2002/11/27 - La Liberté

Ce lecteur réagit à une lettre ("La Liberté" du 2.11) au sujet de Vesin et de la culture du chanvre.

Il est vrai qu’il faut poser les vraies questions en ce qui concerne le chanvre. La consommation de chanvre à des buts de détente est devenue très populaire. En premier lieu, il faut distinguer entre les drogues douces et dures (comme héroïne, morphine, "crack"), la consommation abusive des dernières entraînant la dépendance et de graves problèmes de santé. Avec les drogues douces comme le chanvre naturel, de tels problèmes sont inconnus.
Le chanvre, connu depuis des milliers d’années comme plante fournissant des fibres et de l’huile, est en même temps une plante médicinale très appréciée. La consommation de chanvre à des buts de détente est sans doute un phénomène trop complexe pour être traité avec des solutions répressives. Il s’agit plutôt de pratiquer une culture de consommation appropriée comme nous la connaissons et la pratiquons avec la consommation d’alcool.
Nous pensons qu’avec la dépénalisation de la consommation de drogues Berne veut faire face à une réalité sociale qui ne peut être annulée. Il n’est pas utopiste de confier la production du chanvre à un milieu aussi respectable que les paysans suisses. C’est ce qui empêcherait l’établissement d’une mafia et d’un marché noir. La vente contrôlée dans des points de vente, par du personnel compétent et bien informé, compléterait le dispositif.
Il y a plus d’un demi-million de consommateurs de chanvre en Suisse. Les assimiler tous à des malades et des toxicomanes dépasserait de beaucoup les capacités de notre système de santé publique. A notre connaissance, aucun acte de violence n’a jamais été commis sous l’influence seule du chanvre. La plupart des consommateurs mènent une vie de bons citoyens. M. Currat et les citoyens de Vesin, qui s’inquiètent au sujet du chanvre, feraient bien de se poser les questions suivantes : à qui et à quoi servent la médiatisation et la criminalisation de certains producteurs de chanvre ? Le harcèlement par la police des paysans producteurs et des magasins de chanvre ? L’assimilation des consommateurs de chanvre à des malades et toxicomanes ?

André Fürst, Chanvre-Info, Morat