« Affaire Eva : à Toulouse, "il n’y a pas de sensibilisation aux dangers de la drogue à l’université" » par France Bleu

Une affaire particulièrement sordide sous fond de trafics et de consommations de drogues, mis aussi d’atropine, ce qui n’est pas courant ! Et c’est peut-être cette substance qui est l’élément déclencheur de cette folie - cela reste toutefois une théorie. Explications dans le PS.


Publié le 10 août 2015 à 20h44

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Affaire Eva : à Toulouse, "il n’y a pas de sensibilisation aux dangers de la drogue à l’université"

Une semaine après la découverte du corps d’Eva Bourseau et de ce meurtre probablement "inspiré" de la série "Breaking Bad", des questions se posent autour de l’usage de drogues dures ou dites "festives" dans le milieu étudiant toulousain.

Cachets d’ecstasy, illustration. © Maxppp

Une multitoxicomanie et un manque de sensibilisation

La surconsommation de drogue est le dénominateur commun dans le meurtre sauvage d’Eva Bourseau le 26 juillet dernier à Toulouse. Une dette autour de la vente de drogue constituerait même un mobile selon le parquet de Toulouse. Dans ce dossier qui implique pour le moment quatre étudiants, il faut bien parler de drogues au pluriel : amphétamines, cocaïne, atropine, speed, crack... Ils prenaient ces produits régulièrement, et parfois se les revendaient

Maître Pierre Le Bonjour défend l’un des mis en examen dans ce dossier : "On a des étudiants plutôt sérieux mais qui en parallèle ont des pratiques particulières, on est sur de la multitoxicomanie (…) avec des gens qui consomment plus que d’autres, des gens qui vendent pour se faire un peu d’argent".

Maître Pierre Le Bonjour, défenseur d’un des suspects dans l’affaire Eva Bourseau.

Des produits pris dans le cadre de la fête mais dont on parle peu

Morgane Linares est la présidente à Toulouse de l’AGEMP (l’Association Générale Etudiante de Midi Pyrénées), une des plus importantes associations étudiantes de Toulouse. Elle est très claire : "On ne fait pas encore notre travail de sensibilisation comme on peut le faire déjà sur l’alcool. J’ai l’impression qu’on entend de plus en plus parler de ces nouvelles drogues. C’est pris dans le cadre de la fête on cherche à repousser ses limites, on est un peu perdu, on est abusé aussi par certaines personnes. C’est un phénomène lié au stress que l’on ressent quand on est étudiant".

Morgane Linarès, présidente de l’association étudiante de Midi-Pyrénées Agemp

Jusque-là, le débat se portait sur la consommation d’alcool et de cannabis sur les campus toulousains. Désormais, pour la présidente de l’Agemp, la question de la consommation des drogues dites "festives" (c’est-à-dire consommées en soirée) doit être clairement posée. Morgane Linarès compte en faire un thème d’action à la rentrée.

Quatre personnes ont été mises en examen dans ce meurtre. L’enquête pour déterminer le rôle de chacun se poursuit. Selon nos confrères de la Dépêche du Midi, les obsèques d’Eva Bourseau ont eu lieu ce lundi au cimetière de Cornebarrieu.

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P.-S.

C’est avec un peu de retard que je traite cette affaire. Il est question du meurtre d’une étudiante, quelque chose d’horrible pour le père que je suis (j’ai une fille à peine plus âgée que cette malheureuse Eva). J’ai choisi cet article de France bleu car il récapitule l’affaire en renvoyant à d’autres articles complémentaires.

Chanvre Info, comme son nom l’indique, milite pour la plante du même non mais ne soutient pas les autres substances, complètement différentes tant sur le plan moléculaire, que sur celui des risques et des effets.

Le fait est extraordinaire et il vous faut peut-être un point de vue extérieur pour vous éclairer sur un aspect peu connu de la substance atropine. J’ai bien étudié les" plantes sorcières" pour les dangers qu’elle représentent et je vais vous présenter une synthèse de ce que j’en sais.

D’abord, précisons qu’ici, le cannabis n’est pas accusé : il s’agit plutôt de drogues festives (genre ecstasy, MDMA qui est de l’ecstasy sous une autre forme, amphétamines) auxquelles se combinent souvent de l’alcool et parfois de la cocaïne et - ce serait une première - de l’atropine (extrait naturel de plantes de la famille des solanacées, comme la belladone, le datura, la jusquiame et la mandragore toute dites "plantes sorcières").

L’atropine est de valeur médicale certaine pour certaines pathologies mais possède aussi des dangers tout autant certains, d’empoisonnement en tout premier lieu, mais encore d’amnésie totale des événements pendant la durée de l’effet, de convulsions parfois et de psychose post consommation.

Le problème soulevé par l’article de France Bleu tourne autour de la question de la psyché développée par la prise de ces produits et leurs mélanges en (poli-consommations). Ce n’est pas dit en clair mais je vous le traduis : est-ce que cela ne rendrait pas leurs utilisateurs un peu "psychopathes" - détachés des sentiments compassionnels humains ? C’est la question sous-jacente.

En l’état, nous ne savons rien des détails de l’enquête, difficile donc de raisonner et de conclure. Pour le moins, la méthode employée est odieuse et crapuleuse : chercher à dissoudre leur amie dans un bain d’acide ...

Je pense en effet qu’on peut se poser la question de savoir et de pouvoir prouver si oui ou non, de telles poli-consommations ne peuvent pas transformer certains de leurs usagers en monstres froids dénués de compassion ? Rien n’est certain toutefois : même chez ceux qui ne se consomment jamais de drogues, il existe quelques individus capables de monstruosités du genre. On pourrait très bien être tout aussi bien être dans ce cas.

Perso, je pense que quelques trafiquants sont bien plus dangereux que les produits eux-mêmes, surtout quand leurs proies sont de naïves et frêles étudiantes. Je veux dire par là que Morgane Linares va un peu vite en besogne en portant l’étendard contre la consommation de drogues en milieu étudiant.

Certes se droguer, ce n’est pas bien ... c’est dangereux pour soi même et parfois pour les autres, c’est perçu ainsi dans la pensée générale du moment. Si madame Linarès veut développer une filière prévention dans les campus en rapport à ça, rien ne s’y oppose.

Toutefois, l’atropine pourrait tout aussi bien être l’élément déclencheur de ce crime comme la personnalité des assassins pourrait très bien l’être aussi. Cela fait 30 ans maintenant qu’il y a des "teufs" dans les campus et on a - sauf erreur de ma part - jamais entendu parler d’une affaire similaire. Et c’est là que je me pose des questions sur l’atropine dont je n’avais jamais entendu parler en utilisation conjointe à des consommations de drogues.

Indirectement, la poli-consommation de drogue pourrait n’y être pour rien - sauf son volet trafic puisque c’est un trafiquant qui a assassiné pour un motif de non payement. La réaction de madame Morgane Linares parait donc un peu prémédité et semble s’inscrire dans plutôt dans le "précipité". Il faut attendre les résultats de l’enquête pour pouvoir développer un avis plus fin.

Bref voici que je vous présente - en extrapolant un peu - le questionnement du moment. Il semble évident que l’ecstasy seul, par exemple, ne développe pas de telles mentalités crapuleuses, pour le speed, c’est un peu moins évident : le manque de sommeil peut parfois provoquer des réactions bizarres chez certains. Mais le mélange de plusieurs drogues avec de l’atropine ?

En baumes, les extraits de plantes sorcières peuvent provoquer des hallucinations qui peuvent aller jusqu’au délire hallucinatoire mais j’ignore ce qu’il en est lorsqu’elle est fumée.

Quoi qu’il en soit, le diable semblait bien présent le soir du meurtre et lors de sa préméditation. Je fais cette allusion au Diable au sens figuré de façon très appropriée : en rapport à la qualité de plante sorcière d’où est extrait l’atropine et en rapport à l’extrême violence et crapulerie témoignée par les auteurs de ce crime !

Je ne cherche pas à donner des circonstances atténuantes à ces fumiers. Il faut les enfermer à vie. Une balle dans la tête, même, si l’on pouvait - je le comprendrais. Monstres ! Mais cela vaut le coup de chercher s’il n’existe pas une relation de cause à effet en interactions entre l’atropine et d’autres drogues, afin que de telles horreurs ne se reproduisent pas !

Toutes nos condoléances aux parents d’Eva – j’ai eu à supporter en 2003 le décès d’un enfant jeune mort dans des conditions horribles … c’est terrible, insupportable, traumatisant … pour ceux qui le vivent, c’est un cauchemar à chaque instant ! Je sais ce que ressentent ces pauvres gens, ils sont vraiment à plaindre ! Hélas, à part témoigner de notre soutien et notre écoeurement pour cet acte odieux, nous ne pouvons pas faire grand chose pour eux : ce sont eux qui supportent ce fardeau.

J’espère avoir apporté à tous quelques éléments de réflexions utiles, dans le cas contraire, veuillez ne pas tenir compte de ces derniers qui seraient alors déplacés.

Pour Chanvre info

JLB