Dorénavant, le PDC ne peut plus se permettre d’éviter le débat concernant la loi sur le cannabis
Berne - Le comité Protéger la jeunesse contre la narco-criminalité juge que la dernière proposition du PDC sur la révision de la Lstup n’est que partiellement positive, dans le sens où le PDC est apparemment prête à discuter la proposition au lieu de refuser lâchement le débat. Le comité refuse le contenu de la proposition car les amendes visant les consommateurs de cannabis ne sont pas la solution au dilemme actuel sur les drogues en Suisse.
Les experts de la prévention et les spécialistes de la jeunesse disent depuis longtemps qu’une répression plus forte n’empêche pas la consommation de cannabis, bien au contraire. Dans les pays européens ayant les lois les plus répressives (surtout le Danemark et la Suisse) il n’y a pas moins mais bien plus de consommateurs de cannabis. Chez les jeunes, l’interdit a plus un effet attractif que dissuasif. A cause de cela, une politique des drogues contemporaine se base sur le bon équilibre des quatre piliers qui ont déjà fait leur preuve : la prévention, la thérapie, la réduction des risques et la répression.
La Lstup actuelle, qui date de 1975, crée selon le comité Protéger la jeunesse contre la narco-criminalité toute une gamme de problèmes qui ne peuvent être résolus que par une révision complète de la loi, tel que cela a été proposé par le Conseil Fédéral et le Conseil des Etats. L’ancrage de cette politique des quatre piliers qui a fait ses preuves dans la loi, l’élargissement de la protection des jeunes, la possibilité d’une répression ciblée, son application uniforme partout en Suisse et la consommation impunie du cannabis sont en jeu.
C’est seulement maintenant que le PDC arrive avec une nouvelle proposition devant le Conseil National, en proposant des sanctions pour les presque 500.000 consommateurs de cannabis. Il nous semble que le PDC a maintenant tout à coup la volonté de discuter le contenu d’une révision de la Lstup, ce qui s’avère absolument nécessaire, au lieu de prendre la décision lâche de ne pas ouvrir le débat.
La législation actuelle fait la promotion de la narco-criminalité et crée le marché noir. De plus, les patients qui ont besoin du cannabis pour raisons médicales (par exemple, pour soulager la sclérose en plaques) ne peuvent se procurer leur médecine que de façon illégale. A cause de l’interdiction en vigueur, le cannabis a en plus un attrait particulier pour les jeunes. La dépénalisation de la consommation, telle que proposée par le Conseil Fédéral et le Conseil des Etats, déchargerait considérablement la police et la justice des affaires mineures. Cela représenterait une économie de 30.000.000 CHF par an.
La dernière proposition de le PDC ne peut qu’être jugée positive car elle se montre prête à un débat dans ce domaine. Mais cela signifie que le PDC doit voter pour ouvrir le débat devant le Conseil National et qu’elle doit également présenter cette proposition devant la Commission et la Chambre et ne pas seulement fanfaronner dans la presse du dimanche. Mais, si la fraction du PDC vote en grande majorité contre l’ouverture du débat, comme on peut le craindre, elle refuse toute nouveauté et discussion dans ce domaine. Cela enlèverait toute crédibilité à ce parti, qui vient d’annoncer le renouveau de la Suisse.
Le comité Protéger la jeunesse contre la narco-criminalité refuse cette dernière proposition du PDC, avec des amendes pour les consommateurs de cannabis. Mais le comité espère que le PDC, si elle fait des propositions, n’empêchera pas l’ouverture du débat pour la révision de la Lstup, mais le rendra le plus constructif possible.
Le comité Protéger la jeunesse contre la narco-criminalité est un comité hors parti qui existe depuis mars 2004, et qui s’investit pour une révision moderne de la Lstup. Ses membres et ses partenaires sont des politiciens renommés appartenant à presque tous les partis, des médecins, des scientifiques, des spécialistes de la dépendance, et des représentants de la scène du chanvre. Les co-présidents du comité sont par ordre alphabétique : Christa Markwalder Bär, conseillère nationale (Jeunes radicaux/ radicaux) ; Claudio Gentilesca (JPDC/PDC) ; Geri Müller, conseiller national (Verts) ; Ursula Wyss, conseillère nationale (PS).
Christa Markwalder Bär conseillère nationale
Tél. 079 222 5280 ou www.projugendschutz.ch