Cannabis : malaise en Malaisie !

Coups de fouets à peines de morts en série, une "Justice" d’une autre époque !

La Malaisie : une dictature qui cache son jeu ! 60% des malaisiens sont au chômage et la misère est leur lot quotidien. On leur refuse même d’échapper à celle-ci par les paradis artificiels. Pour autant, on s’interdit de dire plus de mal sur ce pays pour ne pas courroucer les autorités qui ont bien voulu prêter récemment, une oreille attentive aux arguments de dépénalisation du cannabis. Mais rien n’a évolué pour le moment !


Publié par Seshata le 25 aout 2014

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Le cannabis en Malaisie

La Malaisie possède les lois antidrogue parmi les plus dures au monde, avec des centaines de personnes actuellement en attente dans le couloir de la mort – cependant, très peu de condamnations à mort ont été exécutées ces dernières années (© ET).

La Malaisie possède des lois antidrogue qui sont parmi les plus draconiennes de la planète, et les condamnations à mort pour des délits liés à la drogue y sont monnaie courante, même lorsque les crimes concernés ne concernent que le cannabis. Malgré cela, et en raison de sa proximité avec le Triangle d’or de la production d’héroïne en Asie du Sud-Est, la Malaisie abrite un important trafic illégal.

Droit et politique internationale

La Malaisie, intégrée à la Malaisie britannique entre 1874 et 1946, a des lois antidrogue basées sur la Convention de La Haye de 1912 et les Conventions de Genève de 1925 et 1931, ainsi que sur le traité de Bangkok de 1934 qui a imposé des restrictions sur l’opium. En 1943, les Britanniques ont proscrit l’utilisation non autorisée d’opium, et en 1952 le haut-commissaire de l’Empire britannique en Malaisie faisait appliquer l’ordonnance sur les drogues dangereuses.

Vers les années 1980, la Malaisie connaissait des niveaux de consommation d’opium et d’héroïne élevés, et le gouvernement a décrété que le problème était une menace pour le pays. Une force d’intervention a été mise sur pied, s’accompagnant d’une série de nouvelles lois plus strictes, notamment la condamnation à mort systématique pour certains délits et l’obligation de suivre un sevrage brutal. L’approche du traitement de la toxicomanie par l’abstinence totale semble toutefois s’assouplir, en faveur de traitements médicamenteux, mais peu de signes permettent de penser que l’approche globale de la politique antidrogue prend le même chemin.

La possession de cannabis jusqu’à 50 grammes est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq années d’emprisonnement et d’une amende maximale de 20 000 ringgits (environ 4 700 €) ; pour la possession de 20 grammes et plus, une condamnation à trois à neuf coups de fouet peut également être prononcée. Pour la possession de 50 à 200 g de cannabis, une peine d’incarcération d’au moins cinq ans est prononcée et peut s’accompagner de coups de fouet, jusqu’à dix dans certains cas. La culture de cannabis est passible de la prison à vie et de pas moins de six coups de fouet. Les personnes arrêtées en possession de 200 grammes de cannabis ou plus (ou 40 g de cocaïne ou 15 g d’héroïne ou de morphine) sont présumées coupables de trafic de drogue et sujettes à une condamnation à la peine capitale obligatoire, exécutée par pendaison.

Arrestations et peines pour des faits liés au cannabis en Malaisie

Les condamnations à mort en Malaisie sont exécutées par pendaison ; en moyenne, une exécution par an a été recensée depuis 2007 (© mlhradio).

Malheureusement, les cas de possession de cannabis se traduisant par des condamnations à la peine capitale sont bien trop nombreux pour que l’on puisse en dresser la liste ici. Plus de 900 personnes sont actuellement dans le couloir de la mort en Malaisie, dont environ 700 pour des délits liés à la drogue ; selon cette pétition en ligne, plus de 50 de ces condamnés sont là pour trafic de cannabis. En 2013, il a été procédé à deux exécutions, et l’on a recensé au moins une exécution par an entre 2007 et 2011.

En 2009, le jeune Shahrul Izani Suparman, âgé de 25 ans, a été condamné à mort pour la prétendue possession de 622 g de cannabis avec intention de le vendre. Il avait déjà passé six années en prison lorsque la condamnation a été prononcée, et n’était âgé que de 19 ans au moment de son arrestation. En 2013, trois hommes ont été condamnés à mort pour avoir soi-disant tenté de vendre 4,8 kg de cannabis sur un parking d’hôpital dans la province de Kelantan, au nord de la péninsule malaise. Deux d’entre eux avaient initialement été acquittés, alors que le troisième était condamné à douze années d’emprisonnement lors d’un jugement rendu en 2010, renversé en appel par la suite.

En juin 2014, Naim Muhammad Zaki , un travailleur agricole âgé de 27 ans, a été condamné à mort par la Haute Cour d’Alor Setar pour le crime supposé de trafic de drogue pour une quantité atteignant à peine 2 kg. En juillet 2014, un étudiant nigérien âgé de 37 ans, Uchechukwu Nelson Ohaechesi , a été condamné à mort à Kuala Lumpur pour le prétendu trafic de 26,5 kg de cannabis, après que l’avocat de la défense ait échoué à établir un doute raisonnable quant à sa culpabilité. On ne sait pas exactement quand la condamnation sera appliquée.

Culture du cannabis en Malaisie

Bien que la culture de cannabis soit passible de la prison à vie en Malaisie, certains sont assez courageux, désespérés ou fous pour tenter l’aventure – habituellement pour leur consommation personnelle, bien qu’au moins un cas de culture potentiellement commerciale ait été recensé.

En février 2014, les rumeurs rapportent que trois hommes malaisiens, une femme indonésienne et une femme française ont été arrêtés dans l’État oriental de Sabah, dans la partie malaise de Bornéo, pour soupçon de culture de trente-six plants de cannabis et de possession de 0,5 kg de cannabis transformé. On suppose que c’est le premier cas de culture de cannabis en appartement recensé en Malaisie. La femme et un homme ont été accusés de culture, alors qu’un autre homme était accusé de trafic.

En 2007, deux hommes âgés de 22 et 28 ans ont été arrêtés à Sarawak, Bornéo, pour la culture de trois plants de cannabis dans leur cour . En mars 2000, un jeune homme de 18 ans, Mohamed Naziff Ahmad , a été condamné à la prison à vie et à six coups de fouet dans l’État septentrional de Johor pour la culture d’un seul plant de cannabis.

Histoire du cannabis en Malaisie

Au tournant du 20e siècle, un marché de l’opium a commencé à émerger en Malaisie, et l’utilisation du cannabis n’a pas tardé à suivre (© oldandsolo).

L’utilisation du cannabis parmi les populations natives d’Asie du Sud-Est, y compris en Malaisie, a probablement perduré pendant des siècles. Peu de recherches ont été menées sur les pratiques enthéogènes (induisant un état modifié de conscience à des fins religieuses, spirituelles ou chamaniques) des anciens peuples malais, et le peu d’utilisation traditionnelle ayant existé a probablement disparu au fil de la succession de gouvernements de plus en plus restrictifs, coloniaux et modernes. Toutefois, on a pu relever que le cannabis était utilisé traditionnellement pour soulager l’asthme par les populations indigènes de la Malaisie rurale, et l’on sait également que le cannabis a été utilisé par les commerçants arabes en Malaisie dès le 8e siècle av. J.-C.

Il semble que l’utilisation du cannabis à l’ère moderne ait été introduite à la fin du 19e siècle, époque de l’essor du transport maritime international et où l’approvisionnement en produits tels que l’héroïne et le cannabis avait commencé à prendre de plus en plus d’ampleur. On attribue en particulier aux ouvriers des plantations et aux dockers indiens la popularisation de cette coutume, qui ne cessa ensuite de gagner en popularité – bien que la consommation de cannabis n’ait jamais atteint les niveaux problématiques de l’héroïne.

Dans les années 1960 et 1970, les conséquences de la guerre du Vietnam conjuguées à la montée du mouvement Hippie ont engendré un regain d’intérêt pour le cannabis dans la culture malaise, fortement influencée par les nombreux randonneurs et soldats traversant le pays ou y séjournant pour des périodes prolongées. Une petite culture de la consommation de cannabis a fini par s’établir, et bien que les lois antidrogue malaises n’aient cessé de se durcir depuis, cette culture existe encore de toute évidence.

Le commerce actuel de cannabis en Malaisie

Le cannabis est une marchandise de grande valeur en Malaisie, malgré la sévérité de ses lois. Après le retrait américain du Vietnam, la demande de cannabis et d’héroïne a significativement chuté, et les réseaux de trafic de drogue ont été contraints d’élargir leur champ d’opération. La Malaisie est devenue un pays de transit pour le trafic de cannabis, d’héroïne et d’autres drogues illicites, et dans une certaine mesure un pays de destination, mais on ne lui prête aucune activité de production significative de drogues illégales.

Malgré les graves condamnations encourues, l’extrême pauvreté qui règne en Malaisie incite de nombreuses personnes à prendre part au trafic de stupéfiants (© Sebr).

Malgré les efforts concertés pour réduire la pauvreté en Malaisie, près de soixante pour cent de la population vivent au seuil de pauvreté ou en dessous, et sont aux prises avec les pires difficultés pour se procurer des produits de base indispensables tels que les denrées alimentaires. Le trafic de drogue peut être très lucratif en Malaisie, et est habituellement aux mains de groupes criminels organisés, attirant souvent des jeunes désespérés, marqués par la pauvreté, qui cherchent un moyen de sortir du dénuement dans lequel ils se trouvent, quels que soient les risques encourus. L’héroïne, le cannabis et d’autres drogues sont passés en contrebande en Malaisie, presque exclusivement en provenance du Triangle d’or, de la Thaïlande et du Cambodge. Malgré les efforts concertés pour endiguer le trafic de drogue en Malaisie, tout porte à croire que ce commerce ne fait que s’intensifier.

Bien qu’une culture marginale de la consommation de cannabis existe de nos jours en Malaisie, son utilisation est diabolisée dans la société et par les médias, et a été associée à la criminalité, la pauvreté et les populations d’immigrants démunies. En dépit des risques associés à la vente et à la possession de cannabis, la demande est importante dans les lieux fréquentés par les routards étrangers et les jeunes malaisiens issus des régions urbaines, par exemple les hôtels et les campus.

Légalisation du cannabis en Malaisie

Outre sa culture marginale de la consommation de cannabis, la Malaisie a désormais son propre mouvement en faveur de la légalisation, emmené par une organisation baptisée Gerakan Edukasi Ganja Malaysia (GENGGAM), qui s’est fixé pour objectif d’éduquer le public et de favoriser la sensibilisation sur les avantages potentiels du cannabis pour la santé. Le groupe cherche également à promouvoir la recherche gouvernementale, et leur objectif immédiat est l’abolition de la peine de mort pour les délits liés au cannabis. Toutefois, ses membres doivent faire preuve de la plus grande prudence afin d’éviter toute opinion négative à leur sujet.

Lors de la session parlementaire d’octobre 2010, le député de la circonscription de Bayan Baru a demandé au ministre de l‘Intérieur que le gouvernement engage des recherches et reclasse le cannabis en raison de sa dangerosité moindre. Il ne semble pas que sa requête ait été exaucée. Le chef du conseil malaisien sur le SIDA, Zaman Khan, a également exprimé son soutien à la dépénalisation de la possession personnelle.

Achat et utilisation de cannabis en Malaisie

À Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, il est possible de se procurer du cannabis, mais cela n’est généralement pas recommandé en raison du risque élevé d’arrestation (© Stuck in Customs).

Il est fortement conseillé de ne pas tenter d’acheter du cannabis en Malaisie, car le risque d’arrestation est élevé dans la plupart des lieux où l’on peut trouver du cannabis, et la police semble en contact régulier avec les dealers afin d’identifier les acheteurs et de tenter de leur extorquer des pots-de-vin. Si une personne est détenue pour soupçon de tentative d’acheter de petits quantité de cannabis, il est possible que le versement de pots-de-vin puisse stopper toutes poursuites ultérieures, mais il n’est pas conseillé de prendre ce risque. Habituellement, les touristes ne font pas l’objet d’une surveillance policière particulière, mais ils seront appréhendés s’ils se comportent de manière très douteuse.

Certaines zones urbaines sont fréquentées par des dealers, et les quartiers où l’on trouve des bars, des équipements touristiques et des hôtels sont particulièrement sensibles. Si vous avez la chance de vous lier d’amitié avec des résidents de ces quartiers, vous pourrez peut-être trouver un fournisseur de confiance ; cependant, n’abordez personne sans intermédiaire, car les agents de police banalisés sont légion dans ces quartiers. Le prix du cannabis en Malaisie va de 440 à 880 ringgits (102,45 à 204.95 euros) pour une once (28.350g), et la qualité varie, allant du bloc d’herbe de basse qualité à la sinsemilla de qualité supérieure, et occasionnellement du haschich.

On dispose également de témoignages inquiétants de contamination délibérée de « blocs d’herbe » mélangés à d’autres drogues ou produits chimiques illicites, dont apparemment de l’héroïne, de la méthamphétamine et de la kétamine, entre autres. Selon ces témoignages, les touristes ayant acheté du cannabis contaminé ont subi des effets indésirables, notamment des pertes de connaissance.

Malgré certains signes d’assouplissement de l’opinion à l’égard du cannabis et le fait que l’exécution de la peine de mort soit de moins en moins fréquente, les lois restent très strictes et la situation catastrophique. Les voyageurs visitant la Malaisie sont invités à la plus grande prudence, et à éviter toute situation impliquant des drogues illicites à moins d’être absolument certains qu’il n’y a aucun risque d’arrestation ou de violence physique.

Nous travaillons actuellement à la compilation d’informations actualisées sur l’utilisation du cannabis et la législation dans tous les pays du monde. À cette fin, nous acceptons volontiers vos contributions, conseils, opinions et corrections.