Bienne, fermeture de plusieurs magasins en cours
Il y a trop de magasins de chanvre à Bienne. Le préfet du district, Philippe Garbani, soutenu par le Municipal, s’appuie sur un article de loi entré en vigueur en septembre, pour amorcer une vague de fermetures. Philippe Garbani et Hubert Klopfenstein, directeur de la Prévoyance sociale et de la santé, ont informé la presse, hier, sur les dernières décisions qui ont été prises en la matière. "Un établissement a été fermé définitivement la semaine passée et quatre autres sont en train d’être examinés", a annoncé le préfet en ajoutant : "Nous sommes dans une phase de fermetures".
Depuis le 1er septembre dernier, l’article 11 a, ajouté à l’Ordonnance cantonale relative à la Loi sur les stupéfiants (LStup) suite à la motion Renggli, lui donne de nouveaux moyens d’action. Il précise la compétence du préfet et prévoit notamment la possibilité de fermer les magasins de chanvre. "Pour moi, cette compétence existait déjà", souligne Philippe Garbani en évoquant les fermetures qu’il avait prononcées contre plusieurs magasins en 2002. Sa décision avait été annulée par le tribunal administratif, qui mettait en doute la légitimité de cette mesure. Désormais, avec l’article 11 a, l’affaire est clarifiée. Mais, en raison du flou qui a régné durant ces quelques années, le nombre de magasins de chanvre en ville de Bienne n’a cessé de croître, passant de 25 à 35 aujourd’hui, selon la police. "Avec l’augmentation de l’offre, Bienne est devenue trop attractive pour des clients qui viennent de la région, mais aussi d’autres cantons et de France voisine", déplore le préfet. "La situation est malsaine et ne peut plus être tolérée. Elle demande un signal politique", conclut-il en constatant que la consommation de cannabis chez les jeunes en âge de scolarité est en augmentation.
L’action de la Préfecture est soutenue par le Conseil municipal. Pour sa dernière intervention en tant que directeur de la Prévoyance sociale et de la santé, Hubert Klopfenstein précise : "Il ne faudrait pas conclure que la politique de la ville de Bienne en matière de drogues n’est basée que sur la répression. Nous sommes attachés à la règle des quatre piliers qui comprend également la prévention, la thérapie et la réduction des risques". S’inspirant du modèle de Thoune où huit magasins de chanvre ont été fermés récemment et une campagne de sensibilisation a été lancée, le conseiller municipal souhaite donner un signal politique fort, qui réponde aux craintes exprimées dans les milieux scolaires et par les associations de parents d’élèves. "Il faut renforcer la prévention dans les écoles, mais cela n’a de sens que si des mesures sont prises du côté de la répression, sinon le message est incompréhensible pour les jeunes", explique-t-il.
Pourquoi alors ne pas fermer directement les 35 établissements ? "Pour des raisons de procédure", argumente Philippe Garbani. "Actuellement, six personnes sont engagées pour observer la situation au niveau cantonal et elles ne font pas que ça ! Nous visons d’abord les plus grosses affaires".