Commentaire du CIRC à propos des statistiques du Ministère de l’Intérieur
En 2008, les services chargés de réprimer les « drogués » s’en sont donnés à cœur joie. Ils ont interpellé pour infraction à la législation sur les stupéfiants 177 964 personnes.
Ils ont coincé 6 128 trafiquants et trois fois plus d’usagers revendeurs : 18 707 pour être précis, un chiffre ridiculement bas comparé aux 139 483 interpellations pour simple usage… Qui a dit qu’il n’y avait plus d’usagers en prison ? D’après les chiffres du ministère de l’intérieur, il y en a encore 2 454.
Pour en finir avec les dégâts de la prohibition http://www.medialternative.fr/w/-DROGUES,18-.html
Le ministère de l’intérieur décerne une médaille aux Groupes d’Intervention Régionaux (GIR) dont la vocation première est la « lutte contre l ‘économie souterraine alimentée par le trafic de stupéfiants ». Ils ont mené 905 opérations en 2008 se soldant par 4796 gardes à vue et 3 089 affaires traitées, soit une augmentation de 29,7 % par rapport à l’année précédente. À noter aussi, qu’au nom de la lutte contre les petits revendeurs, le nombre de gardes à vue a progressé de 10,65 % en un an.
Parmi les 107 types d’infraction répertoriés, les infractions concernant la législation sur les stupéfiants ont cette particularité que le nombre d’affaires élucidées est plus importante que le nombre de personnes interpellées…En effet, sur les 177 964 infractions constatées en 2008, 179 259 ont été élucidées.
Arrêter un consommateur de cannabis, c’est une affaire élucidée. Et le cuisiner pour qu’il donne le nom de son fournisseur, c’est espérer un bon point de plus sur le carnet du policier contraint, sous peine de sanction disciplinaire, de faire du chiffre.
Ce n’est pas Etienne Apaire, aujourd’hui président de la MILDT et hier un des collaborateurs de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, qui nous contredira. Avec 178 000 personnes interpellées dont les deux tiers sont de simples consommateurs, la politique de « tolérance zéro » est en marche !
Cette politique, on la retrouve à l’œuvre dans le plan triennal de juillet 2008 où la MILDT promet de punir ceux qui oseraient remettre en cause la politique du gouvernement. Les médias sont sous la surveillance du CSA et les sites internet dans le collimateur des fonctionnaires chargés de la censure… Quant aux associations, si elles ne veulent pas se voir accusées de « présentation sous un jour favorable », elles n’ont qu’à bien se tenir.
Le CIRC regrette qu’en 2009, le débat sur la pertinence de la prohibition ou sur l’efficacité d’une politique qui privilégie la répression aveugle au détriment de la prévention et l’éducation, ait disparu du champ politique… Parions qu’à ce rythme nous dépasserons les deux cents mille interpellations cette année. http://www.circ-asso.net/