"1% des Européens consomme quotidiennement du cannabis" par 7sur 7

Matons un peu ce que les autres francophones (ici belges) racontent sur le récent rapport de l’OFDT, en dehors de tout contexte français nombriliste et égocentriste.


Par la rédaction, le 04 juin 2015 - 15h51 Source : Belga

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1% des Européens consomme quotidiennement du cannabis

© photo news.

Un quart de la population européenne aurait déjà consommé des drogues illicites, soit 80 millions d’adultes, indique jeudi l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel. Le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée en Europe, comme en Belgique. Si la consommation d’héroïne et de cocaïne tend à se stabiliser, ce n’est pas le cas pour les comprimés d’ecstasy (MDMA). L’OEDT note d’ailleurs que la production de cette substance semble être concentrée en Belgique et aux Pays-bas.

Pas moins d’un million de saisies de drogues sont signalées chaque année en Europe, note l’OEDT. Si en 2013, environ deux tiers des confiscations ont eu lieu en Espagne et au Royaume-Uni, "des chiffres considérables ont été communiqués par la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et quatre pays nordiques", souligne l’observatoire.

Marché foisonnant

En Europe, huit saisies sur 10 concernaient le cannabis, suggérant "un usage relativement élevé" de cette drogue. Ont été confisqués en Belgique en 2013, 14.882 kg d’herbe de cannabis (23.900 saisies), 4.275 kg de résine (5.529 saisies), et 396.758 plants (1.212 saisies). Selon l’OEDT, près d’1% des Européens adultes consommeraient quotidiennement du cannabis. Un peu plus de 19 millions déclarent d’ailleurs en avoir consommé au cours de l’année écoulée.

D’après l’observatoire, l’Europe fait face à un marché "foisonnant" de stimulants comme la cocaïne, les amphétamines, les méthamphétamines et l’ecstasy. La cocaïne est la deuxième substance illicite la plus saisie en Europe, mais le nombre de confiscations tend à se stabiliser. Le rapport détaille encore que "la Belgique, les Pays-Bas, le France, l’Italie et l’Espagne totalisent 86% des 62,6 tonnes saisies en 2013" (dont 6.500 kg en Belgique). Toutefois, l’OEDT estime que la consommation de ce stimulant diminue. Selon l’Institut scientifique de santé publique (ISP), 0,5% des Belges entre 15 à 64 en aurait consommé au cours des 12 derniers mois. L’Institut observe par ailleurs que la pureté de cette drogue reste élevée en Belgique par rapport aux autres pays européens.

L’ecstasy a le vent en poupe

L’observatoire note que les saisies d’ecstasy en Europe augmentent, 4,8 millions de comprimés de MDMA ont été confisqués en 2013, dont 37.000 en Belgique. "Après un déclin observé dans la production fin des années 2000, des signes de résurgence sont apparus avec le démantèlement d’unités de production de grande envergure en Belgique et aux Pays-Bas". En outre la quantité moyenne de substance active dans les comprimés d’ecstasy n’aurait cessé d’augmenter pour atteindre un pic en 2013, affirme l’Institut. Il avertit aussi que les quantités de méthamphétamine saisies sont en augmentation, "alors que cette substance était pratiquement introuvable sur le marché belge pendant de nombreuses années".

Quant à l’héroïne, la quantité saisie en 2013 aurait été la plus faible au cours des 10 dernières années (5,6 tonnes, dont 1,182 en Belgique) d’après l’OEDT, qui relève donc "une stagnation générale de la demande pour cette drogue". Tendance qui se confirme en Belgique aussi selon l’ISP. Plus d’un million d’Européens consommeraient des opiacés, et près de la moitié d’entre eux (700.000) suivaient un traitement de substitution en 2013. En Belgique environ 17.500 personnes recevaient des substituts à base de méthadone ou de buprénorphine. L’hépatite C et le VIH restent les maladies infectieuses les plus communes à la consommation de drogues par intraveineuse.

Innovation et concurrence

De manière générale, l’observatoire relève une augmentation inquiétante de la pureté et de la teneur en substance active des drogues, avec les risques que cela suppose pour les utilisateurs. "L’innovation technique et la concurrence sur le marché sont deux des facteurs sans doute à l’origine de cette tendance", d’après l’OEDT.

L’observatoire met aussi en garde contre l’apparition de nouvelles substances psychoactives (NSP), souvent vendues comme des euphorisants légaux. Or, "même une consommation limitée de ces substances peut être préoccupante, en raison de la grave toxicité de certaines NSP", alerte le rapport annuel.

Enfin, quelque 650 sites web vendant des euphorisants légaux aux Européens ont été découverts en 2013, ce qui soulève la question du rôle d’Internet dans l’offre et la commercialisation de drogues. "L’expansion des marchés des drogues en ligne et virtuels pose d’importants problèmes aux services répressifs et aux politiques de règlementation des drogues", nécessitant une adaptation des modèles règlementaires existants, conclut l’observatoire européen.