Cannabis : même étude, deux interprétations opposées !
Les deux articles suivants font état de la même étude. Le premier est issu d’un média médical et relativise les dangers du cannabis dans une approche pragmatique. Le second hurle avec les loups pour dénoncer une dangerosité extrême du cannabis qui serait enfin prouvé ! Nous sommes habitués au discours manipulateurs des forces de la prohibition mais c’est la première fois qu’il y a une discordance si nette et qu’elle est ainsi prise en flag ! Les toubibs commenceraient-ils à comprendre qu’ils ont été un "petit peu" manipulés ces dernières années par des extrémistes dont les thèses, les propos et les théories sont tout sauf scientifiques ?
Premier article :
Publié le 7 Octobre 2014 par Marion Guérin
http://www.pourquoidocteur.fr/Les-e...
Les effets avérés du cannabis à long terme La revue scientifique Addiction fait le point sur 20 ans de littérature sur le cannabis. Les connaissances dont on dispose sont de plus en plus précises.
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Les effets avérés du cannabis à long terme
Karl Schoendorfer/REX/REX/SIPA
L’usage du cannabis à des fins récréatives est en pleine expansion. Depuis une vingtaine d’années, ce phénomène s’accompagne d’une multitude d’études qui tentent de déterminer les effets sanitaires et psycho-sociaux de la marijuana. Les scientifiques australiens ont été les plus actifs, au début des années 1990.
Avec le recul, on dispose donc d’une littérature foisonnante, qui permet d’avoir une connaissance plus précise de ses effets, notamment à long terme. La revue américaine Addiction fait le bilan.
Pas de risques d’overdose
Dès les premières études épidémiologiques, les chercheurs constataient un risque très faible d’overdose. Il faudrait, en effet, des doses massives de THC pour tuer un être humain – entre 20 et 75 grammes. « Même un très gros fumeur aurait du mal à ingérer une telle quantité en un jour », notent les auteurs de la revue.
A travers les années, cette absence de risques s’est confirmée, aucun cas d’overdose au THC n’ayant été signalé.
Accidents de la route : risques doublés
De nombreuses études montrent que la consommation de cannabis augmente le temps de réaction, altère le traitement de l’information et nuit à la coordination visuo-motrice. Bref, les fumeurs sont plus « lents », et sur la route, cela se paie : le risque d’accidents est multiplié par deux. Ainsi, 2,5% des accidents mortels en France seraient liés à une consommation de cannabis (29 % pour l’alcool).
Les études suggèrent en revanche que les conducteurs ayant consommé du cannabis sont parfaitement conscients de leurs déficiences motrices. Ils compenseraient alors en réduisant leur vitesse et en limitant les prises de risques – ce que les consommateurs d’alcool ne semblent pas faire.
Grossesse : des bébés plus petits
A travers les années, les chercheurs se sont penchés sur le cas des femmes qui fument de la marijuana pendant leur grossesse. Dans plusieurs études, ils constatent qu’un usage régulier réduit le poids des bébés à la naissance, mais dans une moindre mesure, comparée à la consommation de tabac.
Dépendance
Au début des années 1990, la notion de dépendance à l’égard du cannabis suscite un fort scepticisme chez les scientifiques. Ceux-ci définissent alors la dépendance selon des critères spécifiques (difficulté à cesser la consommation, absence de contrôle sur sa consommation…). Or, de nombreux consommateurs entrent dans cette catégorie sans avoir besoin d’une prise en charge thérapeutique.
Mais face à une consommation de plus en plus prégnante, notamment chez les jeunes, ces mêmes scientifiques sont revenus sur leurs conclusions. Parmi les addictions les plus répandues, le cannabis figure en troisième position, après la cigarette et l’alcool.
Ainsi, pour les fumeurs réguliers, le risque de développer une forme de dépendance à l’égard du cannabis est de l’ordre de 1 sur 10. Quand les consommateurs commencent dès l’adolescence, le risque augmente significativement – aux alentours de 1 sur 6.
Impact sur les facultés cognitives
Les études suggèrent toutes une diminution des facultés cognitives liées à l’usage du cannabis. Les fumeurs réguliers ont ainsi plus de difficultés à apprendre, à s’exprimer verbalement, à mémoriser et à se concentrer. Une vaste étude menée sur près de vingt ans en Nouvelle-Zélande suggère qu’une consommation quotidienne, pendant plusieurs années, peut impliquer une perte de Q.I de l’ordre de 8 points.
En revanche, les scientifiques ignorent si les consommateurs récupèrent pleinement leurs capacités cognitives après avoir cessé de fumer (en cas de consommation régulière et durable).
Impact sur l’appareil respiratoire et cardiovasculaire
De faibles taux de cannabis ne semblent pas avoir d’effet significatif sur les voies respiratoires et le système cardiovasculaire. Cependant, les auteurs notent une prédominance des infections respiratoires (notamment des angines) et des pneumonies chez les fumeurs réguliers.
Cannabis et cancer
Les études suggèrent que le THC n’est pas cancérigène ; en revanche, la fumée de joint le serait, même dépourvue de tabac. Le seul fait de fumer peut causer des cancers de la bouche, de la langue et de l’œsophage
Second article :
Article en anglais traduit et arrangé par nos soins !
Publié le 05 octobre 2014
http://www.liveleak.com/view?i=8b2_...
La terrible vérité sur le cannabis
La terrible vérité sur le cannabis : une étude sur 20 ans, d’un expert britannique, démolit enfin l’affirmation que fumer la marijuana serait inoffensif !
Une étude définitive de 20 ans sur les effets de la consommation de cannabis à long terme a démoli l’argument selon lequel le médicament est sûr.
L’étude a révélé que le cannabis est très addictif, qu’il provoque des problèmes de santé mentale et qu’il ouvre la porte à des drogues dures.
Le document, publié par le professeur Wayne Hall, conseiller de la drogue à l’Organisation mondiale de la santé, constitue un cas convaincant contre ceux qui nient la dévastation du cannabis sur le cerveau. Le Professeur Salle a trouvé que :
Chez les adolescents : une personne sur six qui fument régulièrement cette drogue peut en devenir dépendante
Le cannabis double le risque de développer des troubles psychotiques, notamment la schizophrénie.
Les usagers de cannabis font pires à l’école (que ceux qui n’en consomment pas). L’utilisation intensive lors de l’adolescence semble nuire au développement intellectuel.
Un adulte sur dix qui fument régulièrement le médicament devenu sera dépendant et ceux qui l’utilisent sont plus susceptibles de passer aux drogues plus dures,
Conduire après avoir fumé du cannabis double le risque d’un accident de voiture, un risque qui augmente considérablement si le conducteur a également pris un verre.
Fumer pendant la grossesse réduit le poids de naissance du bébé.
La nuit dernière, le professeur Hall, professeur de politique des addictions au King College de Londres, a rejeté le point de vue de ceux qui disent que le cannabis est une drogue douce. « Si cannabis ne débouche pas sur une dépendance (addiction) alors l’héroïne et l’alcool ne le sont pas non plus », a-t-il déclaré.
« Il est souvent plus difficile d’amener les gens qui sont dépendants au cannabis par le retrait de l’héroïne - nous ne savons pas comment le faire." Ceux qui tentent d’arrêter de prendre du cannabis souffrent souvent d’anxiété, d’insomnie, de perturbations de l’appétit et de dépression. Même six mois après le sevrage, plus de la moitié rechutent. Le texte indique que les adolescents et les jeunes adultes sont plus susceptibles de passer au cannabis s’ils fument déjà du tabac.
Le Professeur Hall a expliqué qu’il est impossible de subir une overdose de cannabis, ce qui rend moins dangereux à première vue que l’héroïne ou la cocaïne. Il déclare également que la prise du cannabis chez la femme enceinte peut réduire le poids d’un bébé, et à long terme augmente le risque de cancer, la bronchite et d’attaques cardiaques. Mais sa principale conclusion serait que l’utilisation régulière, en particulier chez les adolescents, mène à terme à des problèmes de santé mentale et la toxicomanie.
« Le point important que je suis en train de faire, c’est que les gens peuvent se retrouver dans des difficultés avec l’usage du cannabis, en particulier si elles entrent dans une utilisation quotidienne sur une longue période », dit-il. « Il ne fait aucun doute que les gros utilisateurs éprouvent un syndrome de sevrage comme de l’alcool et de l’héroïne." Le taux de récupération de dépendance au cannabis parmi ceux qui cherchent un traitement, sont semblables à ceux de l’alcool ».
Mark Winstanley, de la « Charity Rethink Mental Illness », a déclaré : « Trop souvent, le cannabis est considéré à tort comme un médicament sûr, mais comme le montre cet examen, il y a un lien évident avec la psychose et la schizophrénie, en particulier pour les adolescents."
Le point de vue commun qui consiste à dire que fumer du cannabis n’est pas grave, doit-être contesté plus efficacement. Au lieu de classer et re-classifier sans arrêt cette substance, le gouvernement économiserait du temps et de l’argent qui seraient beaucoup mieux dépensés sur l’éducation des jeunes, à les prévenir que la consommation de cannabis revient résolument à jouer à la roulette russe avec sa santé mentale ».
P.-S.
Vous avez lus ? Hop, par un tour de passe-passe, une étude à la conclusion, sommes toutes, assez modérées, se transforme en "cri d’alarme" par un coup de baguette magique scientologue !
Leur technique est ici "grillée" : on gomme du sujet qu’on cite, tout ce qui minimise, relativise ou contredit l’argument prohibitionniste. Et on en rajoute une couche qui n’est pas dans le texte d’origine (ici affirmations + citations d’autres auteurs). Bien évidement, tout y est dramatisé à l’extrême !
C’est une forme de mensonge par omission et par exagérations.
Notre critique sur cette étude :
En fait cette étude parcours 20 années de littérature sur la question et ne fait que cela. Nous remarquons donc qu’elle fait référence quelques fois à des textes anciens supposés subordonnés aux recherches anti cannabiques de la Prohibition. Son auteur ne fait pas mention, par exemple, d’une étude actuelle qui prouve que le cannabis ne provoque pas de schizophrénie chez tous ceux qui ne sont pas prédisposés. Il ne fait pas mention non plus des propriétés anticancéreuses du CBD et du THC qui semble protéger des cancers du poumon ni de l’étude qui laisse comprendre ceci. Bref, l’homme n’a rien inventé ou rajouté de nouveau : il n’a fait que compiler ce qui existait déjà dont une bonne partie est à prendre avec des pincettes puisque c’est du matériel d’étude plus politique que scientifique.
Ce qui n’enlève rien au travail réalisé par cet homme qui a dû éplucher une montagne de documents. Rien que pour cela : chapeau !
Je fais plus confiance aux études qui sortent actuellement qu’à celles du passé et tous ceux qui se sont penchés sur la question de la recherche cannabique, me donneront certainement raison ! Car d’une part, nous avons aujourd’hui bien plus de connaissances générales sur la plante et du matériel de mesure plus adapté pour réaliser les recherches, et d’autres part, celles du passé sont, pour la plupart, toutes faussées ou partiellement inexactes !
Je pense que le cannabis n’est "ni tout noir, ni tout blanc". Il y a bien quelques soucis sur lesquels on peut s’inquiéter. Il y a bien une petite addiction, des rhinites, des personnes un peu ralenties, quelques trous dans la mémoire (par exemple, pour les rendez-vous) ... le fumeur qui vous affirmerait le contraire vous mentirait ! Mais rien de très extrême.
Essayez de décrocher du tabac ou de la cocaïne. Vous comprendrez vite que l’irritabilité du fumeur de cannabis quand il se sèvre, n’est rien à comparer des syndromes d’abstinences de ces autres substances ! Les faits divers rapportent qu’on tue parfois pour une cigarette. On n’a jamais tué personne pour un joint !
En revanche, les "dégâts" semblent bien plus prononcés chez les mineurs et à ce titre, il faut donc qu’ils soient protégés. S’ils veulent fumer des joints, ils n’ont qu’à attendre leur majorité.
Mais rien ne s’oppose à ce que l’adulte puisse fumer librement et disposer de cette plante comme il l’entend ! Les prétextes de protections des adultes sont liberticides et non fondés dans le cas du cannabis, pas assez toxique ou dangereux pour qu’on en revendique leurs exécutions. Traverser la route restera toujours plus dangereux que de fumer un joint. On n’interdit pas de traverser les routes pour autant !
A propos de route, avec 13,5 millions de consommateurs, le ratio d’accidents mortels ou non, toutes proportions gardées, est bien moindre chez les fumeurs de cannabis que chez ceux qui ne fument pas et ne boivent pas ! La mauvaise langue que je suis pose la question suivante : « est-ce que fumer améliorerait la capacité de conduire » ? Mais de cela : « chut » ! Personne n’en parle !
Oui, c’est de la provoc, non pas pour se moquer. On ne peut pas rire de ce sujet : il y a des morts sur les routes, dont des enfants. C’est de la provoc, donc, pour « faire réfléchir » parce que « ce n’est pas faux non plus » (les chiffres indiquent que les fumeurs ont proportionnellement moins d’accidents, je n’y peux rien) !
JLB