" 10 évènements marquants dans l’histoire du cannabis médical" par Seshata (Sensi Seeds)
Publié par Seshata le 14 septembre 2015
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10 évènements marquants dans l’histoire du cannabis médical
L’histoire du cannabis médical est longue et tumultueuse. Elle s’étend presque aux quatre coins de la planète, et couvre une période de plus de 6000 ans. Nous exposons ici ce que nous croyons être les évènements les plus marquants de la longue histoire de la reconnaissance du cannabis en tant que plante médicale puissante, efficace et sécuritaire.
Première référence au cannabis médical dans des écrits chinois
Le premier « fait » est tiré d’une source quelque peu douteuse. Les sites Web de culture du cannabis répètent les uns après les autres que l’empereur Shen Nung aurait été le premier à faire mention du cannabis médical dans son célèbre traité de plantes médicinales, le Pen Ts’ao, écrit, apparemment, vers l’an 2500 av. J.-C.
Le légendaire empereur chinois, Shen Nung, qui aurait popularisé l’usage médical du cannabis.
Où plane donc le doute ? Et bien, non seulement s’avère-t-il que Shen Nung est un personnage légendaire dont personne ne peut certifier l’existence réelle, mais qu’en plus, on ignore la provenance et l’âge exacts de son traité, qui d’ailleurs, a été trouvé tel qu’il est aujourd’hui en l’an 50 apr. J.-C.! Par contre, la majorité des spécialistes s’entendent pour dire que les civilisations de la Chine antique furent effectivement les premières à faire l’usage du cannabis.
Publication de textes ayurvédiques sanscrits
Contrairement aux Chinois, les anciens Indiens dataient de manière assez systématique tous leurs écrits historiques, ce qui permet aux spécialistes d’affirmer avec confiance que la première référence au cannabis date de l’an 1400 av. J.-C., et apparaît dans le Atharvaveda. Ce texte sacré renferme maintes références au bhanga, mot largement en usage (encore aujourd’hui) en Asie et en Afrique de l’Est pour désigner le cannabis.
Toutefois, ce n’est que dans la publication des travaux du médecin Susruta, quelque temps avant l’an 800 apr. J.-C., que l’on retrouve des références tangibles au sujet de l’utilisation médicale du cannabis, en l’occurrence, en tant qu’anti-flegmatique.
Cannabis médical arabe
La médecine arabe médiévale a incontestablement laissé un important legs à la médecine moderne occidentale. Autour de l’an 1100 apr. J.-C., les principaux textes médicaux de l’empire islamique commencent à se faire traduire en latin et en d’autres langues européennes, constituant les fondements de la médecine médiévale et de la renaissance.
Le renommé érudit et médecin perse Ibn-Sīnā (latinisé en « Avicenna ») a sans contredit laissé une importante contribution à la tradition médicale arabe. Son Qanûn (Livre de la loi concernant la médecine) fut considéré durant les décennies qui suivirent sa publication (1025 apr. J.-C.) un ouvrage médical de référence. Il contient de multiples références au cannabis, le décrivant comme remède contre l’inflammation, les infections de l’oreille et les éruptions cutanées.
William B. O’Shaughnessy
Des siècles durant, des douzaines d’érudits européens notoires – des médecins de la Grèce et de la Rome antiques, en passant par les moines médiévaux britanniques et allemands – ont vanté les vertus du cannabis. Cependant, un chirurgien et médecin irlandais du 19e siècle, William B. O’Shaughnessy, s’est démarqué en ce qu’il a su porter le cannabis à l’attention des érudits occidentaux qui préconisaient des principes « modernes ».
William B. O’Shaughnessy, a qui revient l’honneur d’avoir introduit le C. indica dans la médecine européenne moderne.
De 1833 à 1941, O’Shaughnessy travaille à Calcutta pour la Compagnie anglaise des Indes orientales. Durant son séjour, il découvre que les variétés locales de Cannabis indica procurent de nombreux bienfaits médicinaux. Dès son retour en Angleterre, en 1941, il introduit le C. indica dans la pharmacopée européenne moderne, et peu de temps après, travaillant de pair avec le très connu pharmacien Peter Squire, il élabore et met sur le marché la toute première teinture de cannabis à être vendue aux États-Unis.
Découverte/isolement du THC & du CBD
En 1963, un groupe de chercheurs de l’université hébraïque de Jerusalem, mené par le légendaire professeur Raphael Mechoulam, publie un article intitulé « La structure du cannabidiol ». Cet article historique est le premier de toute la tradition médicale moderne à révéler l’existence d’un composé propre au cannabis, et à parvenir à l’isoler et l’identifier.
Un an plus tard, l’équipe de Mechoulam publie un article intitulé cette fois « Isolement, structure et synthèse partielle d’un composant actif du haschisch ». Dans cette étude, les auteurs décrivent la formule chimique et la structure du tetrahydrocannabinol, le principal composé psychoactif du cannabis.
Découverte des propriétés antiépileptiques du CBD
Les propriétés antiépileptiques du cannabidiol sont connues depuis au moins 1977. D’ailleurs, il est probable que déjà à l’époque de O’Shaughnessy, on savait que le cannabis pouvait être utilisé, dans certains cas, pour contrôler les crises. Cependant, ce n’est qu’à la suite d’une étude publiée en 1977 qui comparait les propriétés anticonvulsives du TCH et du CBD, seuls ou en association avec d’autres composés populaires, à des anticonvulsifs courants que l’on identifie le CBD comme étant le composé responsable de ces propriétés.
Cette étude a montré que le CBD, mais non le TCH, était un « anticonvulsif efficace et relativement puissant » chez le rat, et que, lorsqu’administré en association avec d’autres anticonvulsifs, il en augmentait l’action.
Découverte du système endocannabinoïde
En 1990, après que les experts eurent maintenu pendant des décennies l’hypothèse selon laquelle la molécule de THC agissait sur un récepteur protéique du corps précis et inconnu (comme dans le cas de la cocaïne et de l’héroïne qui agissent respectivement sur les récepteurs de la dopamine et ceux des opioïdes), la Dre Lisa Matsuda du National Institute on Mental Health annonce que ses collèges et elle sont parvenus à identifier et à cloner le récepteur en question.
Pour une première historique, la proposition 215 de la Californie a permis aux patients d’avoir accès à du cannabis médical sécuritaire.
Deux ans après la découverte du récepteur cannabinoïde de type I, aussi appelés CB1, on découvre l’anandamide (le premier cannabinoïde endogène, ou endocannabinoïde), puis en 1993, on identifie le récepteur CB2. La science médicale vient de découvrir un tout nouveau système nerveux biologique, qui s’avèrera central dans les activités métaboliques et dans la régulation de la santé.
Mise en application de la proposition 215 en Californie
En 1996, l’État américain de la Californie passe au vote et adopte la proposition 215 (« The Compassionate Use Act » de 1996). Il s’agit de la première mesure législative adoptée au niveau des États à autoriser spécifiquement l’usage médical du cannabis depuis 1937, quand l’adoption de la Marihuana Tax Act en avait interdit l’usage.
L’adoption de la proposition 215 permet aux Californiens (et aujourd’hui, aux résidents de 22 autres États, incluant le district fédéral de Columbia) d’avoir accès à du cannabis médical de qualité, produit légalement et de provenance connue.
GW Pharmaceutical introduisent Sativex sur le marché
Sativex, le médicament sur ordonnance développé par la société de recherche britannique sur les cannabinoïdes GW Pharmaceuticals, est le tout premier extrait de plante entière à avoir été mis au point, approuvé et commercialisé. D’abord autorisé au Royaume-Uni, Sativex est maintenant disponible dans 28 autres pays.
Le médicament Sativex de GW Pharmaceuticals est le tout premier extrait de plante entière à être approuvé pour commercialisation.
Le médicament Sativex de GW Pharmaceuticals est le tout premier extrait de plante entière à être approuvé pour commercialisation.
Bien que cette réussite représente un pas vers la légitimation du cannabis médical, Sativex a soulevé d’importantes controverses. En effet, ses inventeurs jouissent de la seule licence légale leur conférant le droit exclusif de cultiver le cannabis à des fins médicales au Royaume-Uni, tandis que pour le reste de la population, il demeure illégal de cultiver le cannabis. En outre, en raison de son coût exorbitant, la disponibilité de Sativex est restreinte.
Découverte du postulat de « l’effet de l’entourage »
En 2011, le Dr Ethan Russo (ancien conseiller médical principal pour GW Pharmaceuticals) publie un examen approfondi des données de recherche existantes portant sur les interactions entre les différents cannabinoïdes et les terpénoïdes trouvés dans la plante de cannabis. Bien que de nombreuses études s’étaient déjà penchées sur ces interactions, Russo fut le premier à utiliser le terme « effet de l’entourage ».
De ce fait, les recherches se concentrent à présent sur les effets synergiques, et non plus sur les effets individuels, des composés trouvés dans la plante de cannabis. De plus, cette découverte accentue le besoin de mettre en place des mesures législatives permettant l’étude et l’utilisation médicale de toutes les parties de la plante de cannabis, incluant son composé psychoactif, le THC.