"Effet du cannabis sur la structure du cerveau : deux nouvelles études" par Medscape
Heu ... je n’ai "pas trop" le droit (sans leur autorisation en tous cas) de publier cet article qui émane d’un "site pro" de toubib dont j’ai un "petit peu forcé l’inscription". Pourtant, son contenu est important en rapport au débat en cours et pour des soucis de démocratie (le peuple doit avoir un libre accès aux informations, même le « sous-peuple » opprimé comme la gente cannabique). Voici deux nouvelles études pour lesquelles je prends le risque de publier (relayer) un article de Medscape sans avoir l’autorisation de le faire :
Par Medscape Medscape /, publié le 03 septembre 2015
http://www.medscape.fr/voirarticle/...
Effet du cannabis sur la structure du cerveau : deux nouvelles études
Vincent Richeux, avec Megan Brooks
Auteurs et déclarations|
Author(s) : Vincent Richeux
Après une maîtrise de biologie, Vincent Richeux s’est spécialisé en communication scientifique (Université de Strasbourg). Son expérience en journalisme a débuté en presse quotidienne générale, à Ouest-France, avant un retour aux sciences, en tant que journaliste free lance. Il a ensuite exercé pendant cinq ans au sein de la rédaction de l’Agence de presse médicale (APM).
Conflits d’intérêt : Vincent Richeux n’a pas de conflit d’intérêt à déclarer.
Effet du cannabis sur la structure du cerveau : deux nouvelles études
San Francisco, Etats-Unis - Publiées dans le JAMA Psychiatry, deux études suggèrent une répercussion de la consommation de cannabis sur la structure du cerveau chez les adolescents et les jeunes adultes. S’il est difficile d’établir un lien de causalité, il apparait plus évident chez les garçons à haut risque de schizophrénie.
Alors que les Etats-Unis se sont engagés dans une libéralisation de l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, mais aussi récréatives, les travaux se succèdent pour déterminer ses effets sur le long terme. Ces deux publications apportent de nouvelles données sur les répercussions du cannabis sur le développement du cerveau.
Une étude en imagerie dans des fratries
Dans la première, David Pagliaccio et ses collègues du National Institute of Mental Health (Bethesda, Etats-Unis) ont voulu explorer une éventuelle corrélation entre le volume des structures cérébrales et l’usage de marijuana. Pour cela, ils ont inclus 241 frères et sœurs, âgés de 22 à 35 ans, afin de prendre en compte les facteurs génétiques.
Parmi les participants à l’étude, 262 ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de leur vie. L’analyse s’est appuyée sur une imagerie cérébrale, ainsi que sur les données obtenues après un questionnaire et une évaluation des facultés cognitives.
En comparant le cerveau des consommateurs à celui de leur frère ou sœur jamais exposé au cannabis, les chercheurs ont observé que l’amygdale gauche (impliquée notamment dans la reconnaissance des stimuli sensoriels) et le striatum ventral (lié au mouvement volontaire et à la motivation), présentaient un volume significativement plus faible chez les consommateurs.
Ces deux structures cérébrales avaient ainsi une taille inférieure respectivement de 2,3% et 3,5%. Les auteurs précisent, toutefois, que les volumes observés restent dans les normes.
En croisant les données provenant des couples de fratrie n’ayant jamais touché au cannabis, il est apparu que la taille plus faible de l’amygdale était également associée à des facteurs génétiques. Pour ce qui est du striatum, la relation était moins évidente.
« Il n’y a aucune preuve de cause à effet d’une exposition au cannabis sur le volume de l’amygdale », dont le faible volume pourrait être attribué à d’autres facteurs, soulignent les auteurs. Pour ce qui est des autres structures, « d’autres travaux devront être conduits pour caractériser l’implication du cannabis ».
Cortex cérébral aminci entre 14 et 18 ans
Dans la seconde étude, l’équipe de Thomas Paus de l’Institut de recherche Rothman, à Toronto (Canada), a cherché à savoir si l’utilisation du cannabis influe sur la maturation du cortex cérébral chez les adolescents présentant une prédisposition génétique à la schizophrénie.
De précédentes études ont déjà souligné un risque accru de schizophrénie chez les individus de sexe masculin, en cas de consommation de cannabis pendant l’adolescence.
Au total, 1 574 participants, âgés de 15 à 21 ans, ont été inclus. L’étude a porté sur leur consommation de marijuana et s’est basée sur une imagerie cérébrale, ainsi qu’une analyse génétique pour établir le score polygénique de risque pour la schizophrénie.
Les résultats montrent une répercussion significative d’une consommation de cannabis sur l’épaisseur du cortex cérébral chez les garçons présentant un score polygénique élevé. Le cortex était sensiblement aminci entre 14 et 18 ans.
En revanche, aucun effet n’a été observé chez les filles, quel que soit leur niveau de risque, ou chez les garçons présentant un risque plus faible de schizophrénie.
Haut risque de schizophrénie : les garçons « plus sensibles »
Bien que le lien de causalité ne puisse pas être clairement établie, les différences apparaissant dans les zones à forte densité de récepteur aux cannabinoïdes 1 suggèrent une implication du cannabis — Thomas Paus
« Nos résultats suggèrent que la consommation de cannabis pourrait agir sur le développement du cortex cérébral chez les adolescents de sexe masculin à haut risque de schizophrénie », notent les auteurs.
« Bien que le lien de causalité ne puisse pas être clairement établie, les différences d’épaisseur du cortex apparaissant dans les zones à forte densité de récepteur aux cannabinoïdes 1, suggèrent une implication du cannabis », a affirmé, Thomas Paus, auprès de l’édition internationale de Medscape.
Selon lui, « les garçons à haut risque pourraient être plus sensibles aux effets indésirables d’une consommation de cannabis ».
Dans un éditorial accompagnant les publications, David Gold du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (Rockville, Etats-Unis) considère ces résultats comme préoccupants pour cette population à risque et appelle à la prudence.
Compte tenu des résultats de ces deux études, « il serait erroné de conclure que la consommation de cannabis est sure ou sans danger pour ceux qui ont le bon profil génétique, en particulier lorsqu’on est une femme ».
Les auteurs n’ont pas déclaré de liens d’intérêt.
Ce sujet a fait l’objet d’une publication dans Medscape.com
REFERENCES :
1. Paggliaccio D, Barch M, Bogdan R, Shared predisposition in the association between cannabis use and subcortical brain, Jama Psychiatry, publication en ligne du 26 août 2015
2. French L, Gray C, Leonard G, Early cannabis use, polygenic risk score for schizophrenia and brain maturation in adolescence, Jama Psychiatry, publication en ligne du 26 août 2015
3. David Goldman, America’s cannabis experiment, Jama Psychiatry, publication en ligne du 26 août 2015
P.-S.
Vulgarisation (notre interprétation) :
Le mensonge s’estompe :
Nous avons ici une étude qui dérange car elle prouve que la consommation du cannabis sur le long terme pendant l’adolescence, ne réduit pas la taille du cerveau et n’induit aucune pathologie remarquée chez des personnes non sujettes à la schizophrénie ... (contrairement à ce qui avait été admis pour justifier l’Interdit)
Le coup des sujets à hauts risques psychopathiques n’est pas probant : rien ne prouve que ce ne soit pas la maladie qui, qu’elle soit latente ou déclarée, ne joue pas sur cette « petite » réduction en taille du cerveau. Les chercheurs ont ici été très honnêtes et prudents en soulevant ce point et en précisant qu’il fallait effectuer de nouvelles recherches sur cette question.
Cela prouve aussi que ceux-ci sont embêtés lorsque les résultats de Recherche ne coïncident pas avec les attentes de la Prohibition : il va pourtant falloir qu’ils s’y habituent car toutes les thèses de la Prohibition s’appuient sur des suppositions, de vains espoirs de nuisances, qui ne sont pas toujours une réalité.
Dit encore autrement : les recherches actuelles, longtemps interdites (et il va falloir vous poser des questions pour comprendre pourquoi « on les interdisait ») contredisent dans de nombreux cas, les anciennes études dirigés dans le but de tromper à mon avis ! A la relecture de celles-ci, on y trouve quand même beau coup de « il est possible que », qui ont été pris pour compte de « il est prouvé que … ! » en politique ;
Je l’ai dis poliment … ! Parce qu’en fait, pour nous à Chanvre Info comme pour tous les médias activiste, les « thèses » qui ont procédé à l’interdiction du cannabis, furent des mensonges (action de tromper volontairement) et non pas des erreurs !
Je cite la toute dernière phrase :
« … Compte tenu des résultats de ces deux études, « il serait erroné de conclure que la consommation de cannabis est sure ou sans danger pour ceux qui ont le bon profil génétique, en particulier lorsqu’on est une femme » … »
Prudence est mère de la Sagesse, parait-il … mais ils ont vraiment l’air « embêtés » (politiquement) ! Parce que c’est plutôt cela qu’une telle étude prouverait !
JLB