"Cannabis médical : quelle efficacité ?" par Passion Santé
Publié le 09 septembre 2015
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Cannabis médical : quelle efficacité ?
News : L’usage du cannabis à des fins thérapeutiques est autorisé dans certains pays. Les preuves formelles de son efficacité manquent encore.
Ou plus exactement, les effets bénéfiques paraissent très inégaux selon les symptômes. C’est ce que conclut une méta-analyse américaine (université Yale), qui a croisé les résultats de quelque 80 études regroupant au total plusieurs milliers de patients. Premier constat, lit-on dans Le Figaro : « L’analyse suggère que le cannabis entraîne une amélioration variable selon les symptômes, mais aucun test clinique ne parvient à démontrer ses bienfaits médicaux avec le degré de certitude que l’on exigerait d’un médicament conventionnel ».
Des effets moyens, faibles ou inexistants
Les chercheurs observent que l’efficacité du cannabis est jugée « moyenne » dans le traitement des douleurs neuropathiques et des spasmes associés à la sclérose en plaques. Elle passe à « faible » pour lutter contre les nausées et les vomissements liés à la chimiothérapie, pour favoriser le gain de poids des personnes séropositives, ou pour combattre l’insomnie et le syndrome de Gilles de la Tourette. Aucune amélioration n’est constatée pour l’anxiété et la dépression (en tant que « vrais » troubles psychiatriques).
L’étude souligne aussi les risques d’effets secondaires : étourdissements, bouche sèche, nausées et vomissements, fatigue, somnolence, confusion, perte d’équilibre, hallucinations…, ainsi qu’un risque multiplié par deux de psychose en cas de consommation régulière de cannabis à un âge jeune, alors qu’il aggrave les troubles chez les patients souffrant déjà d’une maladie psychiatrique.
Alors ? « Le cannabis n’est pas un médicament miracle mais il a certainement du potentiel », indiquent les auteurs de ces recherches, toujours cités par Le Figaro. « Il est toutefois nécessaire d’effectuer des essais cliniques de grande ampleur et solides pour confirmer les effets des cannabinoïdes. La marijuana thérapeutique se trouve dans une zone grise et cela a des conséquences en termes de qualité, qui viennent s’ajouter à l’insuffisance, voire à l’absence de preuves scientifiques formelles ».
P.-S.
Chères consœurs et confrères belges de Passion Santé
Il y aurait à redire à cette analyse que vous relayez. Vous savez : quand un médicament classique atteint 65% de réussite, pour l’Industrie médicale c’est un excellent médicament. Cela veut dire pourtant que celui-ci ne fonctionnera pas pour 35% des patients ... Et je ne vous parle pas des effets secondaires de nombre des médicaments de la pharmacopée, autrement bien plus graves et préoccupants qu’une simple sécheresse buccale. Regardez par exemple, la notice de précaution d’emploi du Voltarène par exemple !
Et puis surtout, il ne parle pas (passe sous silence ?) des propriétés vérifiées des dérivés du cannabis, à soigner, réduire, empêcher la progression - guérir, certains cancers et réduire ralentir-guérir certaine fois, des dégénérescences neurologiques. Quand même, le cancer ... la Science a jusqu’à présent échoué à le vaincre et elle est un peu juge et partie à vouloir minimiser les propriétés médicale de cette plante. Yale est réputée être très proche des industries et des pouvoirs ... et même des sociétés secrètes mais c’est une autre histoire (322).
On parle ici de méta-analyse : vous savez ce que c’est ? Un recoupement d’analyse déjà effectuées. Si vous y intégrez les anciennes études, elles sont toutes dirigées car financées par la prohibition. Ce sont de nouvelles études qu’il faut considérer et réalisés par des organismes les plus indépendants possible.
Mais vous avez raison, il existe bien des variations des résultats en fonction des individus. Pas pour toutes les thérapies cannabiques cependant. Par exemple, les réductions du mélanome et cancers de la peau similaires, fonctionneraient à ... il faudrait une étude pour l’établir, mais apparemment de ce que l’on en constate avec l’huile de Rick Simpson, c’est presque du 100%. Parce que l’usage est externe et joue directement sur l’inflammation locale. A l’intérieur de notre corps, ce sont d’autres processus qui interviennent.
Si vous voulez une piste pour les variations enregistrées, parlons d’abord de vos papilles dans la bouche (sur la langue). Savez vous que nous n’avons pas tous le même nombre de papilles et qu’à ce titre, certain(e)s sont défavorisé(e)s vis à vis du goût. C’est pour cela que certain peuvent faire œnologue (taste-vin) et d’autres ne le peuvent pas. Un processus du même ordre agit sur la qualité de l’adorât et ne devient pas parfumeur qui veut !
Eh bien, voilà où je veux en arriver, il en est de même pour les capteurs CB1 et CB2 de notre corps qui sont actionnés par les cannabinoïdes. Celles et ceux qui en disposent en grand nombre, réponde mieux aux traitements cannabiques. La faute en est, en partie, à la Prohibition qui cherche à nous "protéger" des dérivés cannabiques : notre corps devient fainéant à produire les récepteurs dédiés.
Alors évidement, bien que je sois rédacteur spécialisé en cannabis, chanvrier et ancien révolté en cavale, cela reste une théorie (je ne suis pas chercheur) ... toutefois, veuillez savoir que je ne suis pas le seul à l’avoir développé et que la gente scientifique bosse là-dessus. Attendons qu’un document scientifique soit publié sur la question ...
Le petit plus que je me permets de rajouter : plus on "consomme" tôt (le terme n’est pas approprié pour du médical), plus on a des chances de développer des capteurs CB (1 et 2) et plus on se protège alors de futures maladies. Et si un jour on tombe malade quand même, les cannabinoïdes seront alors renforcés dans leur(s) action(s) médicamenteuse(s).
Seulement voilà, dans le contexte répressif actuel et du fait que je suis français, je passe pour un criminel d’affirmer cela ! Pourtant cela semble être la vérité.
J’aimerai bien cependant qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dis : il n’est pas question dans mettre dans le biberon des enfants. Quoi que, pour eux : le CBD, qui est inoffensif (non stupéfiant et non néfaste à la construction du cerveau) agit sur les deux sortes de capteurs et pourrait aider à les développer.
Maintenant, on peut dire ce qu’on veut : la réalité c’est que des centaines de milliers de personnes, de part le monde, se sont soignés avec du cannabis - souvent dans des conditions de répressions assez violentes - parce qu’elles constataient une nette amélioration dans l’expression de leurs symptômes. J’ai beaucoup plus confiance en ce que ces gens rapportent en retour d’expérience qu’en ce que l’industrie pharmaceutique ou la science peut raconter !
Et je me méfie de votre façon de rapporter les choses - sans vouloir vous porter ombrage ou vous chercher querelle - car il y a cannabis et cannabis ... fumé, non fumé, avec ou sans CBD, d’autres cannabinoïdes, des pourcentages différents en concentration selon les maladies ... vous en parlez ici que sous le seul terme de cannabis sans faire la distinction de tout cela ! Est-ce que ceux qui ont réalisé ces études l’ont faite ?
La Science est assez néophyte concernant les dérivés de cette plante et beaucoup d’études et d’expériences sont même parfois réalisés avec des cannabinoïdes synthétiques, faussant ainsi des résultats. C’est la firme qui a mise au point le Sativex qui l’a découvert et prouvé. C’est à propos pour cela que leur médicament est composé d’extraits naturels de THC et de CBD et non pas d’une combinaison de leur forme synthétique.
Israël est déjà bien plus avancée dans la Recherche et a produit quelques études qui contredises en partie le constat que vous nous avez brossé (ce que l’étude rapporte et non pas vos propos assez neutres et ouverts, je l’avoue). Ce n’est pas pour vous critiquer, c’est du domaine de la polémique : thèse - antithèse ... et ça "fait avancer le schmilblick" ! Je vous respecte beaucoup, cela se sent à ma façon de vous expliquer les choses, mes lectrices-lecteurs me connaissent sous un jour bien plus narquois et/ou agressif parfois.
En tout état de cause, une remarque nous mettra tous d’accord : il manque beaucoup d’études et de recherches pour se faire un point de vue plus exact sur la plante et ses propriétés médicales ou néfastes (vous nous l’avez dit et je suis bien d’accord). La gente cannabique et celle activiste – dont je fais partie, vous l’aurez deviné - le souhaitent de tout leur cœur et ne s’y oppose donc pas. La Prohibition, elle, s’y oppose et fait tout pour mettre des bâtons dans les roues d’une recherche scientifique qui pourrait mettre en évidence que … l’interdit généralisé s’est appuyé sur des « bobards » – plus des mensonges que des erreurs, voyez ! Pourquoi ? Ah ça ! Il faudra un méta-procès pour le définir.
Jean-Louis Bouvarel