’heure cantonnée aux pipettes des labos avant, peut-être, d’aider des fumeurs de cannabis dans les années à venir. En France, un demi-million de personnes roulent quotidiennement leur joint à base d’herbe ou de résine, avec les conséquences désastreuses que cela engendre à long terme sur la cognition ou la motivation, notamment chez les jeunes.
Pour y remédier, une équipe de recherche de l’Insermà Bordeaux dirigée par Pier Vincenzo Piazza a mis au point cette molécule révolutionnaire contrant l’effet de l’addiction au cannabis. Après des expériences fructueuses sur le rat, le chat et le singe, un premier essai de phase 1 sur des volontaires sains (humains, donc) sera lancé en septembre, avant deux autres essais de phase 1 sur des toxicomanes au cannabis.
« Bloquer la plus grosse partie des effets intoxiquant du cannabis »
Pour comprendre l’effet de cette molécule, il faut d’abord saisir l’action de cette drogue sur le cerveau. Quand on fume, le principe actif du cannabis, le THC, active des récepteurs et provoque l’intoxication. Celle-ci s’accompagne d’effets de plaisir, sensation de relaxation, problèmes de mémoire, etc. Quand les concentrations de THC sont très élevées, chez des fumeurs fortement intoxiqués, le cerveau développe un mécanisme de détente en produisant une hormone, appelée prégnénolone.
« Nous avons prouvé que cette hormone va se développer dans un endroit spécifique des récepteurs et bloquer la plus grosse partie des effets intoxicants du cannabis », poursuit Pier Vincenzo Piazza. En clair, la prégnénolone constitue un mécanisme naturel de défense contre les effets néfastes du cannabis en empêchant le THC d’activer pleinement les récepteurs cérébraux.
Les chercheurs ont donc administré à leurs cobayes de la prégnénolone externe - non produite par l’organisme - pour en augmenter le taux dans le cerveau, permettant ainsi de bloquer les effets du cannabis (sensation de plaisir, relaxation, problèmes de mémoire). En réalité, « elle n’inhibe pas le cannabis, mais elle va le transformer. C’est comme si vous preniez une molécule différente qui n’est plus le cannabis. »
Le fumeur ressent autre chose
Dans le langage médical, on dit que ce médicament n’est pas « antagoniste ». Il n’empêche pas le THC de se lier à son récepteur, comme certains médicaments déjà présents sur le marché, mais il bloque l’effet d’addiction et de plaisir du THC. Le fumeur va donc ressentir un plaisir atténué. Le produit devient moins attractif pour le cerveau. Mais pour autant, la molécule ne transforme pas le cannabis en produit aversif, comme c’est le cas pour certains traitements contre l’alcoolisme, par exemple.
Les chercheurs se sont enfin heurtés à un écueil : en tant que telle, la prégnénolone n’est pas un produit ingérable. Elle est très mal absorbée par voie orale et sa durée de vie reste très brève dans l’organisme (20 minutes). Il a donc fallu en recréer une de façon artificielle : « Comme on ne peut pas l’utiliser, nous avons créé une classe pharmacologique qui ne connaît pas ces problèmes-là. On a fait appel à la chimie », glisse le chercheur avant de lancer ses essais de phase 1. S’ils sont concluants, l’équipe bordelaise enchaînera les phases de tests en espérant la commercialisation de ce médicament. Au mieux, à l’horizon 2020.