Dépénalisation des drogues : la piste libérale.

L’office fédéral de la santé public ( OFSP ) c’est penché ces jours-ci, sur la possibilité de ne plus poursuivre pénalement les consommateurs de drogues. mais, sans proposition concrète pour l’instant. J’avais il y a plusieurs mois, évoqué la piste libérale sur la possibilité de pouvoir dépénaliser toute les drogues, autant dures que douces. Un pavé dans la marre de la classe politique de droite en Suisse qui est libérale, mais farouchement opposée dans leurs majorité à une quelconque dépénalisation des drogues en Suisse.

http://blog.tdg.ch/ 03.08.2010

Peut-on légaliser les drogues ? En Suisse par exemple le débat sur une éventuel dépénalisation du cannabis,repose sur un affrontement idéologique gauche- droite. Cette dernière,la droite libérale est généralement contre toutes permissivités dans la consommation de stupéfiants illicites, alors que leurs maîtres à penser comme Milton Freidman prix nobel d’économie ainsi que son disciple Gary Becker également prix nobel d’économie sont pour une dépénalisation de toute les drogues, surtout de la part de Friedman.

Pourquoi cette contradiction entre libéraux. Peut-être que les libéraux suisses du parti du même nom, n’ont pas la vision de rationalité des consommateurs et vendeurs de drogue.

Si l’on autoriserait les drogues explique Becker,leurs productions et leurs commerces seraient gérés par de banales entreprises privées. Qui Seraient mis en concurrence sans que soit nécessaire de recourir à la violence ;l es cartels et maffias n’auraient plus leurs raisons d’être, qui représenterait un progrès considérable dans la paix civile et international. Les drogues seraient de meilleurs qualités et de bonnes marques ce qui réduirait les accidents sanitaires et les prix baisseraient. ce qui diminuerait la tentation des drogués de commettre des vols ou de se donner à la prostitution pour s’acheter leurs drogues.

Les baisses de prix ne risquent-elles pas de voir une hausse de la consommation ? Becker l’envisage. Mais par l’impôt, il serait possible de contenir la demande. Becker fait référence au tabac entre la relation du prix et de la consommation. Des prix assez élevés pour réduire sa consommation chez les fumeurs et qui réduit la tentation de la première cigarette chez les jeunes en évitant de tomber dans la dépendance. Mais aussi de garder des prix abordables pour ne pas favoriser l’économie de contre bande. Le fumeur de cigarette comme le consommateur de drogue,réagit de façon rationnel comme n’importe quel autres produits de consommation. Le réflexe économique l’emporte sur la dépendance biologique.

Comme je l’ai dit plus haut une forte hausse des prix du tabac favorise la contre bande qui devient intéressante, dés l’instant où la marge entre le marché légal et taxé et le marché noir génère des profits supérieurs au risque encouru par le trafiquant. Le trafiquant, entrepreneur rationnel, calcule le coût des amendes et le risque d’emprisonnement. Si son profit sur le tabac devient considérable, il va courir ces risques.

Le même raisonnement vaudrait pour les drogues dures si elles étaient légalisées ; une taxe bien ajustée permettrait de gérer la demande à un niveau tolérable veiller à ne pas basculer dans la violence et dans l’illégalité dans l’hypothèse où cette taxe deviendrait par trop élevée. Becker annonce un ultime argument pour modérer cette taxe sur le tabac pour ne pas pénaliser les classes les plus pauvres qui sont les plus grands consommateurs. Un excès d’impôt sur le tabac pénalise injustement et de façon disproportionné les plus pauvres.

Cette légalisation des drogues exigerait,de manière à en modérer la consommation,de punir sévèrement les actes commis sous l’emprise de la drogue. La drogue n’exonère pas la responsabilité individuelle : il est prouvé que la conduite en état d’ivresse diminue dans tous les pays, lorsque les sanctions s’aggravent. Un chauffard même ivre se conduit de façon relativement rationnelle pareillement, un drogué sur un marché libre deviendrait moins irrationnel qu’il ne l’est actuellement dans un régime de prohibition.

La logique de Becker contrarie les idées reçues ? Oui parce qu’elle ne s’embrasse pas ni de mythes culturels, ni de préjugés sociaux. Mais ses exemples ne sont pas des vues de l’esprit ; il n’avance qu’en terrain balisé par des études de comportement ; il ne donne pas son opinion,mais relate des faits quantifiés:les faits sont vrais, seule la conclusion qu’il en tire est originale voir dérangeante.

Pour illustrer comment la recherche de l’optimum économique éclaire les comportements les plus inattendus,voire les moins explicables, Steven Levitt * a publié une étude intitulée" pourquoi les dealers de drogue habitent-ils chez leurs mères ? Sur la base de données recueillies auprès des intéressés,il a calculé que le revenu moyen d’un dealer à Chicago sur un terrain concurrentiel, équivalait au salaire d’un employé non qualifié chez Mc Donald’s. Le dealer n’a donc pas les moyens d’habiter ailleurs que chez sa mère, si il reste dealer malgré un risque plus élevé qui si il travaillait dans une activité légale au même tarif,c’est parce qu’il rêve de progresser dans la chaîne du crime sur la durée. Levitt a cependant constaté que tout calcul fait lorsque le prix de la drogue baisse, les commissions pour les dealers évoluent aussi à la baisse et le dealer finit par rejoindre l’économie légale. Les dealers sont des entrepreneurs rationnels.

* économiste américain, médaille Clark

Tiré de l’ouvrage de Guy Sorman, économiste libéral " l’économie ne ment pas " ed Fayard.