(Canada - Québec) "La « bonne vieille méthode »" par Le Journal de Montréal

Éric Thibault, publié le Samedi, 12 septembre 2015 à 00:01. MISE à JOUR Samedi, 12 septembre 2015 00 :07

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La « bonne vieille méthode »

Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier Les mariculteurs ont changé leurs techniques pour éviter les cisailles des policiers.

Les policiers de l’opération Cisaille larguent une technologie que les producteurs de pot ont déjouée

En attendant de miser sur des drones, la Sûreté du Québec doit revenir à des méthodes traditionnelles pour lutter contre les producteurs de pot, qui ont déjoué une technologie que les policiers utilisaient depuis plus de 10 ans pour les traquer.

« C’est le retour à la bonne vieille méthode cette année. Et ça fonctionne », a expliqué au Journal le lieutenant Jacques Gagnon, coordonnateur provincial du Programme Cisaille 2.0 de la SQ.

Selon nos informations, la SQ étudie la possibilité d’avoir bientôt recours à des drones munis de caméras miniatures pour survoler les territoires prisés par les producteurs extérieurs de la drogue la plus populaire au monde.

Sans confirmer l’utilisation éventuelle de cette technologie pour mieux débusquer les plantations, le lieutenant Gagnon a mentionné que la SQ « va s’adapter aux façons de faire du crime organisé ».

Travail de terrain

Pour l’instant, la SQ travaille avec des informateurs de police disposés à lui donner des tuyaux et avec les agriculteurs prêts à dénoncer les intrus qui s’installent sur leurs terres.

Elle multiplie aussi les interventions du haut des airs – à bord de ses trois hélicoptères, de ceux des Forces armées canadiennes ou d’appareils loués à des compagnies privées – pour repérer les îlots de verdure suspects.

Satellites impuissants

Depuis 2002, la SQ se servait de la géomatique pour détecter les plantations extérieures. Cette technologie permet de réaliser des cartographies aériennes des secteurs agricoles propices à la culture de cannabis, au moyen de photos prises par satellites.

Mais au fil des ans, le crime organisé a contourné cet outil de détection par une solution toute simple.

« Ça devenait de moins en moins efficace. Les cultivateurs de cannabis cachent mieux leurs plantations et les éparpillent un peu partout. Les îlots de plants sont plus petits, moins visibles, mais plus nombreux qu’avant », a expliqué le lieutenant Gagnon.

La « bonne vieille méthode » conduira notamment à de meilleurs résultats de la SQ dans son district Mauricie-Centre-du-Québec, où l’on produit le plus de cannabis extérieur dans la province, selon le sergent Hugo Fournier.

Ils y ont saisi 47 000 plants depuis le début de 2015, comparativement à 57 000 durant toute l’année précédente.

Le pot en chiffres

700 000 plants saisis au Québec en 2005

274 000 plants saisis en 2014

44 % des Québécois en ont déjà fumé et plus de 10 % en ont consommé dans la dernière année

Sur un total de 246 millions de consommateurs de drogues dans le monde, 181 millions fument de la marijuana, selon le Rapport mondial sur les drogues 2015 de l’ONU

Près de 6000 tonnes saisies dans le monde en 2013