Cannabis/ France : Bernard Cazeneuve « fermement hostile » à la dépénalisation mais favorable à un débat public !
Publié le 14/08/2014, par Tristan Quinault Maupoil
Cannabis : Cazeneuve « fermement hostile » à la dépénalisation
LE SCAN POLITIQUE - Le premier flic de France rappelle qu’il est « fermement » contre la dépénalisation du cannabis mais n’est pas hostile à un « débat » sur le sujet.
La France aura-t-elle bientôt l’occasion de débattre sur l’intérêt de dépénaliser le cannabis, aujourd’hui prohibé ? « Je suis favorable au plus large débat », a confié Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, à Mediapart .
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve
Une déclaration qui, contrairement à celle de Vincent Peillon lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, ne cache pas le souhait de voir cette drogue devenir légale. « J’ai ma position : je suis fermement hostile à toute dépénalisation », clame le ministre. Une position qui n’est pas prête de changer : « Je n’ai aucune psychorigidité, j’ai une position dictée par des éléments très objectifs. Aujourd’hui, il y a à peu près un million de Français qui consomment du cannabis, dont environ 500.000 jeunes de façon régulière. Et les effets sont épouvantables : cancérogènes, psychiatriques, catastrophiques. »
La politique répressive ne suffit pas
Relancé par les journalistes du site d’information en ligne, Bernard Cazeneuve dit comprendre que les principes qu’il défend puissent être « un peu ‘old fashioned’. » Mais, ajoute-t-il, « pour ce qui est de mes propres enfants, je leur déconseillerais le cannabis et les protégerais. Donc a fortiori, pour tous les autres. »
Pour le premier flic de France, la politique répressive ne suffit pas à lutter contre la drogue. « Je suis convaincu qu’il faut une politique de prévention très offensive à tous les niveaux de la formation des jeunes. C’est extrêmement important », explique le locataire de la place Beauvau. Celui-ci veut « démanteler les réseaux aux plans national et international. C’est une organisation du crime internationale très puissante qui dépasse largement les frontières. »
Interrogé en janvier dernier alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur, Manuel Valls avait réaffirmé qu’il était « toujours favorable à l’interdiction du cannabis », concédant toutefois avoir déjà tiré quelques ‘taffes’ sur un joint.
P.-S.
Sympathique ministre, très démocrate en tout cas (ce qui tranche de certains de ses prédécesseurs). Reprenons son argumentation anticannabique :
... cancérogènes, psychiatriques, catastrophiques !
Cancérogènes : C’est faux, la science vient même de prouver l’inverse !
Psychiatriques : Le cannabis ne rend pas plus intelligent, c’en est certain. Si l’allusion vise la schizophrénie, c’est faux, la science vient encore de le prouver. Si elle vise le QI en référence à une certaine étude, celle-ci est faussée par un système comparatif ou rentre en compte les classes sociales et le niveau d’instruction. il vous faudra fouiller un peu dans nos archives pour suivre ! Ou consulter l’IACM Bulletin et ses archives.
Catastrophique : Oui, c’est vrai ! C’est même le seule point avec lequel nous seront d’accord avec lui ... heu ! Peut-être pas tout à fait finalement : les effets de la répression sont terribles et de loin, les plus toxiques et délétères du domaine cannabis. Pour ce qui est de fumer la plante et de sa "supposée" toxicité, 13.5 millions de personnes ne s’en plaignent pas ! Nous ne savions même pas que nous étions si nombreux : il a fallu que notre adversité nous compte, pour que nous en prenions connaissance !
Dans ces conditions, avec de tels arguments et avec des détracteurs de l’ordre de Costentin et de Lebigot, extrémistes liberticides et reliquats de l’Inquisition médiévale, lèches quenelles de la DEA et des organismes de la prohibition étasunienne, il n’est pas impossible que ce théorique débat public (nous l’attendons toujours), aboutisse en faveur de la légalisation !
Je pose une question à notre ministre de l’intérieur du moment : "Monsieur le ministre, pouvez-vous nous indiquer quelle serait votre position, et éventuellement celle de votre parti politique, si le cannabis venait à bénéficier d’un référendum qui le réhabiliterait ? L’acceptation ou la guerre ?".
JLB