"Essai thérapeutique qui tourne mal à Rennes : un test de médicament au cannabis" par lintern@ute.com

C’est une annonce gravissime et j’avoue ne pas comprendre : le cannabis n’a jamais tué personne. Est-ce une molécule synthétique - un cannabinoïde de synthèse - comme ceux des NPS ? Est-ce dû à une interaction médicamenteuse ? Ou une erreur, un empoisonnement ... ? Nul ne le sait pour l’instant et c’est pour cela qu’il faut se préserver de toutes interprétations hâtives. Ce que l’on sait, c’est que ce dramatique incident s’inscrit dans le cadre d’essais thérapeutiques sous la responsabilité d’une entreprise privée. iTélé présente le médicament comme un nouvel analgésique à base de cannabis : cela laisse sous-entendre "à base de cannabis naturel", d’où le prétexte à ruer dans les brancards par tous les opposants de cette plante. Attendons d’en savoir plus sur la molécule incriminée et sur les faits (autopsie) avant de réagir ... ! J’ai foi dans le cannabis et il serait étonnant que du cannabis naturel soit incriminé, d’une façon ou d’une autre, dans ces accidents gravissimes.


Mis à jour le 15 janvier 2016 à 12h56

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Essai thérapeutique qui tourne mal à Rennes : un test de médicament au cannabis

Une personne serait en état de mort clinique et quatre autres dans un état grave après un essai thérapeutique à Rennes. La piste semble se diriger vers un test de médicament à base de cannabis qui a mal tourné. La société Biotrial est pointée.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a décidé de se rendre sur place ce vendredi, ce qui donne la mesure de la gravité de cet incident. A Rennes, une personne est dans un état de "mort clinique" et quatre autres dans un état très grave après un essai thérapeutique, rapporte TF1 ce matin. Selon le site de la chaîne, les patients ont été hospitalisés après avoir absorbé, à leur domicile, une molécule d’un laboratoire privé. La piste d’un test de médicament semble la plus probable à ce stade. On ne sait pas combien de "cobayes" ont été exposés au médicament testé, mais il y aurait au total six hospitalisations depuis le début de semaine.

Selon le site Breizh-info.com et iTélé, l’essai pharmaceutique aurait été mené par la société Biotrial. Le test portait sur un médicament par voie d’administration orale. Ce dernier serait "en cours de développement par un laboratoire européen", selon un communiqué du ministère de la Santé. Selon la chaîne d’information en continu iTélé, le médicament est un nouvel analgésique à base de cannabis. L’essai a été interrompu, et les participants rappelés pour établir une surveillance accrue.

Selon des informations de Ouest France, Marisol Touraine devrait donner une conférence de presse à 14h30 au centre hospitalier universitaire de Pontchaillou, à Rennes. Elle évoque un accident "très grave".

Le test de médicament essais thérapeutiques, essais cliniques : quel danger ?

En France, les testeurs de médicaments sont très recherchés par les laboratoires pour évaluer l’efficacité et les effets de nouvelles molécules sur l’organisme. Très encadrés, notamment par l’article L1122-1 du code de Santé publique, ces essais cliniques sont rémunérés. Une rémunération qui peut être très importante. Selon un dossier du site Medisite, spécialiste des questions de santé, un testeur de médicament peut gagner jusqu’à 4500 euros par an, non imposables, le tout versé dès le début du test.

Un plafond fixé par la loi pour empêcher de faire de cette activité de "cobaye" un métier, avec les risques sanitaires qu’il implique. On parle donc "d’indemnité pour compensation des contraintes subies" (batterie de tests médicaux, hospitalisations parfois nécessaires pour traiter des effets secondaires ou plus simplement pour une surveillance accrue du patient).

Dans un article de 20 Minutes de 2010, un "cobaye" racontait avoir perçu 1500 euros pour "avaler des comprimés pendant 3 jours, avec 9 journées d’hospitalisations à la clé". Un autre témoin évoquait en revanche 150 euros pour "6 mois de consultations, prélèvements et prises de sang". Certains enfin se plaignaient d’avoir subi des effets secondaires graves ou des crises de tachycardie... Pour autant, ces tests pharmaceutiques sont souvent considérés comme utiles dans l’émergence de nouvelle thérapies. Certains traitements contre le sida ou le cancer comme les trithérapies sont souvent cités comme le fruit de ce type de test.

Ces essais thérapeutiques sont soumis au contrôle de l’Afssaps, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, devenue en 2012 l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). En 2007, on apprenait qu’une quarantaine de contrôles avaient été menés pour 1800 essais thérapeutiques.

Biotrial : une entreprise spécialisée dans les études pharmaceutiques à Rennes

Pour devenir testeur de médicament, il faut avoir 18 ans, être en bonne santé et suivre une bonne hygiène de vie, le tout évalué par des médecins et une batterie de tests. Plusieurs sociétés recrutent leurs testeurs directement sur Internet. C’est le cas notamment de Biotrial, une entreprise qui propose de participer à ses tests pharmaceutiques à Rennes précisément.

Biotrial est spécialisée dans l’évaluation des médicaments et la recherche en pharmacologie de haute qualité. Société de service, elle indique sur son site Internet réaliser "depuis plus de 20 ans des études pharmaceutiques pour le développement de nouveaux médicaments (traitement de la douleur, de la maladie d’Alzheimer, antibiotiques, etc.) grâce à la participation de volontaires à (ses) essais cliniques". Elle a reçu un agrément du ministère de la Santé.


Complément d’infos :

VIDEO. Marisol Touraine confirme un accident thérapeutique à Rennes, par francetvinfo.fr, publié le 15 octobre 2015

Mis à jour le 15/01/2016 | 13:03 , publié le 15/01/2016 | 12:49

VIDEO. Marisol Touraine confirme un accident thérapeutique à Rennes

Six patients participaient à des tests pour évaluer un médicament. La ministre de la Santé doit se rendre en urgence sur place, vendredi.


Rennes : un patient en état de mort clinique après un essai clinique

C’est un essai clinique qui a viré au drame. À Rennes (Ile-et-Vilaine), six patients, qui participaient à des tests pour évaluer un médicament, sont hospitalisées, a confirmé Marisol Touraine, vendredi 15 janvier. L’un des volontaires est en état de mort cérébrale. La ministre de la Santé doit se rendre sur place dans l’après-midi.

L’étude était pilotée par Biotrial, un centre de recherches privé agrée par le ministère de la Santé, spécialisé depuis 20 ans dans les essais aux services des laboratoires pharmaceutiques. Le Viagra ou le Prozac ont notamment été testés ici.

Une enquête ouverte au pôle de santé

En France, les essais cliniques ne sont autorisés que chez des volontaires sains, avec l’accord de l’agence du médicament et après l’avis du comité de protection des personnes.

L’accident a eu lieu lors d’un essai clinique de phase 1, autrement dit l’essai d’une molécule pour la première fois chez l’homme visant à vérifier sa bonne tolérance. Une enquête vient d’être ouverte au pôle santé du parquet de Paris.