"Cette maison sent la ’ganja’ : le ciment de cannabis arrive dans les maisons" par Dinafem.org
Il existe trois secteurs du chanvre qui doivent être libéralisés : 1) le chanvre industriel, 2) le domaine thérapeutique et 3) le domaine récréatif. On pourrait penser que l’évolution logique des choses évolue dans l’ordre que je viens de vous donner. Eh bien non, ce n’est pas le cas : l’État de Washington a légalisé le récréatif plusieurs mois avant d’autoriser le médical et, sauf erreur de ma part, la culture du chanvre à basse teneur de THC (dit industriel) n’y est toujours pas autorisée ! Autre exemple : la France. Le chanvre industriel y est autorisé depuis une 30aine d’années mais les deux autres secteurs restent religieusement contraints à l’interdit et bloqués. Ce qui, au niveau US, crée des situations absurdes comme le démontre l’article qui suit, où des entreprises étasunienne importent pour 600 millions de dollars (541 millions d’euros) de chanvre rien qu’au Canada parce que la plante et ses matériaux de base sont absent dans leur propre pays. Juste à faire remarquer que la France avait 30 ans d’avance sur les technologies du "béton chanvre" et de l’isolation. Mais à trop réprimer sur son propre territoire, elle a nuit drastiquement au développement de cette filière légale.
Publié le 13 juillet 2015.
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Cette maison sent la ’ganja’ : le ciment de cannabis arrive dans les maisons
Le ’hempcrete’, un ciment résistant et pratiquement ignifuge créé à partir de chanvre, est à la mode. De plus en plus d’entreprises aux États-Unis parient sur ce matériel de construction écologique pour que le cannabis fortifie les murs de nos foyers

À force de voir les dommages causés aux maisons en Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina ou celles en Haïti après le tremblement de terre dévastateur ayant secoué le pays, James Savage a décidé de rechercher de nouveaux matériaux de construction résistants.
Alors un analyste sur Wall Street, Savage est parvenu au constat que le cannabis pouvait avoir d’autres usages, au-delà de la consommation à fins récréatives ou médicales. C’est pourquoi il a construit sa propre maison de campagne à New York en ’hempcrete’, un ciment fabriqué à partir d’un mélange de fibres de chanvre, d’eau et de chaux, qui isole naturellement et est aussi bien hermétique que respirable, souple et quasiment ignifuge. Maintenant, Savage a créé sa propre entreprise de matériaux à base de chanvre, Green Built.
Cet entrepreneur n’est pas le seul à penser que le chanvre participe à un nouveau modèle de fabrication écologique. Ken Anderson est propriétaire de Original Green Distribution, une compagnie basée à Minneapolis (dans l’État du Minnesota) qui produit son propre ciment, Hempstone. « On peut fumer un poteau électrique entier de notre substance sans sentir d’effet », a expliqué ce chef d’entreprise, Hempstone n’étant composé qu’à 0,3 % de THC, les variétés utilisées pour la consommation en contenant entre 5 et 10 %. « L’un est aussi distant de l’autre qu’un loup l’est d’un caniche », explique Savage.
En réalité, l’usage du chanvre comme matériau de construction n’est pas quelque chose de nouveau : c’était particulièrement le cas en France au cours des années 80, où des centaines de bâtiments ont été fabriqués avec du ’hempcrete’. Au Royaume-Uni ou en Allemagne également, des bâtiments ont été fabriqués avec ce ciment.
La popularité croissante du cannabis aux États-Unis après sa légalisation en Oregon, en Alaska, à Washington et au Colorado pourrait être le dernier coup de pouce nécessaire pour que le ciment de cannabis soit encore plus exploité dans le pays. Pour l’instant, la matière première est importée : l’an passé, le Canada a envoyé 600 millions de dollars (541 millions d’euros) de chanvre aux entreprises américaines.